Inflation : les turbulences bancaires compliquent l'équation de la Fed
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Jerome Powell, président de la Réserve fédérale.
Reuters
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Relever de 25 voire de 50 points de base les taux directeurs des fonds fédéraux ou opter pour le statu quo? C'est à cette question que vont devoir répondre mercredi les membres du comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed qui se réunissent ce mardi pour deux jours. Il y a deux semaines, lors d'une audition au Congrès, son président, Jerome Powell, avait évoqué un quart et un demi-point parmi les options sur la table, justifié par un marché du travail toujours dynamique, la hausse des dépenses des ménages et, surtout, un niveau d'inflation qui s'affichait à 6% sur un an en février.
Mais depuis cette audition, le secteur bancaire outre Atlantique connaît une série noire qui a fait plonger les marchés financiers de toute la planète. Déclenchée le 10 mars par la faillite spectaculaire de la Silicon Valley Bank (SVB), la seizième banque du pays, suivie de la chute de deux autres établissements aux Etats-Unis, elle s'est propagée à l'Europe, avec la chute du Credit Suisse le 19 mars qui s'est soldée par son rachat par UBS une autre banque helvétique.
« Compte tenu des turbulences de marché, l'issue de la réunion du FOMC est donc plus ouverte que jamais. Il y a une dizaine de jours, on se disait que la Fed aurait à choisir entre une hausse de 25 ou 50 points de base. Après l'audition de Jerome Powell au Sénat le 7 mars, cette dernière option tenait même la corde dans les anticipations de marché. Ce n'est plus du tout le cas après la chute de SVB », constate Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo-BHF.
L'institution monétaire des Etats-Unis se retrouve aujourd'hui sur un chemin de crête bordé d'un côté par son engagement à juguler l'inflation qui pèse sur les ménages et les entreprises et de l'autre côté par l'impératif d'éviter que la crise bancaire, la plus grave depuis 2008, ne s'amplifie.
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Car même si la contagion a été contenue grâce à l'intervention coordonnée des banques centrales qui a évité une crise de liquidités, le doute persiste. « L'injection de liquidités de la semaine dernière (à la fois les échanges coordonnés de la banque centrale et les 300 milliards de dollars empruntés à la Fed par les banques américaines à court de liquidités) pourrait temporairement aider le secteur bancaire. Mais ces liquidités n'iront pas à l'économie réelle. Dans le cas de l'argent emprunté, je ne prévois pas que ces réserves bancaires soient prêtées en grande partie. Je parie que les banques ralentiront au contraire le crédit », avertit William Gerlach, analyste chez iBanFirst.
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