Présidentielle américaine : un débat étonnamment courtois entre les colistiers de Trump et Harris
latribune.fr
Les colistiers de Donald Trump et Kamala Harris se sont affrontés dans la nuit de mardi à mercredi pour ce qui devrait être leur unique débat télévisé avant l'élection présidentielle américaine, le 5 novembre.
Reuters
Présidentielle américaine : un débat étonnamment courtois entre les colistiers de Trump et Harris
Avortement, économie, immigration et crise au Moyen-Orient, tels sont les thèmes qui ont dominé le débat dans la nuit de mardi à mercredi. Celui-ci a été qualifié de relativement courtois, selon de nombreux observateurs. Et ce, alors que la campagne électorale américaine a jusqu'ici été marquée par une rhétorique très violente.
Un débat entre potentiels vice-présidents des Etats-Unis. Les colistiers de Donald Trump et Kamala Harris, le républicain J.D. Vance et le démocrate Tim Walz, se sont en effet affrontés dans la nuit de mardi à mercredi pour ce qui devrait être leur unique débat télévisé avant l'élection présidentielle américaine, le 5 novembre.
Au menu de la discussion : l'avortement, l'économie, l'immigration et la crise au Moyen-Orient, des thèmes qui ont dominé un débat, relativement courtois, selon de nombreux observateurs. Et ce, dans une campagne électorale jusqu'ici marquée par une rhétorique très violente.
Une séquence tendue sur l'immigration
L'une des séquences les plus tendues de cette émission de 90 minutes a été consacrée à l'immigration. Tim Walz, bras droit de Kamala Harris dans la course à la Maison Blanche, a accusé son rival républicain de « déshumaniser » les migrants en relayant la théorie mensongère, selon laquelle des migrants haïtiens mangeraient des chats et des chiens, reprise ensuite par Donald Trump.
Le colistier du milliardaire républicain a quant à lui reproché aux démocrates d'avoir des positions « radicales » sur les interruptions volontaires de grossesse, lui qui est connu pour avoir défendu une interdiction fédérale de l'avortement. « Nous sommes pro-femmes. Nous sommes pour la liberté de faire ses propres choix », a rétorqué Tim Walz, 60 ans.
L'escalade au Proche-Orient abordée
L'escalade entre Israël et l'Iran s'est également invitée dans le débat des deux colistiers, chacun défendant le style de leadership de leur candidat à la Maison Blanche. « Un Donald Trump de près de 80 ans, qui parle de la taille des foules (à ses meetings) n'est pas la personne qu'il nous faut en ce moment », a tancé Tim Walz, saluant la « solidité » du profil de la vice-présidente américaine.
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Le sénateur J.D. Vance, serein tout au long de l'émission, a au contraire loué les qualités du tempétueux septuagénaire, face à qui « les gens rentraient dans le rang ». Face à deux journalistes de CBS, les deux hommes ont aussi longuement débattu du bien-fondé du changement climatique, après le passage de l'ouragan Hélène.
Le quadragénaire républicain, connu pour ses propos climato-sceptiques, a dénoncé la « science bizarre » motivant certaines des positions des démocrates. Il a aussi, une nouvelle fois, refusé de reconnaître que Donald Trump avait perdu l'élection présidentielle de 2020.
Tim Walz, particulièrement nerveux au début du débat, a quant à lui admis s'être trompé sur la date d'un de ses voyages à Hong Kong en 1989 - les républicains l'ayant accusé d'avoir cherché à se mettre en scène durant le mouvement pro-démocratique de Tiananmen, réprimé dans le sang.
Plus que celle de Kamala Harris, c'est bien la personnalité et la politique de Donald Trump qui ont émaillé les échanges entre les deux hommes. « J.D. a tout explosé! », a commenté le principal intéressé à l'issue du débat, moquant au contraire le « faible Q.I » de Tim Walz. Le camp Harris a lui aussi crié victoire, saluant la « passion » du colistier démocrate.
Un débat stratégique dans la campagne ?
Même s'il est généralement admis que les débats entre les candidats à la vice-présidence ont une influence relativement faible sur le scrutin, celui-ci pourrait revêtir une importance particulière : Donald Trump ayant refusé d'affronter à nouveau Kamala Harris, cette joute oratoire pourrait être la dernière de la campagne.
Leur face-à-face pourrait peut-être convaincre les électeurs indécis susceptibles de faire basculer les fameux sept Etats-clés très disputés. Mais l'émission de ce mardi a aussi été l'occasion pour chacun de combler un réel déficit de notoriété.
Tim Walz, gouverneur du Minnesota, était peu connu en dehors de son Etat quand Kamala Harris l'a choisi pour former le « ticket » démocrate. Quant à J.D. Vance, sénateur atypique au discours populiste anti-immigration, il avait très peu d'expérience politique avant que Donald Trump ne lui propose de le seconder.