Le Liban ne peut plus payer ses dettes et veut négocier avec ses créanciers
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Le Premier ministre libanais Hassan Diab
Mohamed Azakir
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Le Premier ministre libanais Hassan Diab
Mohamed Azakir
Secoué par une profonde crise économique, le Liban ne peut plus payer ses dettes pour la première fois de son histoire. Hassan Diab, le Premier ministre libanais a annoncé ce samedi que le pays ne paierait pas le 1,2 milliard d'Eurobonds (des bons du Trésor émis en dollar par l'Etat, dont une partie est détenue par les banques et la Banque centrale ) arrivant à échéance dans deux jours.
Le Liban croule sous une dette de 92 milliards de dollars, soit environ 170% de son produit intérieur brut (PIB), selon l'agence internationale Standard and Poor's (S&P), l'un des ratios les plus élevés au monde. Les banques libanaises, qui détiennent une grande partie de la dette publique -dont près de la moitié des 30 milliards d'Eurobonds -, ont récemment appelé l'Etat à éviter un défaut de paiement, qui creuserait leur manque de liquidités notamment en dollars. Craignant un épuisement de leurs réserves en devises étrangères, les banques ont déjà imposé des restrictions drastiques ces derniers mois, plusieurs établissements plafonnant les retraits à 100 dollars par semaine et interdisant les transferts d'argent vers l'étranger.
De nombreuses voix se sont élevées ces dernières semaines pour réclamer une restructuration de la dette afin d'accorder au gouvernement un délai supplémentaire afin de mener des réformes profondes pour remettre le pays sur la bonne voie.
Au Liban, le dollar est utilisé au quotidien au même titre que la livre libanaise et les Libanais craignent l'accélération de la perte de valeur de leur monnaie. La livre libanaise a perdu 40% de sa valeur depuis l'automne. Indexée sur le billet vert depuis 1997 au taux fixe de 1.507 livres pour un dollar, elle a récemment frôlé les 2.700 livres pour un dollar sur le marché parallèle, poussant la banque centrale à émettre vendredi une circulaire plafonnant le taux dans les bureaux de change à 2.000 livres pour un dollar.
La rue impute la situation actuelle à un cumul de mauvaises politiques au cours des trois dernières décennies. Le pays a commencé à s'endetter massivement à la fin de la guerre civile (1975-1990) pour reconstruire le pays. Mais faute de réformes et de bonne gouvernance, le déficit public n'a eu de cesse de se creuser au fil des ans et les banques locales ont continué d'acheter des bons du trésor. Conséquence: la dette publique a bondi de quelques milliards de dollars au début des années 1990 à plus de 90 milliards de dollars. Samedi, des manifestants ont défilé à Beyrouth pour crier leur colère.
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A la demande de l'Etat, une mission d'urgence du Fonds monétaire international (FMI) a été dépêchée le mois dernier mais aucune assistance financière de l'institution n'a été annoncée pour le moment.
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Le Liban a longtemps compté sur les aides internationales. En avril 2018, une aide de 11,6 milliards de dollars a été promise lors d'une conférence parrainée par la France mais les fonds n'ont toujours pas été débloqués faute de réformes.
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