Face aux menaces de Washington, Pékin se tourne vers l'Europe
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« Les relations entre la Chine et l'UE revêtent une importance stratégique (...) d'autant plus grande » a affirmé un porte-parole chinois.
David Gray
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« Les relations entre la Chine et l'UE revêtent une importance stratégique (...) d'autant plus grande » a affirmé un porte-parole chinois.
David Gray
La Chine se tourne vers l'ouest. Ce mercredi 5 février, Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a tendu la main à l'Union européenne. « Le monde est confronté au risque de division, de fragmentation et de désordre », a-t-il souligné. Les relations entre la Chine et l'UE revêtent une importance stratégique (...) d'autant plus grande. »
Une main tendue vers les Européens, après le retrait de celle des États-Unis.
L'administration de Donald Trump a imposé cette semaine de nouveaux droits de douane de 10 % sur les produits chinois importés. Le locataire de la Maison Blanche justifie ces droits de douane contre la Chine comme une réponse à l'afflux de drogues aux États-Unis. Il accuse Pékin de passivité face à la production sur son sol de précurseurs chimiques du fentanyl, un opioïde de synthèse meurtrier qui fait des ravages outre-Atlantique.
En réponse, la Chine a mis en place des droits de douane sur le charbon et le gaz américain. L'Administration générale des douanes chinoises et le ministère du commerce ont également annoncé des contrôles à l'exportation sur différents matériaux extraits par Pékin. Les mesures chinoises ciblent environ 20 milliards de dollars de biens américains, soit autour de 12 % du total des importations en provenance des États-Unis, selon des calculs de Capital Economics. Pas de quoi inquiéter pour autant le dirigeant américain.
Cette retenue s'explique en partie par la dépendance de l'industrie chinoise aux importations américaines et par ses difficultés économiques internes, analyse pour l'AFP Agatha Kratz, de Rhodium Group. « Ce dont nous avons besoin maintenant, ce n'est pas d'une augmentation unilatérale des droits de douane, mais d'un dialogue et de discussions fondées sur le respect mutuel », a fait valoir Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
En attendant l'amélioration des relations avec Trump, Pékin tend la main à l'Europe. Mais le Vieux continent n'a encore accepté. S'exprimant mardi à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que les Vingt-sept comptaient poursuivre leur politique de limitation des risques dans leurs relations avec Pékin, tout en souhaitant « trouver des solutions » et des « accords » pour étendre les liens de commerce et d'investissement entre les deux parties.
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En octobre dernier, l'UE a décidé de relever les taxes douanières sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Pékin a répliqué en instaurant des mesures antidumping sur certains produits européens comme le cognac. De manière générale, l'Europe doit « prendre des décisions en dehors de toute émotion ou nostalgie pour un monde révolu, mais plutôt en fonction d'un jugement calculé sur ce qui est dans notre propre intérêt », a ajouté la présidente de la Commission mardi.
(Avec Reuters)
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