La Chine a renforcé les contrôles des flux de capitaux

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Les réserves de change chinoises, les plus importantes au monde, ont fondu en août de quelque 93 milliards de dollars, selon des chiffres officiels
Les réserves de change chinoises, les plus importantes au monde, ont fondu en août de quelque 93 milliards de dollars, selon des chiffres officiels (Crédits : © Stringer China / Reuters)
Courant août, Pékin avait annoncé une dévaluation inattendue du yuan face au dollar, et la monnaie chinoise s'était dépréciée de presque 5% en l'espace de trois jours. La Chine a décidé de mettre en place des mesures pour limiter la fuite de capitaux.

La Chine a durci ses contrôles sur les mouvements de capitaux, après la soudaine dévaluation de sa monnaie le mois dernier, a rapporté mercredi 7 septembre l'agence Bloomberg News, alors que Pékin cherche à enrayer toute fuite de capitaux.

Courant août, Pékin avait annoncé une dévaluation inattendue du yuan face au dollar, et la monnaie chinoise s'était dépréciée de presque 5% en l'espace de trois jours. Les réserves de change chinoises, les plus importantes au monde, ont fondu en août de quelque 93 milliards de dollars, selon des chiffres officiels. Cela est du aux ventes massives de dollars par les institutions pour soutenir le yuan.

Des surfacturations pour dissimuler des mouvements de capitaux

L'Administration d'État supervisant le marché des changes (SAFE) aurait ainsi demandé aux institutions financières à Shanghai et à Canton de renforcer leurs contrôles sur leurs activités de conversion et de vente de devises étrangères, selon des personnes familières du sujet interrogées par Bloomberg.

La SAFE leur a notamment demandé d'être particulièrement attentives aux possibles surfacturations sur les exportations, un stratagème régulièrement employé pour dissimuler des mouvements de capitaux, précisait de son côté le Financial Times, se référant à un mémo interne.

Des mesures pour limiter la spéculation

La banque centrale chinoise (PBOC) a indiqué mardi qu'elle exigeait désormais que les banques chinoises paient un dépôt de 20% sur les ventes à terme de devises étrangères, afin de limiter la spéculation. Les ventes à terme consistent à proposer des devises à l'avance, et à un prix déterminé.

Mais la PBOC a en revanche réfuté toute action destinée à contrôler plus durement les capitaux, puisque les volumes des transactions ne sont pas restreints et que les transactions des particuliers ne nécessitent pas d'approbation préalable, selon un communiqué de l'institution.

(avec AFP)

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a écrit le 10/09/2015 à 15:56 :
Les devises occidentales via le Japon et son yen en survie tentent d'affaiblir l'économie chinoise. J'ai indiqué que nous ne devrions pas accepter de telles manoeuvres qui nous sont préjudiciables en boycottant les produits japonais. La réponse prévisible ne s'est pas faite attendre : la Chine écroule sa devise. Ce qui lui permet de rester compétitive dans un premier temps face aux autres émergents mais aussi à moyen terme de faire s'écrouler ses concurrents de la zone pacifique. Devant le cri d'effroi poussé par la communauté internationale le pays a lâché un petit répit (que nous présentons à tort comme énorme) avec le sacrifice d'un peu de réserve de changes pour "soutenir sa devise". Bien entendu les chinois ne veulent rien soutenir du tout et vont récupérer au centuple les sommes ainsi "investies" pour satisfaire en façade tout le monde. La dictature socialiste en a profité pour faire savoir que sa devise devenait flottante -on y a vu une normalisation nécessaire- c'est à dire qu'elle va pouvoir baisser sans limite s'il y avait d'autres attaques contre elle. Qui plus est le petit ballon des réserves de change évacué donne lieu lui aussi prétexte à un tour de vis réglementaire supplémentaire. Bien joué. Notre presse qui ne comprend pas grand chose, présente l'affaire, les chinois s'en félicitent, comme une frayeur qu'ils auraient face à la perte de leurs capitaux. L'on sait quand même que lorsqu'une devise baisse ou va baisser les réserves de change pour la rendre crédible sont nécessaires en moindre quantité, proportionnellement. L'argent est donc dans l'économie pour produire tandis que les américains pataugent dans des flux de billets verts dont ils ne savent que faire. On sait en effet qu'ils peinent à transformer leurs Q.Es -flux monétaire s'il en est- en actifs tangibles et probants alors que le second passage de ce cycle est entamé et que l'on en espère des miracles. Les chinois vont pour leur part être très sélectifs sur leurs achats, dont l'obligation de contrepartie internationale augmente comme on le sait, tandis qu'ils maintiennent leur masse d'exportation quasi à l'identique. Pour des pays comme la France le point mort de production concurrentielle qui était parfois à la limite pour une poursuite est désormais enfoncé dans la plupart des cas. Pour résister nous allons encore concentrer toutes les entreprises occidentales et faire la fusion annoncée euro-dollar, c'est en effet un bon prétexte peut-être voulu d'ailleurs. Ensuite nous exigeront probablement ce que nous aurions dû faire -théoriquement- depuis longtemps : organiser une meilleure évaluation des devises... tant pour les chinoises que pour celles du tiers monde dont on voit les effets néfastes sur l'immigration économique.
Réponse de le 10/09/2015 à 17:49 :
"Ce qui lui permet de rester compétitive dans un premier temps face aux autres émergents."

Pas bien difficile vue les secteurs de ces émergents, ils dégustent en ce moment.

De plus, regarde un peu le comportement des chinois en Afrique, que des sorties, "le partenariat" russie-chine prend un coup dans l'aile et suffit de voir la désillusion chez les russes, une lecture intéressante sur russia beyond the headlines en dit long, rappel également des mesures prises sur le crédit par les chinois, sans oublier qu'en afrique (mugabe etc) parlent de revenir vers les occidentaux...

A l'heure actuelle, les maitres du jeu sont les américains et ils pourraient porter le coup de grace au pays émergents et surtout au chinois...

Votre analyse n'est valable que par le spectre de quelques éléments, il faut refaire la chronologie des événements pour se rendre compte de la chose et ne pas oublier bien des pays et leurs implications dans l'ensemble, rien que la diminution des ambitions chinoise en Afrique, la chute vertigineuse dans le cuivre de la présence chinoise en dit long...

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