Japon : l'inflation pourrait faire chuter le Premier ministre Ishiba
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Ce dimanche, le Premier ministre Shigeru Ishiba risque de perdre sa majorité au Sénat, après un revers déjà cuisant à la chambre basse à l'automne.
Kim Kyung-Hoon
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Ce dimanche, le Premier ministre Shigeru Ishiba risque de perdre sa majorité au Sénat, après un revers déjà cuisant à la chambre basse à l'automne.
Kim Kyung-Hoon
Le Japon pourrait vivre un séisme politique inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce dimanche, le Premier ministre Shigeru Ishiba risque de perdre sa majorité au Sénat, après un revers déjà cuisant à la chambre basse à l'automne. Si la coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié centriste Komeito n'obtient pas au moins 50 des 125 sièges renouvelés, « Shigeru Ishiba pourrait être forcé de démissionner », résume Toru Yoshida, professeur à l'université Doshisha, interrogé par l'AFP.
Shigeru Ishiba, 68 ans, est arrivé au pouvoir en septembre dernier à la tête d'un PLD historiquement dominant, mais affaibli par des tensions internes et la crise du pouvoir d'achat. Autoproclamé « geek » des questions militaires, il a convoqué des élections anticipées dès son arrivée, mais son pari a tourné court. Le PLD et Komeito sont désormais minoritaires à la chambre basse et peinent à faire voter leurs textes.
L'inflation, particulièrement sensible dans l'alimentation, a aggravé leur impopularité. Les prix du riz ont doublé en un an, et l'indice hors produits frais reste à +3,3 % en juin. Pour enrayer la crise, le gouvernement a prolongé des aides à l'énergie, distribué des chèques de 20.000 yens et débloqué des réserves de riz, sans effet notable. « La situation s'assombrit, et l'opinion réclame des résultats », commente Masahisa Endo, politologue à l'université Waseda.
La colère s'étend aussi au secteur industriel. Les surtaxes imposées par Donald Trump ont fait chuter de 25 % les exportations automobiles vers les États-Unis, menaçant un pan entier de l'économie nippone. Shigeru Ishiba a choisi une posture ferme en exigeant l'élimination totale des droits de douane. Mais la stratégie divise, alors que les négociations piétinent malgré sept déplacements du négociateur japonais à Washington.
« La capacité du gouvernement à gérer les négociations commerciales est un enjeu critique », avertit Masahisa Endo. Les marchés s'inquiètent en outre des dérives budgétaires. Les émissions obligataires de l'État japonais peinent à trouver preneur, ce qui alimente une tension sur les taux.
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Cette instabilité ouvre un boulevard aux petits partis. Le Sanseito, formation ultra-conservatrice au slogan « Le Japon d'abord », pourrait passer de deux à plus de dix sièges. Nationaliste et farouchement anti-immigration, le parti nie tout lien avec Moscou mais cible les politiques de genre, de vaccination et de transition énergétique.
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Un vote massif contre la coalition ce dimanche soir pourrait donc précipiter la chute d'Ishiba et faire entrer le Japon en « terrain inconnu », selon les mots du professeur Yoshida. Un scénario aux lourdes conséquences dans un archipel plus vulnérable que jamais aux turbulences internationales.
(Avec AFP)
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