La faiblesse de la reprise chinoise plombe le prix du cuivre, au plus bas depuis presque 6 mois
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Stock de cuivre au Chili.
Reuters
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Stock de cuivre au Chili.
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Les prix du cuivre, considéré comme un indicateur avancé de conjoncture, sont au plus bas depuis novembre 2022. Sur le London Metal Exchange (LME), le premier marché des métaux, il s'échangeait à 8.094 dollars la tonne lundi pour une livraison à trois mois. Depuis son plus haut de l'année, atteint le 18 janvier, à 9.436 dollars la tonne, il s'est déprécié de plus de 14%. Sur un an, le recul s'affiche à 15%.
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Il n'est pas le seul métal non ferreux à être orienté à la baisse puisque l'indice des métaux du LME accuse une baisse de 7% sur un mois et de plus de 20% sur un an.
Pourtant, certains facteurs sont haussiers pour le métal rouge. La demande mondiale de cuivre raffiné devrait augmenter de 1,4% en 2023 et de 2,8% en 2024, selon les projections du dernier rapport du Groupe international d'études sur le cuivre (ICSG). Le monde devrait consommer cette année 26,43 millions de tonnes de cuivre. « La réouverture de la Chine après la fin de sa politique zéro-Covid, une reprise dans le reste du monde après la demande contrainte de 2022 et l'amélioration de la croissance économique en 2024 devraient soutenir la croissance de la demande en 2023 et 2024 », explique l'ICSG.
Or, la République populaire n'est pas au rendez-vous, du moins pas encore. « Les données économiques orientées à la baisse ont surpris, suscitant des inquiétudes sur la demande de matières premières de la deuxième économie mondiale », commente Benjamin Hoff, analyste chez Société Générale. Consommant à elle seule près de 54% du cuivre mondial, l'évolution de ses besoins est scrutée. Cette année, ils devraient augmenter de 1,2% en 2023 puis de 2,6% en 2024. Certains spécialistes estiment même que la demande sous-jacente réelle se situerait entre 2,5% et 2,9% pour les deux années.
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Si ces prévisions se confirment, cela signifiera que la demande chinoise devra bondir au deuxième semestre. Car aujourd'hui, la reprise économique est davantage portée par les services que la production de biens manufacturés. L'indice PMI Caixin manufacturier s'est affiché à 49,5 en avril, passant sous le seuil de 50, auquel il se situait en mars, signifiant une contraction. Selon l'administration générale des Douanes, les importations de cuivre ont chuté en avril de 12,5 % sur un an. Le métal rouge ne fait que refléter la tendance générale des échanges commerciaux, l'ensemble des importations ayant baissé de 7,9 % en avril, après un recul de 1,4% en mars. Les exportations marquent également le pas, après le bond de 14,8 % en mars, le rythme s'est ralenti à 8,5 % en avril. En outre, « les indicateurs dans la construction immobilière (secteur fortement consommateur de cuivre) sont en baisse en avril, malgré un premier trimestre prometteur », note Benjamin Hoff. En résumé, la machine à produire chinoise n'a pas encore enclenché la vitesse supérieure.