Les négociations piétinent entre Washington et Téhéran pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien. Craignant des frappes israéliennes, les chancelleries du Golfe font pression sur les deux pays pour parvenir à un compromis rapidement.Le temps presse pour les négociateurs américains et iraniens atour d'un compromis sur le nucléaire. Une semaine après les propos optimistes tenus par Donald Trump à Morristown, dans le New Jersey, de lourds nuages pèsent sur les pourparlers entre Washington et Téhéran, en état de guerre larvée depuis 45 ans et la prise d'otages de l'ambassade américaine dans la capitale iranienne.
Ces échanges engagés entre l'émissaire américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi achoppent sur un point clé : Washington refuse de laisser à Téhéran le droit d'enrichir de l'uranium sur son territoire tandis que le régime chiite revendique le droit de développer un programme civil, bien que ses centrifugeuses aient dépassé un taux d'enrichissement de 60 %, justifié exclusivement par des applications militaires.
Alors que le président américain évoquait de « très bonnes » discussions et laissait miroiter une résolution imminente de la question nucléaire, plusieurs révélations dans les médias américains ont jeté une lumière crue sur les coulisses de ces échanges ultraconfidentiels, hébergés par le sultanat d'Oman. Mercredi dernier, le journaliste d'Axios Barak Ravid mentionnait un échange téléphonique tendu pendant lequel Donald Trump aurait sérieusement tenté de dissuader Benyamin Netanyahou de frapper les installations nucléaires iraniennes.
Le lendemain, Axios ajoutait que les dirigeants d'Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis avaient tous plaidé auprès de Donald Trump en faveur d'une approche conciliante avec Téhéran. Lors de la tournée éclair de celui-ci dans la région, entre le 13 et le 16 mai, le président aurait renoncé à rebaptiser le golfe Persique en « golfe Arabique », pour ne pas envenimer un dialogue fragile avec Téhéran.
Maurin Picard, correspondant à New York