C'est le « plus grand accord jamais conclu », s'est félicité Donald Trump. L'Union européenne et les États-Unis ont signé dimanche soir en Écosse l'accord transatlantique sur les droits de douane. Les importations européennes aux États-Unis seront désormais taxées à 15 %. Si ce taux reste inférieur à la menace des 30 % qui planait au-dessus des Européens, il est largement au-dessus des moins de 5 % pratiqués ces dernières années. Une victoire de façade pour les États-Unis face à une Union européenne qui paraît affaiblie.
Japon, Vietnam, Royaume-Uni... Avec ses deals, le président américain fait plier ses partenaires commerciaux un à un, tous voulant éviter une guerre commerciale. Donald Trump apparaît en position de force. Mais dans les faits, les États-Unis sont-ils réellement les grands gagnants ? Si le milliardaire républicain souhaite faire payer ses partenaires commerciaux qui, selon lui, ont « pillé » et « spolié » son pays, à la fin ce sont surtout les Américains qui vont devoir sortir leur portefeuille.
Les droits de douane effectifs moyens ont atteint 18,2 %, le taux le plus fort depuis... 1934, d'après le « Budget Lab » de l'université Yale. Les exportateurs étrangers peuvent prendre sur leur marge la hausse des tarifs douaniers pour conserver leur compétitivité, mais les taxes vont en premier lieu être assumées par les importateurs américains. « Mécaniquement, la taxe à l'importation doit être payée par l'importateur, mais il est fort probable que ce coût soit réparti tout le long de la chaîne de valeur, jusqu'au consommateur... », explique Ruben Nizard, économiste en charge de l'Amérique du Nord chez Coface