Le déficit commercial américain s'est encore creusé juste avant l'arrivée de Trump
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Le déficit commercial avec la Chine a augmenté d'environ 8 % sur un an.
Brian Snyder
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Le déficit commercial avec la Chine a augmenté d'environ 8 % sur un an.
Brian Snyder
Voilà qui ne peut que conforter Donald Trump dans sa politique de rééquilibrage de la balance commerciale américaine. Le département du Commerce a annoncé, ce mercredi, que le déficit commercial du pays s'est élevé sur l'année 2024 à près de 920 milliards de dollars. Il s'agit d'une hausse de plus de 17 % sur un an (+133 milliards de dollars).
Pire encore, le déficit des échanges de biens et services s'est encore aggravé sur le dernier mois de l'année. Il a ainsi atteint 98,4 milliards de dollars en décembre, soit une hausse de près de 25 % par rapport au mois précédent. La hausse sur le dernier mois est supérieure aux attentes des analystes, qui prévoyaient une augmentation un peu moins marquée du déficit sur décembre, à 96,8 milliards de dollars, selon le consensus publié par MarketWatch.
Les Américains continuent donc toujours d'importer plus que ce qu'ils exportent. À noter d'ailleurs que si les exportations ont augmenté tout au long de l'année passée, sur le dernier mois de l'année en revanche, elles sont en recul alors que les importations ont sensiblement progressé. Cette baisse des exportations en décembre s'explique par un recul des produits pétroliers et pharmaceutiques, que la hausse des ventes dans l'aviation civile ne permet pas de compenser. À l'inverse, les États-Unis ont augmenté leurs importations d'équipement informatiques, produits de consommation (jouets, smartphones, etc), traditionnel en période de fêtes.
Sur l'ensemble de l'année écoulée, la distribution géographique du déficit commercial, pour les biens, reste globalement inchangée, le plus important restant une fois de plus lié aux échanges avec la Chine, à près de 300 milliards de dollars sur un an. Il s'agit d'une hausse d'environ 8 % sur un an puisque le déficit était de 278 milliards de dollars en 2023.
Une évolution qui ne va pas plaire à Donald Trump qui souhaite rééquilibrer les échanges avec l'ex-Empire du Milieu. Si la Chine est passée de l'équivalent de plus de la moitié du déficit extérieur américain en 2016 à 25 % aujourd'hui, le Républicain ne devrait pas s'en satisfaire. « Plus les droits de douane sont élevés, plus une entreprise a de chances de s'implanter aux États-Unis » et de produire localement, avait-il notamment expliqué le 16 octobre.
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Chose dite, chose faite. Depuis mardi, une taxe additionnelle de 10 % est appliquée sur toutes les exportations chinoises. Cette mesure sert officiellement de pression pour que Pékin lutte contre l'envoi de fentanyl aux États-Unis, mais aussi pour rééquilibrer les échanges. Le président américain reconnaît d'ailleurs volontiers utiliser cette hausse des droits de douane aussi comme levier pour obtenir des « deals » avec les pays visés.
Pékin ne compte cependant pas se laisser faire. Dès le 10 février prochain, la Chine prévoit d'imposer, elle aussi, des droits de douane aux produits américains. D'une part, de 15 % sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains. Et, d'autre part, de 10 % sur les importations de pétrole et à d'autres catégories de biens venant des États-Unis (machines agricoles, véhicules de sport de grosse cylindrée et camionnettes). Pas de quoi faire changer d'avis le milliardaire. « Nous nous en sortirons très bien face à la Chine comme face à tous les autres pays », a assuré Donald Trump cette semaine, ajoutant que les États-Unis « étaient à nouveau respectés ».
Dans le palmarès des pays ayant le plus gros déficit commercial avec l'oncle Sam, l'Union européenne reste en deuxième position. La différence entre ses importations et exportations vers les États-Unis a été de 235 milliards de dollars en 2024, en hausse près de 13 % sur un an.
La situation est cependant variable d'un pays à l'autre, avec un déficit commercial important avec l'Allemagne (84 milliards), l'Irlande (86 milliards) ou l'Italie (44 milliards) mais un excédent commercial avec les Pays-Bas (55 milliards), la Belgique (6 milliards) ou l'Espagne (2,5 milliards). Reste que, globalement, les Vingt-sept vendent davantage de biens vers les États-Unis qu'ils n'en importent dans tous les secteurs, à l'exception des matières premières et des hydrocarbures.
Ce constat pourrait faire voir rouge au président américain. Il avait déjà déclaré, fin janvier, que l'UE était « très mauvaise » pour les États-Unis. « Ils nous traitent très mal. Ils ne prennent pas nos voitures ou nos produits agricoles. En fait, ils ne prennent pas grand-chose », avait-il déclaré. Si pour le moment, ce dernier n'a pas annoncé de droits de douane sur les pays européens, il laisse planer une épée de Damoclès sur le Vieux continent. « Est-ce que je vais imposer des droits de douane à l'Union européenne ? Vous voulez la vraie réponse ou la réponse diplomatique ? Absolument. L'UE nous a très mal traités », a même déclaré Donald Trump à des journalistes présents dans le Bureau ovale le 1er février.
Ni une, ni deux, lundi, les dirigeants des 27, réunis à Bruxelles, ont averti Donald Trump qu'ils étaient prêts à réagir en cas d'imposition de droits de douane sur leurs exportations vers les États-Unis. « Mais il est également important de maintenir le bon équilibre », a précisé Ursula von der Leyen, afin d'éviter une guerre commerciale, « qui n'est dans l'intérêt de personne ».
Quant aux pays qui ont failli se voir imposer 25 % de droits de douane avant que Donald Trump ne les suspende, le Canada et le Mexique, les comptes sont mitigés. Le déficit avec son voisin du nord affiche un léger recul à 63 milliards de dollars en 2024.
Pour le pays au sud des États-Unis en revanche, le déficit a augmenté de 12,7 % sur un an pour s'afficher à 172 milliards de dollars. Cette nouvelle pourrait de nouveau faire planer la menace d'une instauration de droits de douane. Ces derniers n'ont en effet été suspendus que jusqu'à début mars.
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Mais le président américain justifiait ses droits de douane par le manque d'importance donné par le Mexique à la lutte contre le narcotrafic vers les États-Unis. Or, Mexico a commencé à déployer, mardi, 10 000 agents de la Garde nationale à la frontière américaine. Reste maintenant à voir si Donald Trump tiendra parole ou s'il trouvera un nouveau prétexte pour freiner les exportations mexicaines.
(Avec AFP)
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