L'Opep+ se déchire sur la hausse de la production de pétrole : les Emirats crient à l'injustice
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Dado Ruvic
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Une nouvelle fois, les 23 pays de l'Opep+, qui regroupe les treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés, ont du mal à se mettre d'accord. Réunis en visioconférence depuis jeudi dernier pour décider d'une nouvelle augmentation de leur production face à la reprise économique et endiguer une surchauffe des prix, ils n'arrivent pas trouver un consensus sur l'augmentation de leurs quotas de production de brut à compter du mois d'août.
L'agence financière Bloomberg, citant une source anonyme, avançait jeudi dernier le retour d'un volume de 2 millions de barils par jour d'ici à fin 2021, à raison de 400.000 barils par jour chaque mois, une option qui n'a donc pas été actée jeudi. Cette stratégie s'inscrirait dans la continuité de la politique du cartel menée depuis le mois de mai : rouvrir petit à petit le robinet d'or noir après l'avoir serré de manière très forte au début de la pandémie pour lutter contre chute des cours liée à l'effondrement de la demande.
L'Opep+ fait face à une équation complexe, partagée entre une reprise bien réelle de la demande mais qui reste fragile, un retour probable à moyen terme des exportations iraniennes et des prix élevés, qui entraînent la grogne de certains gros importateurs comme l'Inde. L'Opep+ doit également décider l'extension de leur entente sur la production jusqu'à fin 2022, au lieu d'avril pour le moment.
Problème. Alors qu'elles devaient être bouclées en un jour, les négociations traînent en longueur. Après l'échec des réunions de vendredi et samedi, les discussions ont été reportées à ce lundi. Cette fois, ce n'est pas la traditionnelle rivalité entre Moscou et Ryad qui met des bâtons dans les roues, mais la position des Emirats arabes unis (EAU). Les Emirats demandent la révision à la hausse de leur volume de production de référence, qui sert de base au calcul de son quota. Mais, à ce stade, l'Opep+ n'a visiblement pas voulu ouvrir la boîte de Pandore.
Arrêté à la date d'octobre 2018, ce seuil est jugé obsolète par Abou Dhabi qui revendique "une capacité (de production) désormais plus élevée. Actuellement à 3,17 millions de barils par jour, le ministre émirati aurait insisté pour qu'il soit "relevé à 3,8 millions de barils par jour", selon Ole Hansen, analyste de Saxobank.
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Ce dimanche, les Emirats ont publiquement critiqué l'accord en discussion qu'ils ont qualifié d'"injuste".
Depuis 2018, l'Opep+ a mis en place une politique de limitation de sa production afin de soutenir les cours de l'or noir en berne. Avec l'émergence de la pandémie de Covid-19, face à une baisse drastique de la demande, le cartel et ses alliés ont encore plus fermé le robinet avant de le rouvrir progressivement depuis mai.
"Les Emirats sont prêts à prolonger l'accord, si nécessaire, mais demandent que les volumes de production de référence soient revus (à la hausse) afin de s'assurer qu'il soit équitable pour toutes les parties", est-il ajouté dans le communiqué.
Les signes d'une accélération de l'économie américaine, qui se multiplient, sont aussi des signes encourageants pour la demande de pétrole, même si la propagation du variant Delta ralentit la levée des restrictions et pousse même à des reconfinements.Si l'amélioration de la demande avait motivé les dernières hausses, c'est désormais aussi le niveau des prix qui devrait aiguiller la décision du club de producteurs, dont la stratégie initiée en avril 2020 en réponse à la pandémie de Covid-19 a presque trop bien fonctionné.
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Pour redresser des cours qui avaient plongé faute de demande, l'Opep+ avait retiré du marché des millions de barils. Depuis, ils procèdent maintenant à la hausse prudente de la production, par palier mensuel. Avec un certain succès puisque le Brent et le WTI, les deux contrats de référence de part et d'autre de l'Atlantique, s'échangent aux alentours de 75 dollars le baril, du jamais vu depuis octobre 2018. Les membres de l'Opep+ disposent d'une importante marge de manœuvre pour accroître l'offre puisqu'ils laisseront encore sous terre quelque 5,8 millions de barils chaque jour au mois de juillet.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) l'a confirmé dans son dernier rapport mi-juin, prévoyant que la demande mondiale de pétrole dépasse les niveaux d'avant la pandémie d'ici fin 2022.
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