Donald Trump gèle des dépenses fédérales jugées trop « woke »
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Benoit Tessier
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Nouvelles coupes budgétaires à venir dans l'administration américaine. Dans un mémo que l'AFP a pu consulter, la Maison-Blanche a demandé à l'ensemble des ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d'assistance », et d'en faire une revue d'ensemble afin de s'assurer de leur conformité avec « les priorités présidentielles ».
Ce gel concerne potentiellement des centaines de milliards de dollars. Pour mémoire, le Congressional Budget Office (CBO), organe non partisan rattaché au Congrès, a estimé à 6 750 milliards de dollars le budget de l'État fédéral pour l'année 2024.
Il s'agit des dépenses liées au programme d'assistance et aux activités de soutien, pour lesquelles chaque agence doit réaliser « une analyse complète afin d'identifier les projets, programmes et activités qui seraient en contradiction avec les décrets présidentiels ».
Concrètement, sont visés notamment les programmes liés à la transition énergétique, l'aide internationale, ainsi que l'aide prévu pour les zones touchées par des catastrophes naturelles. Le soutien financier à des programmes éducatifs, ou des prêts aux petites entreprises pourraient être aussi concernés. En revanche, cette instruction ne concerne pas les fonds versés aux Américains via le système de retraite ou Medicare, le système d'assurance santé réservé aux seniors.
Publié lundi soir, la volonté affichée par ce mémo est « d'éliminer le poids financier de l'inflation sur les citoyens, mettre fin aux politiques ''woke'' et d'instrumentalisation de l'état ».
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« Le peuple américain a élu Donald Trump et lui a donné mandat pour augmenter l'impact de chaque dollar de dépense fédérale. En 2024, sur un total de près de 10 000 milliards de dollars de dépenses fédérales, 3 000 milliards étaient liés à l'assistance financière, les prêts et les dons », insiste en préambule le directeur par intérim du Bureau du budget et du management (OMB), Matthew Vaeth, auteur du document.
« Cette pause temporaire doit offrir au gouvernement le temps de faire le point sur les programmes des agences et déterminer de la meilleure manière d'utiliser les fonds en accord avec la loi et les priorités du président », est-il indiqué dans le mémo.
Plusieurs responsables démocrates ont vivement dénoncé la démarche. Notamment le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer, qui a publié dans la foulée un communiqué. Dans celui-ci, il rappelle que « le Congrès a voté ces investissements et ils ne sont pas en option, c'est la loi. Ces fonds aident les gens tant dans des états républicains que des états démocrates ».
Peu après, lors d'une conférence de presse, l'élu a jugé cette décision comme « dangereuse, destructrice, et cruelle ». C'est « un coup de poignard dans le cœur de la famille américaine moyenne ». « C'est un braquage, réalisé à l'échelle nationale », a-t-il cinglé.
« Cette action est inédite et pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les gens dans tout le pays », a déclaré de son côté la sénatrice Patricia Murray, citant les secteurs de la petite enfance, de la recherche contre le cancer, du logement, de la lutte contre l'addiction aux opiacés, de la reconstruction de routes ou encore du soutien en cas de catastrophe naturelle.
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« Les Américains devraient se demander si c'est ''woke'' de financer la recherche contre le cancer ou de financer la reconstruction d'un pont délabré », a ajouté la sénatrice de l'État de Washington.
(Avec AFP)
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