J.D. Vance, l’atout politique de Donald Trump pour gagner la présidentielle américaine

Donald Trump et J.D. Vance à la convention républicaine à Milwaukee.
Reuters

Donald Trump et J.D. Vance à la convention républicaine à Milwaukee.
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« J'ai réfléchi à ce choix depuis des mois, mais au fond j'ai toujours su que j'avais besoin de J.D. Vance à mes côtés pour rendre à l'Amérique sa grandeur ! ». Il n'a pas fallu attendre longtemps avant de voir afficher cette phrase sur le site de campagne de Donald Trump. L'ancien président des Etats-Unis a enfin annoncé le nom de son colistier : James David Vance, un sénateur de l'Ohio âgé de 39 ans. Un choix qui traînait depuis quelques temps, mais quoi de mieux qu'attendre la convention républicaine à Milwaukee (Tennesse) lundi, électrisée par la tentative d'assassinat de Trump le 13 juillet, pour l'annoncer.
Élu récemment en 2022, cet ancien militaire et auteur à succès est un ardent défenseur de l'ex-président américain. « Il est devenu l'un des fervents adeptes de l'idéologie MAGA (pour Make america great again, ndlr) et du trumpisme en général », commente Alexis Pichard, chercheur à l'université Paris Nanterre. Les deux hommes se positionnent contre l'immigration et en faveur de politiques économiques protectionnistes. « Un clone de Trump, je ne vois pas de différence », a déclaré de son côté Joe Biden, lundi, à des journalistes.
Pourtant au début, J.D. Vance était loin d'adhérer à la mouvance trumpiste en 2016, bien au contraire. Il s'était même inquiété que Trump ne devienne « l'Hitler de l'Amérique ». Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et le protégé du candidat républicain a même accusé la rhétorique de Joe Biden, utilisée depuis le début de la campagne, d'être responsable en partie de la récente tentative d'assassinat de l'ancien président.
L'élu de l'Ohio, également anti-avortement, pro-armes ou encore opposé aux aides sociales, a même vu sa candidature portée par des « membres influents de la fachosphère », précise Alexis Pichard, à l'instar de l'idéologue, Steve Bannon, le patron de Tesla, Elon Musk, ou encore la star de télévision, Tucker Carlson.
Nommer J.D. Vance offre ainsi plusieurs avantages à Donald Trump. Le premier est électoral. En effet, l'Ohio, l'Etat dans lequel est élu le jeune sénateur, fait partie des swing states, ces Etats clés qui peuvent changer de camp d'un scrutin à l'autre, avec un vote ouvrier important. L'élu républicain représente à sa manière une Amérique déclassée et laissée pour compte. Lui-même est issu d'un milieu très modeste, et a grandi dans une région marquée par la désindustrialisation et le chômage avant de rejoindre l'armée, puis de décrocher une bourse d'études dans une grande université (Yale), et d'entamer une carrière dans la Silicon Valley.
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Un parcours qu'il retrace dans un livre à succès, « Hillbilly Elégie », publié en 2016 et adapté au cinéma. « Il est l'incarnation du Redneck (qui signifie « nuque rouge », surnom donné aux gens de la campagne originaires du sud et de l'ouest des Etats-Unis, ndlr) de par son parcours personnel : un enfant pauvre, avec un père alcoolique et une mère victime de la crise des opioïdes, qui réussit à se sortir de la pauvreté et rentre à Yale avec une bourse », commente Romuald Sciora, directeur de l'observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis de l'Iris. « Un Redneck intellectuel, vous n'avez pas mieux pour Trump aujourd'hui », complète-t-il.
Au-delà de l'avantage électoral, Trump a surtout choisi son successeur pour rester dans l'histoire. « Trump aura 80 ans dans à peine deux ans, Vance a toutes les chances d'être le prochain candidat en 2028 qui lui succèdera », pointe notamment Romuald Sciora.
Pourtant, la concurrence a été rude pour parvenir à cette nomination. Plusieurs noms de potentiels colistiers circulaient déjà depuis un moment, comme celui de l'homme d'affaires Doug Burgum, gouverneur du Dakota, Tim Scott, le sénateur de Caroline du Sud ou encore Marco Rubio, le sénateur de Floride. Des personnalités ancrées depuis de longues années dans le parti Républicain.
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Mais quoi de mieux que l'un des grands défenseurs de Trump, qui lui a prêté allégeance et est même convaincu que l'élection de 2020 était illégale, pour lui succéder. Romuald Sciora prévient : « La vague conservatrice va se poursuivre avec des personnes plus dangereuses que Trump, et Vance incarne la radicalisation du parti républicain. » D'autant que, selon lui, Trump « est certain d'être élu ».