L’offensive « Rising Lion » lancée par l’armée israélienne cette nuit a touché des sites militaires et nucléaires iraniens. Une attaque d’ampleur qui pourrait avoir de lourdes conséquences dans la région.
Cette nuit, l'armée israélienne a lancé l'offensive « Rising Lion ». 200 avions militaires ont visé « des dizaines de cibles militaires, y compris des cibles nucléaires dans différentes régions de l'Iran », selon Tsahal. Au petit matin en France, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé que l'important site d'enrichissement d'uranium de Natanz, avait été visé à plusieurs reprises sans qu'« aucune augmentation des niveaux de radiation n'a été observée ».
Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé vendredi que l'attaque d'Israël sur son sol constituait « une déclaration de guerre » et appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à réagir. Dans une lettre adressée aux Nations unies, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a « appelé le Conseil de sécurité à traiter immédiatement le sujet », précise un communiqué du ministère iranien.
📍 Pourquoi Israël a-t-il frappé l'Iran ?
Selon l'armée israélienne, l'Iran disposait de suffisamment de matériel pour fabriquer 15 bombes nucléaires en l'espace de quelques jours. Une menace qui aurait poussé Tsahal à détruire les capacités nucléaires du pays.
Dans cette optique Israël aurait tué au moins six experts scientifiques nucléaires iraniens rapporte un média local. « Nous avons frappé [au] cœur du programme d'enrichissement [d'uranium] de l'Iran. Nous avons frappé le cœur du programme nucléaire militaire de l'Iran. Nous avons ciblé la principale installation d'enrichissement de l'Iran à Natanz », a annoncé Benyamin Netanyahou.
Mais cette attaque intervient aussi dans un contexte particulier. Un nouveau round de discussions était prévu dimanche à Mascate (Oman) pour parvenir à un accord entre Washington et Téhéran au sujet de l'enrichissement d'uranium par l'Iran.
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📍 Quelle a été la riposte militaire de l'Iran ?
Peu après l'attaque, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a menacé Israël d'un sort « amer et douloureux », et les Gardiens de la révolution ont juré de venger la mort de leur chef, le général Hossein Salami. Et la réponse ne s'est pas fait attendre. Vers 7 h 20, heure française, une centaine de drones ont été lancés dans les airs, au-dessus de l'Irak, partis d'Iran en direction d'Israël. Tsahal a annoncé tenter d'intercepter ces engins. Vers 11 heures, L'armée israélienne a dit avoir détruit des missiles balistiques tirés en direction de l'État hébreu, sans plus de précisions.
📍 Quelles conséquences économiques immédiates ?
La première conséquence économique se manifeste sur le marché pétrolier. Les cours de l'or noir s'envolent, le marché redoutant les perturbations sur les approvisionnements dans la région qui pourraient découler de l'escalade.
Vers 10 h 30 à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, gagnait ainsi 6,40 % à 73,80 dollars, après avoir bondi de plus de 13 % à 78,50 dollars, son plus haut niveau depuis le mois de janvier. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, montait de 6,53 % à 72,48 dollars, après une cavalcade le portant jusqu'à 77,62 dollars, également au plus haut depuis janvier.
📍 Et au niveau géopolitique ?
« La vaste agression » lancée par Israël constitue « une escalade dangereuse qui menace de faire exploser la région, et reflète l'insistance du gouvernement extrémiste de Netanyahou à entraîner la région dans des confrontations ouvertes », a déclaré le Hamas. Après ce ravivement des tensions, l'Iran, ainsi que la Jordanie ont fermé leur espace aérien.
Plus concrètement, cette attaque a envenimé les relations entre Israël et l'Iran, mais aussi entre Washington et Téhéran. Si Marco Rubio, le secrétaire d'État américain a précisé que les États-Unis n'étaient pas impliqués dans l'attaque, l'Iran les pointe tout de même du doigt.
« Les actions agressives du régime sioniste contre l'Iran n'auraient pas pu être menées sans la coordination et la permission des États-Unis », a déclaré, de son côté, le ministère des Affaires étrangères iranien. Il les tient ainsi « responsables des répercussions dangereuses et des conséquences de l'aventurisme du régime sioniste ».
Et pour cause, Donald Trump a déclaré sur Fox News ce vendredi matin avoir été prévenu des frappes. Dans ce contexte, les négociations visant à encadrer le programme nucléaire iranien en échange d'une levée des lourdes sanctions imposées au pays semblent mises à mal.
📍 Que font les grandes puissances ?
Les grandes puissances militaires semblent cependant encore en mesure d'apaiser les choses. Dans cette optique, la Maison-Blanche a annoncé que Donald Trump réunira, ce vendredi, son conseil de sécurité nationale.
De son côté, Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a appelé tôt ce matin à un « retour à la diplomatie » et à une « réduction des tensions ».« La stabilité au Moyen-Orient doit être la priorité. C'est le moment de faire preuve de retenue, de calme et de revenir à la diplomatie », a ajouté le dirigeant travailliste. Une réunion « sera dédiée à la situation au Proche-Orient », a annoncé l'Élysée vers 11 heures. Emmanuel Macron doit ensuite s'exprimer à 17 heures, en clôture d'un forum à Paris sur la question palestinienne.
Interrogé par La Tribune lors de l'événement Paris Air Forum, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Affaires étrangères sous le premier mandat d'Emmanuel Macron a réagi en fin de matinée : « Mon sentiment est que Benyamin Nétanyahou a voulu doubler tout le monde. (...) En cas d'attaque d'Israël, il faut évidemment défendre le territoire israélien d'autant plus quand on défend, comme moi, une solution à deux États. »
A contrario, le Pakistan, puissance nucléaire qui ne reconnaît pas officiellement l'État Israël, a « fermement condamné » ce vendredi les bombardements israéliens en Iran. Dénonçant des actes « injustifiés » commis en « violation du droit international », le ministre des affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar, se dit, sur le réseau social X, « solidaire du gouvernement et du peuple iranien ».
Quant à la Russie, elle se dit, « préoccupée, et condamne la forte escalade des tensions », selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes. Le président, Vladimir Poutine, est tenu « informé en temps réel » des événements, a-t-il ajouté.