Le Japon affiche ses inquiétudes sur son économie

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Shinzo Abe est confronté aux résultats très contrastés de son plan de relance économique.
Shinzo Abe est confronté aux résultats très contrastés de son plan de relance économique. (Crédits : © Toru Hanai / Reuters)
Le gouvernement japonais a révisé à la baisse ses perspectives économiques prenant ainsi acte de la très mauvaise performance de la production industrielle en août, mais également du ralentissement économique de la Chine. Les investisseurs s'attendent à une amplification de la politique expansionniste de la Banque centrale japonaise, mais également à de nouvelles mesures gouvernementales.

Le gouvernement japonais a révisé en baisse mercredi 14 octobre son appréciation de l'économie nippone au vu du fléchissement de la production industrielle, un signe inquiétant suggérant que la reprise cale avec le ralentissement de la demande provenant de l'extérieur du pays.

Un optimisme mesuré...

C'est la première fois depuis octobre 2014 que le gouvernement nippon revoit en baisse son appréciation sur l'économie locale. Dans son rapport mensuel sur l'économie, le gouvernement s'est également montré plus pessimiste sur la production industrielle, sur fond de ralentissement de l'activité manufacturière et de progression des stocks.

"La tendance est à la reprise graduelle de l'économie mais il reste quelques secteurs où la faiblesse (persiste)", relève le gouvernement en soulignant le récent fléchissement de la production industrielle.

Le mois dernier, le gouvernement japonais avait évoqué un redémarrage de l'économie malgré quelques points de ralentissement de la reprise.

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Une production industrielle très décevante en août

La production industrielle a contre toute attente reculé en août dans l'archipel, conduisant certains économistes à anticiper une contraction du produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre juillet-septembre. L'économie nipponne se trouverait alors en situation de récession technique, après sa contraction du deuxième trimestre.

Le gouvernement observe une diminution des exportations, comme dans son précédent rapport, tandis que la consommation des ménages se maintient.

De leur côté, les dépenses d'investissement montrent des signes de reprise mais des économistes jugent que la tendance reste floue sur ce point, les données restant mitigées.

La Banque du Japon et le gouvernement sous pression

Ce tableau d'ensemble assez sombre accroît les enjeux de la prochaine réunion de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) et accentue l'attention portée sur les choix économiques du Premier ministre Shinzo Abe.

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Les intervenants des marchés s'attendent à ce que la BoJ étende son programme d'assouplissement quantitatif (QE) lors de sa réunion du 30 octobre et révise en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation.

Le Premier ministre a tenté d'insuffler un nouvel élan à son programme économique avec une série d'annonces sur l'amélioration du système de protection sociale et son adaptation au vieillissement accéléré de la population japonaise. Mais certains spécialistes craignent que les nouvelles mesures proposées par Shinzo Abe soient trop vagues et ne permettent pas de donner la nette impulsion escomptée.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/10/2015 à 16:34 :
Le japon a choisi de délocaliser certaines productions de leurs marques emblématiques. L'augmentation de la marge ainsi réalisée ne compense pas la perte de confiance des clients. J'achetais autrefois beaucoup de matériel "Made in Japan" qui était une référence de qualité. Mais j'achète maintenant des marques coréennes qui ont devancés les japonais, tant en terme de qualité que d'innovation.
Réponse de le 14/10/2015 à 20:16 :
C'est un peu comme la marque Apple, beaucoup trop cher pour ce que c'est.
a écrit le 14/10/2015 à 12:45 :
La situation du pays est des plus graves. C'est lui rendre service que de boycotter ses produits, en effet c'est une classe dirigeante statique qui gèle toute fusion cohérente et toute amélioration de l'organisation des entreprises qui domine le Japon. Dans le même temps les évolutions extérieures et les ordres américains à sa captive engendrent une situation inextricable que seul un choc de défiance des consommateurs pourrait dénouer en partie. Le Japon doit négocier avec chacun des grands pays des compensations financières ou stratégiques pour que sa délirante course dans le vide puisse se poursuivre. Cette Grèce du Pacifique devra s'attaquer aux réformes dures sans délai. On doute que ce ne soit fait sans injonction forte.
Réponse de le 15/10/2015 à 8:31 :
Si selon vous, le Japon est la Grèce du pacifique, nous sommes d'accord pour dire que la France est l'Haïti de l'Europe...

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