Dans son discours de concession, prononcé dans la capitale, la candidate démocrate a admis sa défaite et rappelé l’importance d’assurer la passation pacifique du pouvoir. Elle a également incité ses supporters à ne pas désespérer et à continuer à défendre leurs idées, dans la rue comme dans les urnes.La foule est venue en nombre pour assister au discours de concession de sa candidate, avec lequel s'achèvera officiellement la campagne présidentielle de Kamala Harris. Une campagne démarrée dans l'urgence un peu plus de trois mois plus tôt, après le désistement de Joe Biden au mois de juillet suite à son débat catastrophique face à Donald Trump.
Une campagne marquée par des réussites (notamment sa bonne performance lors de son seul débat contre Donald Trump), quelques occasions manquées (son refus de passer chez le célèbre podcasteur Joe Rogan, à qui Donald Trump et JD Vance ont chacun accordé une interview de trois heures), quelques gaffes (dont une interview chaotique à Fox News) et un résultat final très décevant pour le camp démocrate.
C'est sur le campus de l'université Howard, où Kamala Harris a étudié, où elle a suivi la soirée électorale la veille et où ses fans espéraient plutôt entendre son discours de victoire, que la candidate a choisi de concéder publiquement sa défaite. Jadis surnommée la « Harvard noire », cette université était jusqu'à la fin de la ségrégation réservée aux bons élèves Afro-américains. La candidate démocrate avait installé son estrade devant un lieu hautement symbolique : le bâtiment nommé en l'honneur de Frederick Douglas, un célèbre militant abolitionniste américain.
Kamala Harris promet d'assurer la transition pacifique du pouvoir
Si la vice-présidente accuse un peu de retard sur l'horaire prévu, aucun signe d'impatience chez ses fans, qui brandissent des pancartes Harris — Walz, agitent des drapeaux américains, et arborent des t-shirts « Dump him » (« Dégagez le »). « Cassie ne viendra pas, elle est déprimée. Du reste, moi aussi », lâche une étudiante afro-américaine à son groupe d'amis. « Ce n'était pas la candidate parfaite, mais elle était tout de même beaucoup mieux que Donald Trump... », affirme une autre. Si quelques personnes sont en larmes et que l'ambiance générale n'est pas à la fête, la plupart des participants s'efforcent de faire bonne figure pour acclamer une dernière fois leur candidate. Les plaisanteries fusent. Le soleil déclinant baigne les arbres du campus de splendides couleurs automnales.
Guillaume Renouard, à Washington.