"Helicopter money" : vers un plan de relance de 2.000 milliards de dollars aux Etats-Unis

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(Crédits : Jonathan Ernst)
Ce plan inédit dans son ampleur représente près de 10% du PIB des Etats-Unis. Il prévoit de verser jusqu'à 1.200 dollars par personne et de venir en aide aux secteurs touchés par l'épidémie de coronavirus.

850 milliards de dollars, puis 1.000 milliards, puis 1.600 milliards... et finalement près de 2.000 milliards de dollars (1.850 milliards d'euros). Ces derniers jours, l'enveloppe n'a cessé d'augmenter pour satisfaire les demandes des uns et des autres. Dans la nuit de mardi à mercredi, après plusieurs jours de négociations parfois tendues, le Sénat américain a finalement trouvé un accord sur un plan de relance de l'économie face à l'épidémie de coronavirus. Un plan massif, inédit dans son ampleur et qui représente près de 10% du PIB des Etats-Unis.

Cette somme dépasse très largement les 787 milliards de dollars mobilisés en février 2009 pour répondre à la crise financière qui avait éclaté à l'automne précédent. Mais le texte répond à une situation totalement inédite, qui a stoppé nette une grande partie de l'activité. Et qui menace de se traduire par une hausse massive du chômage - jusqu'à 20% selon le Trésor américain en l'absence de mesure de soutien. Son objectif n'est pas seulement de stimuler l'économie: il doit également combler les trous du filet de sécurité, en l'absence par exemple de règles sur le chômage partiel.

Lire aussi : 20% de chômage aux Etats-Unis: vraie menace ou manœuvre politicienne ?

1.200 dollars par adulte

Le compromis trouvé au Sénat entre républicains et démocrates, avec l'aval de l'administration Trump, doit encore être accepté par la Chambre des représentants. Plusieurs élus du parti démocrate, majoritaire, ont déjà exprimé leurs réserves, estimant qu'il accorde trop d'argent aux entreprises et pas assez aux salariés. Des élus républicains pourraient aussi s'opposer à certains points du projet de loi. S'y ajoute une complexité logistique: procéder à un vote alors que de nombreux parlementaires ont déjà quitté Washington. La Maison blanche espère que le texte pourra être promulgué d'ici à la fin de la semaine.

Dispositif le plus emblématique du projet de loi: l'envoi de chèque aux familles américaines. Cette mesure, dite d'hélicoptère monétaire ("helicopter money"), a été préférée à la suspension temporaire des charges sociales initialement souhaitée par le président Donald Trump. Elle prévoit de verser jusqu'à 1.200 dollars aux adultes gagnant moins de 99.000 dollars par an. Et 500 dollars supplémentaires par enfant. Son coût est estimé à 250 milliards de dollars. Pour les ménages, le texte prévoit également d'allonger à 4 mois la période d'indemnisation du chômage.

500 milliards pour les entreprises

Autre mesure phare: une enveloppe de 500 milliards de dollars pour aider les secteurs touchés de plein fouet par l'épidémie de coronavirus. Ces sommes seront distribuées sous forme de prêts. 58 milliards seront destinés aux compagnies aériennes et 17 milliards aux entreprises considérées comme importantes pour la sécurité nationale. Le solde devrait être distribué à d'autres secteurs, comme les groupes hôteliers, les croisiéristes voire même les producteurs de pétrole de schiste, durement touchés par le plongeon des cours du baril.

Cette mesure a été au cœur des longues négociations. Les démocrates ont obtenu plusieurs concessions, comme la mise en place d'un inspecteur général et d'une commission parlementaires pour superviser l'utilisation de ces fonds, au lieu que celle-ci ne dépende simplement du Trésor américain. Les entreprises détenues par la famille Trump sont par ailleurs exclues de ce programme. En outre, les sociétés qui accepteront l'argent de l'Etat devront mettre un terme à leurs politiques de rachats de leurs propres actions, une pratique de plus en plus critiquée aux Etats-Unis.

Lire aussi : Ces multinationales qui ont racheté leurs actions...et quémandent l'aide de l'Etat américain

Le plan alloue aussi 367 milliards de dollars à des prêts pour les petites entreprises. Ces prêts n'auront pas à être remboursés si le bénéficiaire ne licencie pas ses salariés pendant la période de crise. Par ailleurs, 130 milliards seront destinés aux hôpitaux et 150 milliards aux collectivités locales. Toutes ces sommes s'ajoutent aux 8,3 milliards déjà débloqués pour financer la lutte contre le coronavirus, et aux 100 milliards votés pour rendre gratuit le dépistage du virus, y compris pour les personnes n'ayant pas d'assurance santé, et pour instaurer des congés payés pour raison familiale ou médicale.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2020 à 10:12 :
"Elle prévoit de verser jusqu'à 1.200 dollars aux adultes gagnant moins de 99.000 dollars par an"

La dette n'existe pas puisque argent public et privé étant le même en oligarchie, de ce fait c'est la méthode la moins hypocrite et la plus intelligente, il est évident qu'en UE nos dragons célestes étant les moins éclairés du monde, c'est pour dire, grincent des dents parce que ça fait ça en moins pour leurs paradis fiscaux.

Ca fait trois ans que leurs soldats critiquent Trump qui pourtant a de biens meilleurs résultats que cette UE à l'agonie.
a écrit le 25/03/2020 à 15:35 :
"helicopter money" ne marche réellement que dans les pays qui produisent la majorité des produits que les consommateurs achètent.

à part l´alimentation et voitures, tout ce que l´on trouve à Walmart ou autre grands magasins is made in China, Mexico...

donc les milliards partiront à l´étranger pour accroitre encore le deficit commercial...
a écrit le 25/03/2020 à 13:56 :
Comme Trump a laissé filer le déficit quand l'économie US était au top pour faire des cadeaux aux actionnaires et aux multinationales et bien maintenant on fait tourner la planche à billets et on distribue le papier. Voilà le bilan de Trump.
a écrit le 25/03/2020 à 13:20 :
Mesure stupide....quand on gagne 99000€ par an, avoir 1200€ de plus servira à mettre de côté ou partir en vacances....il vaudrait mieux alors faire des coupons valables dans les magasins et autres services sinistrés.
a écrit le 25/03/2020 à 11:00 :
Sauf erreur de ma part, même le Zimbabwe n' pas pas osé...

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