La justice allemande soupçonne la Russie de sabotage pour influer sur les législatives
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Plus de 200 voitures ont été endommagées au moyen de mousse pulvérisée dans leurs tuyaux d'échappement (photo d'illustration).
PHILIPPE WOJAZER
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Plus de 200 voitures ont été endommagées au moyen de mousse pulvérisée dans leurs tuyaux d'échappement (photo d'illustration).
PHILIPPE WOJAZER
La Russie est-elle derrière le sabotage de centaines de voitures en Allemagne ? Le doute plane si bien que la justice allemande a annoncé ce mercredi enquêter sur le sujet, notamment dans le Land de Bade-Wurtemberg, dans le sud du pays.
Quatre jeunes suspects âgés de 17 à 29 ans font l'objet d'une enquête pour « dégradations de biens en réunion », a déclaré le parquet d'Ulm à l'AFP. Ils sont soupçonnés d'avoir « pulvérisé de la mousse expansive dans les tuyaux d'échappement » de 123 véhicules dans la région. Les quatre personnes, de nationalité roumaine, serbe, croate, allemande et bosnienne, ont été laissées libres. Le parquet n'a pas souhaité encore se prononcer sur « les motivations » des infractions, car « l'enquête est en cours ».
De l'autre côté du pays, dans le Land du Brandebourg, la police a aussi confirmé à l'AFP enquêter depuis mi-décembre sur des faits similaires. Cette fois sur 43 voitures garées près de la mairie de Schönefeld, en banlieue de Berlin. Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'un des accusés a avoué aux enquêteurs avoir été approché par un Russe, via la messagerie Viber, pour commettre les dégradations, contre une rémunération de 100 euros par véhicule. Au total, plus de 270 véhicules dans tout le pays ont été endommagés, indique le journal.
Mais ce n'est pas tout. Comme l'a indiqué la police allemande, « des autocollants à contenu politique ont été apposés sur les vitres arrière » des voitures dégradées. Sur des photos publiées par Der Spiegel, l'autocollant en question fait figurer le ministre de l'Économie, Robert Habeck, à côté du slogan « Sois plus vert ! ». Ce dernier est aussi le candidat écologiste à la chancellerie en vue des élections législatives du 23 février, et le favori pour l'emporter. C'est pourquoi des sources sécuritaires évoquent une campagne ciblée visant à dresser les électeurs allemands contre les Verts en vue du scrutin, indique l'hebdomadaire allemand.
Ce ne serait d'ailleurs pas une surprise. En novembre dernier, l'Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfV), chargé du renseignement intérieur en Allemagne, avait mis en garde à ce propos. Dans un rapport, il avait averti contre les « possibles tentatives d'ingérence » étrangère dans la campagne électorale, sous la forme notamment d'actes de sabotage. Le BfV pointait spécifiquement du doigt la menace russe, Moscou ayant « le plus grand et le plus évident intérêt à influencer les élections dans son sens ».
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Car un chancelier écologiste ne serait pas favorable à la Russie. Au sein de l'actuel gouvernement allemand, les ministres écologistes ont, en effet, été les fers de lance des livraisons d'armes à l'Ukraine afin de l'aider contre l'invasion russe sur son territoire. Et ont ainsi converti leur parti à sortir du pacifisme qui était sa marque de fabrique depuis 40 ans.
Il n'y a pas qu'en Allemagne que l'on craint des actions de sabotage de la part de la Russie. En Norvège aussi l'inquiétude est de mise. Les services de sécurité intérieure (PST) considèrent d'ailleurs « probable que les services de renseignement russes tenteront de mener des actions de sabotage contre des cibles » dans le pays en 2025, a indiqué ce mercredi leur cheffe, Beate Gangås, à l'occasion de la présentation de l'évaluation annuelle des menaces visant la Norvège. « L'objectif d'éventuelles actions serait d'empêcher nos livraisons à l'Ukraine ou d'influencer dans le sens négatif l'opinion publique au sujet de l'aide à l'Ukraine », a-t-elle détaillé.
« Les infrastructures énergétiques norvégiennes pourraient également être une cible de sabotage dans l'année à venir », peut-on lire dans le rapport. La responsable des PST a assuré que, pour le moment, aucun cas prouvé n'avait à ce stade été relevé dans le royaume scandinave. Contactée par l'AFP, l'ambassade de Russie à Oslo n'a pas immédiatement réagi.
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La Russie est du moins régulièrement soupçonnée d'actes de sabotage depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022. Particulièrement ces derniers mois en mer Baltique, où plusieurs câbles sous-marins de télécommunications et d'alimentation électrique ont été endommagés. Plus globalement, les forces russes sont accusées de mener des attaques hybrides : des sabotages physiques mais aussi des cyberattaques, des brouillages GPS ou encore d'orchestrer un flux de migrants sur certaines frontières avec des pays de l'Union européenne.
(Avec AFP)
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