Ukraine : le délicat désenclavement économique par le fret
Julien Gouesmat
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L'Ukraine avec ses 23 000 kilomètres de rails est le troisième réseau ferroviaire européen.
© Stringer China / Reuters
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L'Ukraine avec ses 23 000 kilomètres de rails est le troisième réseau ferroviaire européen.
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Après presque trois années de guerre en Ukraine et une candidature du pays à l'UE, l'économie du grenier à blé de l'Europe reste enclavée et les experts en logistique se creusent la tête pour commercer avec le territoire en guerre. « Avant, la mer Noire était le principal corridor d'exportation, mais depuis qu'elle n'est plus suffisamment sûre, les entreprises se tournent vers le ferroviaire », raconte la directrice générale de Forwardis, commissionnaire de transport, Aleksandra Röhricht.
Les acteurs des céréales, des produits chimiques, de l'acier et même de l'armement se tournent vers le rail. Ils se confrontent toutefois à une problématique bicentenaire : l'écartement des rails ukrainiens diffère du reste de l'Europe.
Selon la légende, le tsar Nicolas Ier avait ordonné en 1842 un écartement des rails de l'Empire Russe légèrement plus grand que dans le reste de l'Europe, de crainte que son réseau ferroviaire ne serve aux Occidentaux pour envahir son territoire. Près de 200 ans plus tard, c'est l'ensemble des pays de l'ex-bloc soviétique qui ont hérité de ce modèle à écartement de 1.520 millimètres, contre 1.435 mm pour la majorité des pays européens.
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L'Ukraine et ses 23.000 kilomètres de rails - troisième réseau européen - n'échappe pas à la règle. A ses frontières avec des pays européens, « la géographie de ce contact entre deux écartements de rails porte en elle l'histoire des basculements géopolitiques », explique Antoine Beyer, chercheur en géographie, spécialisé dans la logistique.
Julien Gouesmat