Fidèle à son slogan « Build Back Better » (« Mieux reconstruire »), Joe Biden a signé l’été dernier une loi visant à accélérer la conversion de l’économie américaine aux énergies bas carbone, en particulier via des crédits d’impôt accordés aux entreprises et aux ménages. L’Inflation Reduction Act a également pour but de favoriser la réindustrialisation du pays via des clauses « Buy America », ce qui fait grincer quelques dents en Europe. Décryptage.« Lorsque Cummins a commencé à produire des électrolyseurs d'hydrogène, ils ont dû les fabriquer à l'étranger. [...] Mais désormais, grâce à l'Inflation Reduction Act et aux crédits d'impôt qu'il instaure pour les énergies renouvelables, Cummins va construire ces électrolyseurs ici, en Amérique, pour la première fois. » Ainsi parlait Joe Biden, le 7 avril dernier, lors d'une visite au sein d'une usine de l'entreprise Cummins, dans le Minnesota.
La première étape d'un voyage de deux semaines à travers les États-Unis, l'« Investing in America tour », durant lequel le président a visité plusieurs sites industriels pour y souligner les retombées positives de sa politique et préparer ainsi sa campagne de réélection.
Des centaines de milliards de dollars injectés dans l'économie verte
Le point commun à ces différents sites : avoir récemment bénéficié d'argent public dans le cadre de la politique d'investissement à grande échelle lancée par l'administration Biden pour réindustrialiser l'Amérique et accélérer la transition énergétique. L'Inflation Reduction Act (IRA), signé en août dernier par l'hôte de la Maison-Blanche, prévoit ainsi, comme son nom ne l'indique pas, des centaines de milliards de dollars, principalement sous forme de crédits d'impôt, aux entreprises réalisant des investissements dans les énergies propres sur le sol américain.
Selon les estimations, l'IRA devrait injecter entre 271 et 1.200 milliards de dollars dans l'économie américaine au cours des dix prochaines années, principalement sous forme de crédits d'impôt à destination des entreprises et des consommateurs. « Entre 80 et 85% des dépenses prévues par la loi prendront la forme de crédits d'impôt », note ainsi Neil R. Mehrotra, économiste, vice-président assistant et conseiller politique à la Réserve fédérale de Minneapolis.