Si Lucibel a choisi de s'implanter en 2014 à Barentin, en Seine-Maritime, ce n'est pas par hasard. La PME d'une cinquantaine de salariés, spécialisée dans le développement et la production de solutions LED innovantes, y a en effet repris,
« à de très bonnes conditions »,
précise Frédéric Granotier, président-fondateur du groupe, une usine Schneider Electric vouée à la fermeture. Et c'est aussi parce qu'après la création de la société, en 2008, l'entrepreneur avait misé sur la Chine et implanté une usine à Shenzhen, en 2010. De déconvenues en vexations - du vol de brevets à celui de matériel en passant par le départ brutal de salariés
« partis s'installer quasiment en face, pour nous faire concurrence »
, soupire-t-il -, il a finalement décidé de relocaliser la production. Mais en choisissant la France plutôt que l'Europe de l'Est ou le Maghreb, l'industriel a dû repenser les produits, pour en accroître la valeur ajoutée et compenser ainsi le coût de la main d'œuvre, plus élevé dans l'Hexagone. En outre, le made in France
« est de plus en plus prisé par les consommateurs »,
se félicite-t-il, en évoquant en particulier son partenariat avec la maison Dior, pour un masque de beauté à base de LED, commercialisé depuis quelques mois. Frédéric Granotier a également su créer, autour de Lucibel, un écosystème de sous-traitants pouvant fournir divers matériaux et services dont son activité a besoin. Autant dire que la success-story normande a de quoi faire rêver nombre de territoires cherchant à se réindustrialiser...