Grève massive dans les hôtels aux Etats-Unis
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Selon Unite Here, l'industrie hôtelière a « profité » de la pandémie de Covid-19 pour réduire ses effectifs, sans les reconstituer totalement.
© David Mdzinarishvili / Reuter
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Selon Unite Here, l'industrie hôtelière a « profité » de la pandémie de Covid-19 pour réduire ses effectifs, sans les reconstituer totalement.
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Un mouvement social massif dans un secteur clé. Quelque 10.000 employés du secteur hôtelier ont entamé dimanche une grève dans plusieurs villes des Etats-Unis. Objectif : réclamer des revalorisations salariales et des embauches. Boston, San Francisco et Honolulu étaient les villes les plus touchées par ce mouvement social d'ampleur, mais huit villes étaient concernées au total, d'après le syndicat Unite Here, un syndicat national de l'hôtellerie comptant plus de 275.000 membres.
Ce dernier a comptabilisé 10.016 employés en grève, avec 25 établissements établissements touchés, comptant plus de 23 000 chambres, notamment ceux des groupes Hilton, Hyatt et Marriott. Par ailleurs, des employés d'hôtels de quatre autres agglomérations envisagent de se joindre au mouvement.
Les arrêts de travail devraient durer deux à trois jours, a indiqué le syndicat dans un communiqué. Ils interviennent en plein milieu du long week-end férié de la fête du travail aux Etats-Unis, l'un des plus chargés de l'année pour l'industrie du tourisme.
A noter également : cette grève intervient alors que 40.000 employés de l'hôtellerie Unite Here dans 20 villes sont confrontés à l'expiration de leurs contrats cette année. Des négociations pour de nouveaux contrats de quatre ans ont lieu depuis mai.
Selon Unite Here, l'industrie hôtelière a « profité » de la pandémie de Covid-19 pour réduire ses effectifs, sans les reconstituer totalement une fois les restrictions sanitaires levées. Les membres de l'organisation font aussi valoir que leurs salaires ne leur permettent souvent plus d'assurer les dépenses courantes et que « beaucoup doivent prendre un second emploi pour joindre les deux bouts ».
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« Nous sommes en grève parce que l'industrie hôtelière a déraillé », a déclaré Gwen Mills, présidente de Unite Here, dans un communiqué publié dimanche matin. « Les travailleurs ne gagnent pas assez pour subvenir aux besoins de leur famille. Beaucoup ne peuvent plus se permettre de vivre dans les villes où ils accueillent leurs clients, et les charges de travail pénibles brisent leur corps ».
Les membres de Unite Here soulignent par ailleurs que, dans le même temps, le secteur hôtelier s'est totalement remis de la crise sanitaire. En 2023, le prix moyen d'une chambre d'hôtel aux Etats-Unis a atteint 156 dollars la nuit en moyenne, un record absolu, selon le cabinet STR. Le revenu moyen par chambre a, lui aussi, été plus important que jamais, d'après la même source.
« Nous sommes déçus que Unite Here ait choisi la grève alors que Hyatt reste désireux de négocier », a commenté à l'AFP Michael D'Angelo, responsable des relations du travail au sein du groupe hôtelier aux Etats-Unis. « Nous souhaitons continuer à négocier des accords justes et reconnaître la contribution des employés de Hyatt », a-t-il ajouté. Le représentant a indiqué que le groupe avait pris des mesures pour « minimiser l'impact d'une grève sur ses opérations ».
Les représentants syndicaux espèrent capitaliser sur les victoires obtenues l'an dernier. Comme le rapport le Washington Post, durant l'été 2023, « des milliers de travailleurs de l'hôtellerie de Los Angeles et des environs ont participé à des grèves tournantes, obtenant des salaires plus élevés et des garanties de charge de travail plus équitables ».
« Les travailleurs des casinos de Détroit ont obtenu une augmentation de salaire immédiate moyenne de 18% et une réduction de la charge de travail après une grève de 47 jours », se remémore encore le journal américain.
Au Nevada, la puissante section locale du syndicat Unite Here avait même obtenu les plus gros gains depuis près de 90 ans, pour environ 40.000 travailleurs de l'hôtellerie, après une menace de grève. Des victoires sur lesquelles le syndicat espère capitaliser.
Pour rappel, aux Etats-Unis, l'industrie hôtelière a connu une période très difficile durant la pandémie de Covid. D'après les chiffres de Unite Here, le personnel hôtelier par chambre occupée a diminué de 13% entre 2019 et 2022.
De son côté, l'Association américaine des hôteliers (AHLA pour « American Hotel and Lodging Association »), avait indiqué qu'en 2020, les hôtels du pays ont perdu plus de 46 milliards de dollars en revenus de chambres. A noter aussi : entre 2019 à 2020, le secteur a perdu 682.000 employés directs.
« Qu'ils soient syndiqués ou non, les hôtels américains sont confrontés à des coûts de main-d'œuvre plus élevés dus aux répercussions de l'entrée en vigueur d'une législation de salaire minimal et de la hausse des primes d'assurance, de nombreuses compagnies ayant abandonné le marché californien », observe le Los Angeles Times.
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Aux Etats-Unis, le nombre d'emplois a été fortement revu à la baisse, selon les dernières données publiées du département du Commerce. L'économie américaine a ainsi créé moins d'emplois qu'initialement annoncé, avec 818.000 emplois de moins. Cela représente une baisse 30% des estimations, comparé à l'annonce initiale de 2,9 millions d'emplois créés sur un an, en mars dernier.
Cette baisse est particulièrement importante pour les services aux entreprises, qui concentrent près de la moitié de la révision (-358.000 emplois), mais également l'hôtellerie et restauration (-150.000) et l'industrie manufacturière (-115.000).
(Avec AFP et Reuters)
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