L'aide française à l'Ukraine n'atteindra pas le niveau attendu en 2024
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Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu.
© LTD / LAURENCE GEAI POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu.
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« Il était arrêté politiquement au début de l'année 2024 » que l'aide militaire française à l'Ukraine « pouvait aller jusqu'à trois milliards d'euros ». Finalement, « nous serons au-dessus de deux milliards d'euros, mais pas à trois milliards d'euros », a annoncé ce lundi le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, devant les députés de la commission de la Défense.
La France avait garanti son soutien à l'Ukraine dans un accord bilatéral de sécurité conclu le 16 février entre Paris et Kiev. L'aide militaire française a atteint 1,7 milliard d'euros en 2022 et 2,1 milliards en 2023, selon Paris.
Quelque 300 millions d'euros d'aide en 2024 proviennent de l'utilisation des intérêts d'avoirs russes gelés après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Ils « permettent de financer des munitions - plutôt des obus de 155 mm -, des canons Caesar, du carburant », a détaillé le ministre.
Le don de matériels anciens des armées françaises amenés à être remplacés par des équipements neufs, comme les véhicules de l'avant-blindé (VAB) ou des chars AMX-10RC représentent un coût de 533 millions en 2024, contre 177 millions l'an passé. Ces dons de matériels anciens à l'Ukraine représenteront l'an prochain « pratiquement 700 millions d'euros », a précisé Sébastien Lecornu.
Le financement de l'aide à l'Ukraine provient également de « gains d'inflation », évalués cette année entre 400 et 600 millions d'euros cette année, selon lui. Ces « gains » proviennent du ralentissement de l'inflation par rapport aux hypothèses d'inflation plus élevées retenues lors de l'élaboration de la loi de programmation militaire. Sur les 413 milliards d'euros prévus entre 2024 et 2030, environ 30 milliards devaient couvrir les effets de l'inflation.
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Le financement de l'aide à l'Ukraine provient également du fonds de soutien d'un total de 400 millions d'euros permettant à Kiev d'acquérir des équipements directement auprès d'industriels français ou encore de la Facilité européenne pour la paix (FEP).
La France contribue à hauteur de 1,2 milliard d'euros à cet instrument de l'UE destiné à gérer ses interventions dans les conflits, notamment la fourniture d'armes, mais « nous en sommes bénéficiaires puisque 143 millions d'euros ont été perçus par le ministère en 2024 » au profit de l'Ukraine, selon lui.
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Ce chiffrage est annoncé trois jours après que Volodymyr Zelensky a dit viser une fin de la guerre en 2025. Le président ukrainien a bouclé vendredi une tournée européenne à Berlin, où il a obtenu la promesse que l'aide allemande ne faiblirait pas, au moment où Kiev peine sur le front est face aux troupes russes.
Cette tournée européenne avait pour objectif de présenter son « plan de victoire » pour contraindre la Russie à mettre fin à la guerre lancée en février 2022 par le Kremlin, et réclamer davantage d'armes pour repousser les troupes russes du territoire ukrainien.
Le chancelier, dont le gouvernement a prévu, au grand dam de Kiev, de réduire de moitié en 2025, à 4 milliards d'euros, la somme allouée aux aides militaires bilatérales destinées à l'Ukraine, s'est voulu rassurant. « Notre soutien pour l'Ukraine ne faiblira pas », a-t-il dit. L'engagement allemand et européen en faveur de l'Ukraine est aussi un message « clair à Poutine : jouer la montre ne fonctionnera pas ».
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La recherche « d'une paix juste et durable pour l'Ukraine reste la ligne directrice de notre action commune », a encore souligné le chancelier, prévenant toutefois que les alliés n'accepteraient « pas une paix dictée par la Russie ». Volodymyr Zelensky a bouclé sa tournée par une dernière rencontre avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier.
(Avec AFP)
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