L'inflation continue d'augmenter aux États-Unis
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Nouvelle hausse de l'inflation outre-Atlantique. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,7% sur un an en novembre, contre +2,6% le mois précédent, selon l'indice CPI publié ce mercredi par le département du Travail. Sur un mois, la hausse des prix à la consommation est également plus forte qu'en octobre, à +0,3% contre +0,2%. L'inflation dite sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, accélère également sur un an, à +2,7% en novembre contre +2,6% en octobre. Elle reste en revanche stable sur un mois, à +0,3%.
Ces évolutions sont toutefois conformes aux prévisions des analystes, selon le consensus de Market Watch. Ils s'attendaient en effet à une légère augmentation de l'inflation. Si bien que la Bourse de New York a ouvert en hausse mercredi, rassurée par ces résultats. Dans les premiers échanges aux alentours de 9h30 heure locale (15h30 à Paris), le Dow Jones gagnait 0,20%, l'indice Nasdaq prenait 0,74% et l'indice élargi S&P 500 +0,48%.
Globalement, les marchés financiers mondiaux se sont montrés satisfaits par les chiffres américains. En Europe, Paris gagnait 0,53%, Londres 0,40%, Francfort 0,25% et Milan 0,41%. « Les marchés n'ont pas été déçus par les chiffres de l'inflation publiés aujourd'hui, c'est donc encourageant », a commenté auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA.
Cette augmentation de l'inflation pour le deuxième mois consécutif pourrait donner du fil à retordre aux responsables de la Fed. Ils doivent se retrouver la semaine prochaine, les 17 et 18 décembre, pour la dernière réunion de l'année du Comité monétaire. Et décider s'ils abaissent les taux, pour la troisième fois consécutive, ou s'ils font une pause.
De façon générale, une baisse des taux d'un quart de point est toujours majoritairement attendue par les acteurs du marché, selon l'évaluation de CME Group. Ces chiffres « n'ont pas remis en cause l'opinion du marché », confirme dans une note Patrick O'Hare, de Briefing.com. Mais rien n'est garanti. Le président de la Fed, Jerome Powell, a prévenu la semaine dernière que la banque centrale « pouvait se permettre d'être un peu plus prudente » au sujet des baisses de taux du fait de la vigueur de l'économie.
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Les taux américains se situent actuellement dans une fourchette de 4,50 à 4,75%. Ce, après avoir été abaissés d'un demi-point de pourcentage en septembre, puis d'un quart de point en novembre. Pour rappel, ils avaient progressivement été augmentés à partir de mars 2022 pour tenter de contenir l'inflation alors galopante.
Ces hausses avaient pour effet de renchérir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises et donc de desserrer la pression sur les prix. Ce qui a été le cas. Mais face au risque de faire grimper le taux de chômage, la Fed a alors décidé de commencer à les revoir à la baisse.
Malgré l'apparente sérénité du patron de la Fed, plusieurs autres responsables s'inquiètent de voir la courbe de l'inflation repartir. À l'image de la gouverneure Michelle Bowman, qui estime que les risques liés à l'inflation restent « plus importants » que ceux liés au chômage. La faute à « de possibles perturbations des chaînes d'approvisionnement dues aux grèves et aux tensions géopolitiques plus fréquentes dans le monde ». Elle estime aussi que « les tensions commerciales accrues et les dépenses gouvernementales expansionnistes » exercent une pression sur les prix.
Un avis partagé par Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, dans l'État de l'Ohio. Puisque « le processus de désinflation a ralenti », « le succès (de la stratégie monétaire de la Fed) n'est pas assuré », selon elle. Les craintes ne se cantonnent pas qu'aux membres de la Banque centrale américaine. Les entreprises aussi se montrent inquiètes d'un rebond de l'inflation, notamment dans les régions manufacturières, d'après les résultats d'une enquête publiée la semaine dernière dans le « Livre Beige » de la Fed.
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Une anxiété liée aux hausses des droits de douane promises par Donald Trump. Le président élu a déjà confirmé une augmentation de 25% à l'encontre des biens venant du Mexique et du Canada et de 10% pour ceux issus de Chine. Et d'autres annonces de ce type pourraient être prises puisque, pendant sa campagne, il avait indiqué vouloir les revoir à la hausse pour tous les produits arrivants aux États-Unis. Beaucoup craignent que ces mesures entraînent de nouveau un emballement des prix, qui avaient atteint un pic à +9,1% en juin 2022. Une situation que personne n'aimerait revivre.
(Avec AFP)
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