Au FMI, la pythie Lagarde voit "des nuages plus sombres" se profiler sur la croissance mondiale

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Christine Lagarde affiche son optimiste mais prévient qu'il peut être de courte durée : La fenêtre d'opportunité est ouverte. Il y a désormais une nouvelle urgence parce que les incertitudes se sont accrues de manière significative.
Christine Lagarde affiche son optimiste mais prévient qu'il peut être de courte durée : "La fenêtre d'opportunité est ouverte. Il y a désormais une nouvelle urgence parce que les incertitudes se sont accrues de manière significative." (Crédits : Bobby Yip)
Face aux tensions commerciales dans le monde, aux risques fiscaux et financiers accrus et à l'incertitude géopolitique, la directrice du Fonds monétaire international prône comme priorité de "se tenir à l'écart du protectionnisme sous toutes ses formes". Elle conseille au passage à Donald Trump de s'attaquer à la réduction des dépenses publiques plutôt que gonfler les droits de douanes.

Brossant le tableau de la croissance, la directrice du Fonds monétaire international se fait paysagiste :

"Le tableau général est actuellement lumineux. Mais nous pouvons voir des nuages plus sombres pointer à l'horizon", a-t-elle déclaré à Hong Kong dans un discours en prélude à la réunion de printemps du FMI.

Ces "nuages plus sombres" à l'horizon de la croissance économique mondiale, Lagarde les attribue aux tensions entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux qui menacent le libre-échange.

Des nuages certes, mais toutes les raisons de rester optimistes

Christine Lagarde rappelle qu'en janvier, l'institution basée à Washington avait révisé en hausse ses prévisions de croissance économique mondiale à 3,9% pour 2018 et 2019. Et, elle souligne que le FMI continue d'être optimiste alors que "les économies avancées devraient s'accroître au-dessus de leur potentiel de croissance moyenne cette année et l'année prochaine" et les Etats-Unis sont au plein emploi.

Parallèlement, en Asie, les perspectives restent solides, "ce qui est bon pour tout le monde puisque cette région contribue à près des deux tiers à la croissance mondiale", souligne-t-elle.

Agir avant que "la fenêtre d'opportunité" se referme

Pour autant, la dirigeante du Fonds monétaire international estime que le rythme de "la croissance attendue pour 2018 et 2019 va finir par ralentir" dans la mesure où les politiques pour soutenir l'économie vont s'estomper notamment aux Etats-Unis et en Chine.

Elle souligne la nécessité pour les gouvernements d'agir pendant que le contexte économique demeure favorable.

"La fenêtre d'opportunité est ouverte. Il y a désormais une nouvelle urgence parce que les incertitudes se sont accrues de manière significative", dit-elle citant les tensions commerciales, les risques fiscaux et financiers accrus ainsi que l'incertitude géopolitique.

Haro sur le protectionnisme, toxique pour l'économie mondiale

Elle a en outre dressé des priorités pour soutenir la croissance économique, la première étant pour les gouvernements de "se tenir à l'écart du protectionnisme sous toutes ses formes".

"L'histoire nous montre que restreindre les importations affecte tout le monde, en particulier les consommateurs pauvres", a réagi Christine Lagarde.

Ces commentaires interviennent alors que les tensions entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux, en particulier la Chine, ont redoublé d'intensité ces derniers mois. Le président américain Donald Trump estime que le déficit commercial abyssal de Washington avec le géant asiatique résulte de pratiques déloyales telles que "le transfert de technologie forcé" et "le vol de la propriété intellectuelle".

Après avoir imposé début mars des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, l'administration Trump a dressé une liste provisoire de produits chinois représentant 50 milliards d'importations susceptibles d'être soumis à leur tour à de nouvelles taxes américaines.

Pékin a rétorqué en annonçant des représailles dans des proportions identiques visant les produits américains ce qui a poussé le président américain à surenchérir en menaçant de viser pour 150 milliards de dollars d'importations chinoises.

Réduire les dépenses publiques plutôt que gonfler les droits de douanes

"Oui, il y a des pratiques déloyales - qui doivent être éliminées - et qui peuvent laisser des traces sur les balances commerciales entre les pays", a poursuivi Christine Lagarde.

La directrice du FMI relève ainsi que tous les pays doivent respecter les règles du jeu en protégeant par exemple davantage la propriété intellectuelle et en réduisant les distorsions qui permettent de favoriser les entreprises d'Etat.

Pour autant, estime-t-elle, "la meilleure façon de s'attaquer aux déséquilibres macro-économiques n'est pas d'imposer des droits de douane mais d'avoir recours à des politiques ayant un effet sur l'économie dans son ensemble comme les outils budgétaires ou les réformes structurelles".

