La Banque d'Angleterre prête à baisser ses taux pour soutenir l'économie
latribune.fr
Le Royaume-Uni affiche une croissance pratiquement nulle, le chômage a légèrement augmenté et l'inflation a reculé de manière inattendue, ce qui conforte la probabilité d'une baisse des taux.
La Banque d'Angleterre devrait abaisser ce jeudi ses taux d'intérêt pour soutenir une économie britannique à la peine, confrontée en outre au risque d'être affectée par les droits de douane américains.
[Article publié le 6 février 2025 à 8 h 19, mis à jour à 14 h 00]
La Banque d'Angleterre (BoE) au soutien de l'économie britannique. Après deux coupes l'an dernier, les analystes s'attendent à ce que les membres de la BoE choisissent, à une large majorité voire à l'unanimité, de réduire ce jeudi 6 février à nouveau le taux directeur d'un quart de point, à 4,50 %.
D'un côté, les hausses massives de cotisations patronales et les emprunts exceptionnels annoncés fin octobre par la ministre britannique Rachel Reeves font craindre un rebond de l'inflation.
Mais de l'autre, le Royaume-Uni affiche une croissance pratiquement nulle : ce jeudi, la Banque d'Angleterre a divisé par deux sa prévision en 2025, à 0,75 %, contre 1,5 % précédemment. Et ce en raison des risques sur l'économie mondiale liés aux menaces de droits de douane de Donald Trump et d'une détérioration de la confiance des entreprises britanniques. Elle a également revu à la baisse sa prévision pour 2024 à 0,75 %, contre 1 % auparavant. De plus, le chômage a légèrement augmenté et l'inflation a reculé de manière inattendue, ce qui conforte la probabilité d'une baisse des taux.
Une« économie globalement en stagnation »
Si l'activité du secteur privé au Royaume-Uni a légèrement progressé en janvier, les entreprises britanniques ont réduit leurs effectifs et « préviennent de coûts en hausse dans une économie globalement en stagnation », selon l'indice PMI Flash publié par S&P Global. Cet indicateur de croissance s'est porté à 50,9 en décembre, un demi-point de plus qu'au mois précédent, tiré par les services, précise le rapport mensuel.
Si un indice supérieur à 50 signifie une expansion économique, celle-ci reste limitée, dans « une économie globalement en stagnation » et marquée par un « pessimisme durable » d'entreprises qui voient leurs carnets de commandes se vider, résume Chris Williamson, économiste de S&P Global. Ce premier PMI de 2025 « ajoute à la morosité qui règne sur l'économie britannique », ajoute-t-il. Tout n'est cependant pas noir, selon Kathleen Brooks, analyste chez XTB, qui note que le secteur manufacturier a fait un peu mieux que le mois précédent, selon l'indice PMI, « ce qui pourrait être le signe avant-coureur d'une reprise ».
À ces facteurs internes s'ajoutent les menaces de droits de douane brandies par Donald Trump - qui a déjà lancé les hostilités avec la Chine. Le Royaume-Uni n'est pour l'instant pas directement visé. En revanche, des droits de douane contre l'Union européenne (UE), qui affaibliraient « la croissance du continent européen mais aussi de l'Irlande », pourraient affecter l'économie britannique, estiment les analystes de BNY.
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Sur la ligne de la Fed et de la BCE
Le marché mise sur trois baisses de taux de la BoE cette année. Lors de sa dernière réunion en décembre, l'institution monétaire britannique avait assuré s'en tenir encore à une « approche graduelle », sans s'engager sur un calendrier.
La Réserve fédérale (Fed) fait, de son côté, face aux pressions de Donald Trump, qui souhaite réduire le coût de l'emprunt aux États-Unis, ce qui pourrait entraîner un effet domino sur les autres banques centrales. Elle a cependant marqué une pause la semaine dernière dans son cycle de baisses, restant dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,50 %. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) prévoit de continuer à abaisser ses taux, comme elle l'a de nouveau fait en janvier, motivée par la faiblesse de la croissance de la zone euro.