Le commerce en mer Noire miné par la guerre
Paul Marion
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Un sous-marin russe sillonne entre les navires au large d'Istanbul en février 2022.
YORUK ISIK
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Un sous-marin russe sillonne entre les navires au large d'Istanbul en février 2022.
YORUK ISIK
A chaque départ de navire chargé de céréales depuis les ports de Tchornomorsk ou Odessa, le monde retient son souffle. A la suite de l'accord entre Russes, Turcs et Ukrainiens sous le parrainage de l'ONU scellé le 22 juillet, les exportations de céréales ukrainiennes ont timidement redémarré le 1er août. Les quantités transportées sont faibles, presque insignifiantes au regard de ce qu'elles furent avant l'invasion russe.
Pourtant, elles accaparent l'attention des grandes puissances, des pays africains, arabes qui attendent désespérément ces céréales et, évidemment, des pays riverains de la mer Noire. Ces liaisons commerciales improvisées, qui sillonnent entre les mines sous-marines et les bâtiments de guerre russes, racontent la fragilité nouvelle du commerce en mer Noire.
« Avant la guerre en Ukraine, la mer Noire était un point de transit majeur pour les céréales ukrainiennes et russes vers le Moyen-Orient. Le trafic légal était intense, avec des échanges bilatéraux entre les pays de la mer Noire, et internationaux. Chaque pays exportait ses ressources avec de grandes différences, en fonction de ce chacun produisait, même si les céréales et les hydrocarbures restaient les principales ressources commerciales. Désormais, le commerce légal est interrompu ou réduit », analyse Michael Eric Lambert, spécialiste renseignement en mer Noire chez Pinkerton, une agence de conseil en sécurité. Ce dernier déplore en revanche qu'il soit impossible de chiffrer précisément le ralentissement des échanges, tant les données de transit maritime sont jalousement gardées par les nations qui bordent la mer, quand elles ne sont pas manipulées.
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Si une région de la mer Noire illustre cette paralysie du commerce, il s'agit bien du littoral ukrainien et russe. Sur ce théâtre de guerre, les grands ports ukrainiens sous blocus se trouvent dans le viseur des navires militaires russes. La marine aux ordres de Moscou frappe - selon ses objectifs - des infrastructures d'export comme à Odessa, ou pilonne les quartiers à l'intérieur des villes comme à Marioupol. Difficile de faire des affaires avec le reste du monde sur ces quais déserts et en ruine. Soumise aux sanctions, la Russie a elle perdu des marchés à l'export.
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