« L'Union européenne a contribué à détruire une partie du tissu industriel français » (Arnaud Montebourg)
Propos recueillis par David Medioni
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Denis Allard/Leextra pour La Tribune
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À quel moment s'est opérée votre prise de conscience de l'abandon industriel de la France ?
ARNAUD MONTEBOURG- 2006 et 2007 ont été deux années terribles avec la prise de contrôle d'Arcelor par Mittal d'abord et de Pechiney ensuite. L'acier et l'aluminium ! Le gouvernement de l'époque dans lequel Monsieur Thierry Breton était ministre de l'Économie a laissé faire. J'étais alors président du conseil général de Saône-et-Loire. Dans mon bureau, il y avait une carte du département sur laquelle je voyais une constellation de points noirs. La matérialisation de l'effondrement du tissu industriel français. La désindustrialisation, nous l'avons vécue concrètement dans la vie des gens. Chaque semaine, j'allais sur les piquets de grève, et constatais l'impuissance des préfets et l'absence du gouvernement. Cela m'a profondément marqué. Quelques années plus tard, au gouvernement, je me suis fait la promesse de tout faire pour ne pas revivre cela. En 2012-2013, les politiques européennes d'ajustements budgétaires ont porté un nouveau coup. Cela a commencé avec Florange, puis avec Alstom pour conduire à l'éclatement du projet politique de redressement productif que je portais. Il aurait fallu résister. Ce que n'a pas fait François Hollande, j'ai alors quitté le gouvernement en 2014. Le ministère du redressement productif était le premier ministère souverainiste dans une mondialisation débridée. Il imaginait une nouvelle méthode et de nouveaux outils pour recréer une industrie forte.
Quels étaient ces outils ?
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