Elle suggère ainsi aux Etats-Unis de s'attaquer par exemple à leurs dépenses publiques.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 12/04/2018 à 12:56 :
M'apprétant à commenter, je n'en n'ai finalement pas le besoin: il suffit de lire tous les commentaires. Unanimité.
Réponse de le 12/04/2018 à 14:06 :
Non vous avez oublié l'ironie du titre "Pythie" renvoie au médium Grecque .... genre le fossoyeur de la grèce par la dette?
a écrit le 11/04/2018 à 16:16 :
Je désapprouve la stratégie de Trump mais il met le doigt sur des problèmes bien réels (externalisation de la production, non-respect de la propriété intellectuelle etc...) tandis que Christine Lagarde reste dans son déni dogmatique dans lequel il suffit de laisser faire les marchés , de soutenir les banques en priorité, d'imposer l'austérité aux peuples pour faire descendre le paradis sur terre.
a écrit le 11/04/2018 à 14:59 :
On se souviendra de ses propos lénifiants en septembre 2007 alors que l'UE avait déjà du injecter 200 milliards € pour empêcher le credit crunch d'emporter les banques européennes... "le gros de la crise est derrière nous".

Et ce n'est qu'une infime partie de son bétisier.

Elle fait plus pitié que Pythie.
Réponse de le 11/04/2018 à 19:31 :
je crois qu ' elle avait dit " la croissance recule mais nous avançons" et évoquait une croissance négative...bref en bonne avocate d ' affaire...
.pas grand chose à attendre
a écrit le 11/04/2018 à 12:58 :
Que sait ce pion place par la bourse americaine ? Rien du vent.
L'epoque est au narcissisisme.
a écrit le 11/04/2018 à 12:18 :
"Réduire les dépenses publiques plutôt que gonfler les droits de douanes"

en parlant de dette d'ailleurs à ce propos ce serait bien de lui demander à Christine comment elle compte rembourser les 450 millions d'euros qu'elle a donné à Tapis...

"La Pythie était choisie avec soin par les prêtres de Delphes, qui étaient eux-mêmes préposés à l'interprétation ou à la rédaction de ses oracles." https://fr.wikipedia.org/wiki/Pythie

Bravo, un choix relevant du grand Art !
Réponse de le 11/04/2018 à 13:27 :
En principe la "justice" a saisi bonne quantité des biens de Tapie. L'état va peut être se retrouver ainsi propriétaire à 89% du groupe de presse La Provence... Reste que si Dieu prête vie à Tapie assez longtemps (rien n'étant malheureusement moins sûr), il a des chances non nulles de récupérer tout ou partie de son magot (avant l'arbitrage censé mettre un terme à cette interminable saga à rebondissement, de nombreuses décisions judiciaires étaient allées dans son sens). Et dans cette histoire, le rôle du Lyonnais sous Peyrelevade (2 incendies qui ont "opportunément" détruit moult archives) , de la SDBO et du CDR est loin d'être clair non plus.
Réponse de le 11/04/2018 à 19:33 :
la pythie de delphes devait ses " prédictions" au gaz qui émanait de la roche environnante...pas super flatteur pour LAGARDE Héhé
Réponse de le 12/04/2018 à 9:00 :
@ bruno_bd

L'argent ne reviendra pas donc, nous sommes habitués et lagarde continue quand même de faire la leçon au monde, au secours.

Dites moi ça à l'air de vous passionner sinon l'affaire tapie ?

ET donc vous en pensez quoi que Lagarde soit "responsable mais pas coupable" ?
Réponse de le 14/04/2018 à 13:55 :
@citoyen : oui cette affaire Tapie m'intéresse. Parce que rien n'y est normal. L'arbitrage est une procédure courante en droit des affaires mais la "justice" semble avoir lancé une véritable fatwa contre cette procédure. L'arbitrage Tapie a été soit disant pipé mais un seul des trois arbitres est inquiété. On a poursuivi Lagarde pour négligence (heureusement sans lui infliger de peine tant son implication était ténue) mais pas du tout inquiété Borloo, son prédécesseur et ancien avocat de Tapie, qui a sans doute initié l'arbitrage litigieux. Avant cet arbitrage contesté Tapie avait obtenu de la justice de droit commun de nombreuses décisions allant dans son sens. Et n'oublions pas non plus les deux incendies volontaires du Lyonnais qui ont opportunément détruit nombre de documents. Tapie est sans doute un gredin, mais la partie adverse, le Lyonnais banque d'état, le CDR, Peyrelevade nevalent sans doute guère mieux.
Réponse de le 16/04/2018 à 9:47 :
"La Garde meure mais ne se rend pas", on voit bien qu'elle est là pour ça, servir l'oligarchie en place sans se poser de question, je peux être d'accord avec vous en mettant en perspective sa profonde bêtise et servilité naturelle.

Pour Borloo je suis d'accord avec vous il s'en sort vraiment très bien...

Ensuite la justice fait ce qu'elle peut avec des lois votées par des politiciens corrompus hein et avec des réseaux qui déséquilibrent totalement le principe de justice faisant que ce sont rarement les plus impliqués qui écopent le plus.

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