États-Unis : un juge ordonne l'annulation des licenciements de fonctionnaires
latribune.fr
Un juge fédéral a ordonné au Bureau de direction et du budget (OMB) de retirer les directives adressées à plusieurs agences fédérales, ayant conduit au licenciement de milliers d'employés.
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États-Unis : un juge ordonne l'annulation des licenciements de fonctionnaires
Un juge fédéral a ordonné au gouvernement des États-Unis d'annuler les licenciements massifs décidés dans le cadre du plan de réduction des effectifs de l'État fédéral porté par Donald Trump et Elon Musk, à la tête du DOGE qui pilote cette restructuration des effectifs fédéraux.
Nouveau revers judiciaire pour le président américain Donald Trump, qui fait face à une multiplication de recours contre ses décisions depuis son retour au pouvoir en janvier. Jeudi, un juge fédéral a ordonné au Bureau de direction et du budget (OMB) de retirer les directives adressées à plusieurs agences fédérales, ayant conduit au licenciement de milliers d'employés.
L'OMB« n'a pas le pouvoir (...) d'embaucher et de licencier des employés d'une autre agence »,cette prérogative relevant des agences elles-mêmes, a estimé le juge fédéral William Alsup lors d'une audience à San Francisco, selon leWashington Post.
Les licenciements de fonctionnaires fédéraux en période d'essai, ordonnés par le président, ont été contestés par des syndicats et diverses associations, qui jugent ces directives illégales. Celles-ci ont touché des dizaines de milliers de personnes, car, même après une longue carrière au sein de l'État, un fonctionnaire occupant un nouveau poste depuis un ou deux ans est considéré comme étant en période d'essai.
L'OMB « a perpétré d'un seul coup l'une des fraudes à l'emploi les plus massives de l'histoire de ce pays », avaient dénoncé les associations dans leur plainte, citée par le Washington Post.
Le rouleur compresseur continue sa route
Mais le rouleau compresseur est toujours en marche. Selon un élu démocrate, des centaines de scientifiques et d'experts ont été licenciés de l'Administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA), l'agence fédérale chargée des prévisions météo, de l'analyse du climat et de la conservation des océans.
Une cible de choix pour les idéologues conservateurs à l'origine du « Projet 2025 », un plan de gouvernance auquel semble adhérer la nouvelle administration Trump. Ce document de 900 pages, élaboré par le cercle de réflexion Heritage Foundation, désigne la NOAA comme un des piliers de « l'industrie de l'alarmisme climatique » et appelle à son démantèlement. Il préconise également la privatisation du Service météorologique national, confiant les prévisions météo à des entreprises comme AccuWeather.
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« Des centaines de scientifiques et d'experts de la NOAA viennent de recevoir la nouvelle que tout travailleur fédéral redoute », a dénoncé le député démocrate de Californie Jared Huffman dans un communiqué.« La mission factice de Musk met un frein brutal à des programmes vitaux. Les gens à travers le pays dépendent de la NOAA pour des prévisions gratuites et précises, des alertes météo en cas de danger et des informations d'urgence »,a-t-il ajouté.
« Un acte de sabotage », selon une ONG
« Les licenciements massifs de Trump à la NOAA sont un acte de sabotage contre l'une de nos agences fédérales les plus importantes », a renchéri Miyoko Sakashita, directrice des océans au Center for Biological Diversity. Démanteler l'agence « entravera des programmes essentiels de sauvetage qui prévoient les tempêtes, assurent la sécurité des océans et empêchent l'extinction des baleines et des loutres de mer ».
Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la NOAA a indiqué que l'agence ne commentait pas les questions internes concernant son personnel. « Nous continuons à fournir des informations météorologiques, des prévisions et des alertes, conformément à notre mission de sécurité publique. »