TRUMP BLESSE AMERICA (3/5). Le « Liberation Day » promis par Donald Trump est arrivé ce mercredi 2 avril, avec la mise en place de nouvelles barrières douanières spécifiques à chaque pays. Le nouveau président des États-Unis a choisi de réindustrialiser les Etats-Unis en misant tout sur les taxes. Il est au contraire en passe de tuer dans l'œuf la dynamique vertueuse amorcée par son prédécesseur, Joe Biden.
Lors d'un rassemblement à Savannah, en Géorgie, en septembre dernier, Donald Trump a promis à une foule électrisée une « renaissance industrielle » du pays, promettant d'inciter les entreprises du monde entier à produire aux États-Unis à l'aide d'un cocktail de baisses d'impôts et de dérégulations.
Sur l'objectif, au moins, Donald Trump s'accorde avec son prédécesseur. En 2020, Joe Biden avait ainsi pour slogan de campagne « Build Back Better » (reconstruire en mieux). Celui-ci devait notamment convaincre l'électorat ouvrier des « swing states », ces États pivots que Biden a effectivement arraché à Donald Trump, se propulsant ainsi à la Maison-Blanche.
Si l'objectif est le même, les méthodes diffèrent. Joe Biden avait misé, principalement, sur de grands programmes d'investissement, comme l'IRA (la loi sur la réduction de l'inflation) et le Chips Act (un plan d'investissement de 280 milliards de dollars), accordant des crédits d'impôt aux entreprises choisissant d'ouvrir des usines aux États-Unis. Trump, de son côté, souhaite s'appuyer sur son arme favorite.
« Aujourd'hui, dans la logique de Trump, ce n'est pas à l'État, mais au privé d'investir dans la relocalisation de la production de puces. Selon lui, l'incitation majeure ne doit pas passer par des aides, mais par des taxes douanières si les industriels choisissent de s'installer ailleurs qu'aux États-Unis », affirme Stéphane Villard, associé, leader du secteur technologies, média et télécommunications de Deloitte France.