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Face à un rouble affaibli, Moscou prolonge la conversion obligatoire des devises

latribune.fr

Publié le 27 avril 2024 à 14:11 - Mis à jour le 27 avril 2024 à 14:32

Vladimir Poutine avait lui appelé à "être prudent" et ne pas se précipiter pour abaisser les taux de la Banque centrale russe.

Vladimir Poutine avait lui appelé à "être prudent" et ne pas se précipiter pour abaisser les taux de la Banque centrale russe.

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En prolongeant, pour ses grands groupes, l'obligation de conversion des échanges commerciaux en roubles, le Kremlin tente de parer à un regain de volatilité qui pourrait, à moyen terme, faire basculer l'économie en récession. La flambée des prix reste en effet l'une des principales préoccupations de la population russe, dont le pouvoir d'achat est plombé par l'effet des nombreuses sanctions occidentales et en raison de l'affaiblissement du rouble par rapport au dollar et à l'euro.

La Russie tente de maintenir sa devise nationale coûte que coûte. Alors que les sanctions occidentales à la suite de la guerre en Ukraine, ont fait dévisser le rouble, Moscou cherche des solutions pour soutenir son faible cours, lequel est responsable d'une forte inflation qui pèse sur le portefeuille des Russes.

Le premier remède est de maintenir un taux directeur élevé. Vendredi, la Banque centrale russe (BCR) a ainsi annoncé maintenir une nouvelle fois son taux à 16% pour tenter de limiter cette hausse des prix, tirée notamment par l'explosion du budget fédéral dédié en grande partie aux dépenses militaires, le président Vladimir Poutine ayant appelé la veille à rester "prudent".

En outre, la hausse des prix a officiellement atteint 7,8% au 22 avril, bien au-delà de la cible des 4% des autorités. "Les pressions inflationnistes actuelles s'atténuent progressivement, mais restent élevées", a dit noter la BCR dans un communiqué.

Coupée des produits occidentaux, les Russes n'en ont pas moins maintenu leurs achats. "En raison de la demande intérieure toujours élevée, qui dépasse (...) l'offre, l'inflation reviendra vers l'objectif un peu plus lentement que ce qu'avait prévu la BCR en février", a-t-elle souligné.

Or, de nombreux entrepreneurs se sont plaints ces dernières semaines du coût important des investissements en conséquence des taux élevés.

Face au patronat russe, Vladimir Poutine avait lui appelé jeudi à "être prudent" et ne pas se précipiter pour abaisser les taux.

43 grands groupes russes sous obligation

Dès lors, le Kremlin a mis en place un second remède pour tenter d'endiguer l'inflation.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022 et l'arrivée des sanctions, la Russie impose à ses entreprises de convertir leurs échanges commerciaux avec d'autres entreprises étrangères en roubles. Et ce, pour maintenir les réserves et l'attractivité de cette monnaie déjà largement déréferencée par de nombreuses institutions internationales, dont le réseau bancaire Swift.

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Cette obligation de conversion en roubles, Moscou a indiqué samedi qu'elle demanderait aux principales entreprises exportatrices de continuer à l'opérer pour une année supplémentaire.

Le gouvernement russe a indiqué samedi qu'il avait validé la prolongation jusqu'à la fin du mois d'avril 2025 des règles imposant à 43 grands groupes russes du secteur des matières premières de convertir au moins 80 % de leurs revenus en devises étrangères en roubles.

"Cette décision contribuera à maintenir la stabilité du taux de change et la résilience du marché financier russe", a affirmé le gouvernement dans un communiqué.

En stimulant la demande de roubles russes à un moment de grande incertitude économique, ces mesures ont permis d'éviter une crise financière majeure.

Moscou a progressivement assoupli ces règles en 2022 et 2023. Mais après un regain de volatilité qui a fait plonger le rouble, le président Vladimir Poutine avait réintroduit les ventes obligatoires de devises en octobre dernier pour une durée de six mois.

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Les perspectives pour l'économie russe sont toutefois meilleures depuis désormais plusieurs mois, ce que le FMI a confirmé mi-avril, l'institution tablant désormais sur une croissance dans le pays de 3,2% en 2024.

(Avec AFP)

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