Iran : quelles conséquences auront les nouvelles sanctions américaines ?
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Iran: les sanctions us retablies au bout de 90 a 180 jours
Carlos Barria
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Iran: les sanctions us retablies au bout de 90 a 180 jours
Carlos Barria
Article mise en ligne le 9 mai 2018 à 8h26 | Mise à jour le 9 mai 2018 à 9h15
Il tient ainsi, quinze mois après son arrivée au pouvoir, une promesse de campagne: "démanteler" cet accord emblématique fruit de 21 mois de négociations internationales acharnées pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.
Le Trésor américain a fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours, quelques minutes après l'annonce par le président Donald Trump du retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances en 2015.
Concrètement, "la décision signée mardi par le président rétablit immédiatement les sanctions qui existaient à l'époque de l'accord", a-t-il expliqué à la presse après l'annonce de Donald Trump.
Pour les contrats déjà en cours, et notamment pour les entreprises étrangères, souvent européennes, qui ont investi en Iran, la période de transition, de trois à six mois, "est une manière de donner aux sociétés l'occasion de sortir" du pays, a-t-il ajouté.
Prié de dire s'il s'agissait d'un délai pour poursuivre les négociations diplomatiques sur l'accord de 2015, il a répondu sèchement :
En revanche, a-t-il assuré, Donald Trump "est prêt à envisager des discussions sur une solution beaucoup plus large" s'attaquant "à l'attitude néfaste de l'Iran", "nous avons déjà eu des discussions avec nos alliés et on continuera dès demain matin".
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L'annonce faite par Trump du retrait pur et simple des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions traduit une position dure limitant les marges de manoeuvre des Européens qui devraient poursuivre mercredi leurs concertations pour sauver le compromis de 2015.
L'Allemagne est l'un des principaux partenaires commerciaux de l'Iran. Selon les statistiques du ministère de l'Économie datant de 2016, les exportations allemandes avaient atteint quelque 2,6 milliards d'euros, en hausse de 26% sur un an.
Avant sa prise de fonction, Richard Grenell avait déjà émis des critiques à l'égard du gouvernement allemand. Il avait notamment estimé que Berlin "aurait dû" se joindre aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France lors des frappes contre Damas en avril, après l'emploi supposé d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad.
Pour le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire, il n'est "pas acceptable" que les États-Unis se placent en "gendarme économique de la planète" après la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions visant l'Iran. Le ministre a par ailleurs estimé que le retrait américain de l'accord nucléaire était "une erreur" pour la sécurité internationale, mais aussi du point de vue économique, lors d'un entretien accordé à France Culture.
L'accord sur le nucléaire iranien "n'est pas mort" en dépit de sa dénonciation par les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui a annoncé des contacts prochains des Européens avec la République islamique dans l'espoir de le sauver. Interrogé sur RTL, il a indiqué que le président Emmanuel Macron devait avoir un entretien avec son homologue iranien Hassan Rohani dans l'après-midi et que les chefs de la diplomatie de France, d'Allemagne et du Royaume-Uni rencontreraient lundi des représentants iraniens.
Sur ce dernier point, Jean-Yves Le Drian a indiqué que le gouvernement réunirait "dans les jours qui viennent", les entreprises françaises qui ont signé des contrats avec l'Iran "pour essayer au maximum de les préserver" des sanctions que les Etats-Unis vont rétablir.
Le Parti socialiste a dénoncé mercredi cette "décision unilatérale" de retirer les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, que la France doit désormais tenter de "garantir" avec ses partenaires européens plutôt que de "s'essayer à une diplomatie de la séduction".
Il rappelle que l'accord iranien était "intervenu après de longues et difficiles négociations", qu'"il fixe un cadre robuste, notamment à travers un régime d'inspections internationales", et que "la France avait pris toute sa part dans ces négociations, en particulier à travers l'implication personnelle de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de François Hollande, pour aboutir à l'accord de Genève".
Le président iranien Hassan Rohani, qui s'était beaucoup investi dans cet accord, a immédiatement accusé son homologue américain de pratiquer "une guerre psychologique", alors que la décision fracassante de Washington, dénoncée par tous les autres signataires, fait craindre une nouvelle montée des tensions au Moyen-Orient.
C'est "une grave erreur", a aussi réagi l'ex-président démocrate Barack Obama, sortant de sa réserve avec un ton particulièrement ferme pour défendre le texte conclu sous son administration.
Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May, qui s'étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l'accord, se sont dits "déterminés à assurer la mise en oeuvre" de ce texte en "maintenant les bénéfices économiques" au profit de la population iranienne.
Malgré le retrait américain, Emmanuel Macron, qui s'était rendu à Washington fin avril, a relancé mardi son initiative visant à travailler "collectivement" à un accord "plus large" couvrant "l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient".
Les autres signataires de l'accord avaient défendu jusqu'au bout ce compromis qu'ils jugent "historique", soulignant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En janvier, l'ancien magnat de l'immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu'au 12 mai pour "durcir" sur plusieurs points l'accord qu'il voue aux gémonies.
Moscou a aussi fait part de sa "profonde déception" et de son "extrême inquiétude". Dans la région, la Turquie a dit craindre "de nouveaux conflits" tandis que la Syrie a "condamné avec force" l'annonce du retrait des États-Unis de l'accord, affirmant sa "totale solidarité" avec Téhéran.
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En revanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump sur ce dossier, a soutenu "totalement" cette décision "courageuse", tout comme le royaume sunnite d'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran chiite. L'annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, mais aussi de l'autre côté de planète, en Corée du Nord, à l'approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule.
(avec agences)
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