L'OMC prévoit un essoufflement du commerce mondial

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Malgré les projections de l'OMC, le produit intérieur brut mondial devrait demeurer stable à 3% en 2018 et en 2019, selon les dernières prévisions de l'Organisation des Nations unies.
Malgré les projections de l'OMC, le produit intérieur brut mondial devrait demeurer stable à 3% en 2018 et en 2019, selon les dernières prévisions de l'Organisation des Nations unies. (Crédits : BLOOMBERG NEWS)
Les dernières perspectives de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) indiquent que de nombreuses incertitudes pourraient peser sur les échanges de biens et services à l'échelle du globe.

Le rythme des échanges pourrait ralentir. Selon les dernières projections de l'Organisation mondiale du commerce publiées le 17 mai, la croissance solide du commerce devrait se maintenir au cours du second trimestre 2018 mais à un rythme probablement plus lent. Même si les récentes décisions de Donald Trump relatives à la hausse des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium ne concernent qu'une faible part des échanges internationaux, la montée des tensions commerciales n'encouragent pas les spécialistes à envisager des perspectives mondiales clairement favorables.

Lire aussi : Le protectionnisme américain inquiète la BCE

Baisse des commandes à l'exportation

L'indice WTOI, qui permet de mesurer les échanges, pourrait s'élever à 101,8 contre 102,3 au trimestre précédent. Cette évolution traduit un léger ralentissement mais le chiffre actuel demeure supérieur à la valeur de référence de l'indicateur, qui est de 100. Les économistes de l'institution internationale basée à Genève expliquent que cet essoufflement repose principalement sur une baisse des commandes à l'exportation et du fret aérien, ce qui peut être lié à l'incertitude économique croissante due à la montée des tensions commerciales. Les différents indicateurs mis en avant par l'organisme mondial indiquent également une baisse des échanges de matières premières agricoles au cours du premier trimestre et une stabilisation des vente d'automobiles. En revanche, les échanges de composants électroniques sont orientés à la hausse.

Des perspectives économiques favorables

Malgré les projections de l'OMC, la croissance de l'économie mondiale dépasse toutes les attentes. D'après les dernières prévisions de l'Organisation des Nations unies publiées ce 17 mai, le produit intérieur brut mondial devrait demeurer stable à 3% en 2018 et en 2019. Les conditions d'investissement se sont améliorées grâce "notamment à une faible volatilité financière, à la moindre fragilité du secteur bancaire, à la reprise observée dans certains secteurs des produits de base et à l'embellie macroéconomique mondiale." Les économistes de l'ONU soulignent que l'investissement est à l'origine d'environ 60% de l'accélération de l'activité économique mondiale, mais là encore, ils restent prudents sur l'avenir.

"Les récentes reconfigurations des principales relations commerciales, sous l'effet notamment de la décision du Royaume-Uni d'appliquer le Brexit, et de celle des États-Unis d'Amérique de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain et de revoir les termes de ses autres accords commerciaux, font craindre un durcissement des obstacles au commerce et une exacerbation des différends commerciaux. Cette situation pourrait s'aggraver si les autres pays mettent en œuvre des mesures de rétorsion."

Pour les PME françaises qui veulent cette année augmenter leur chiffre d'affaires à l'export, tous ces paramètres ne devraient pas faciliter les décisions de leurs dirigeants qui perdent régulièrement des parts de marché à l'exportation.

Lire aussi : Exportations : les PME anticipent un accroissement pour 2018

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Commentaires
a écrit le 20/05/2018 à 11:19 :
Il faut commercer avec ceux qui respectent des règles communes, par définition multilatérales, ou au moins bilatérales, sinon le système ne peut pas fonctionner.

Des a coups dus au protectionnisme et reactionnisme, à un ralentissement des pays émergents, ou à une fin de cycle ?

On s'habitue aux prix bas des produits manufacturés en Asie ou ailleurs et il n'est pas sur que l'on arrive à fabriquer les mêmes de manière rentable. Cela parait être un problème de volume et de cycle économique, plus que de maîtrise technologique ou de niveau de productivité. Quoique, avec la robotisation on pourrait faire des miracles, encore faut il qu'il y ait des débouchés conséquents pour amortir les investissements, donc passer par l’exportation…
Qu'il y ait des pays qui ne veulent pas se confronter à la concurrence mondiale n'est pas nouveau, ni surprenant, il sera intéressant d'en voir les conséquences sur le moyen/long terme. Et il ne faut pas oublier qu’historiquement, beaucoup de pays Européens ont vu des phases d’expansion et d’accroissement des richesses grâce au commerce tous azimuts. (http://www.cosmovisions.com/Commerce-Histoire.htm). Ce qui veut dire que si l'on réduit les échanges commerciaux il faudra s’astreindre à la diète ? Ce n'est pas très enthousiasmant comme avenir.
Si l’on regarde la balance commerciale des USA (https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/424005) on se rend comte que les secteurs où ils importent le plus, sont aussi ceux où ils exportent. Dont des secteurs stratégiques tels l’informatique et les transports. Même si la balance commerciale en est négative, ces secteurs seront-ils viables s’ils perdent des parts de marché à l’export ?
Les décisions de leur gouvernement actuel sont d’autant plus surprenantes qu’en 2015 leur déficit était surtout flagrant sur les vêtements et accessoires, plus que sur les produits métalliques.
a écrit le 19/05/2018 à 21:16 :
Développer le commerce mondial, c'est la panacée. Et on veut lutter contre la population (transport par portes containers) et contre le chômage en faisant fabriquer très loin dans des conditions indignent des produits qui pourraient l'être chez nous.
a écrit le 19/05/2018 à 9:17 :
Toutefois, le Baltic Dry Index est plutôt sur une pente ascendante depuis début 2016.
Cordialement

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