Le monde connaît sa plus vaste crise économique depuis 150 ans, selon la Banque mondiale

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À New York, des centaines d'habitants font la queue lors d'une distribution alimentaire pour les personnes dans le besoin, le 12 mai 2020.
À New York, des centaines d'habitants font la queue lors d'une distribution alimentaire pour les personnes dans le besoin, le 12 mai 2020. (Crédits : Reuters)
L'institution estime par ailleurs qu'entre 70 et 100 millions de personnes pourraient basculer dans l'extrême pauvreté.

L'économie planétaire doit se contracter de 5,2% cette année à cause du nouveau coronavirus, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est le nombre de pays qui se retrouveront en récession qui fait de cette crise la pire depuis la Grande Dépression des années 1870, a souligné ce lundi la Banque mondiale

La pandémie de Covid-19 a eu un impact économique "rapide et massif" qui n'a jamais affecté autant de pays depuis 150 ans, et ce, malgré l'aide massive des gouvernements, selon les nouvelles prévisions de l'institution publiées ce lundi.

"Nous avons assisté à une relance monétaire et budgétaire sans précédent dans les économies avancées, de même que dans les marchés émergents et en développement", a souligné Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la division Croissance équitable et Finance, lors d'une conférence téléphonique.

Pour autant, il faudra plus pour une reprise, estime-t-elle. "Il s'agit d'un choc dévastateur dans toutes les économies qui ont besoin d'une action mondiale urgente", a-t-elle ajouté.

"C'est une crise qui devrait laisser des cicatrices pendant longtemps et poser d'immenses défis à l'échelle mondiale".

Lire aussi : Covid-19 : des répercussions profondes sur l'économie mondiale

Extrême pauvreté

La Banque mondiale estime ainsi qu'entre 70 et 100 millions de personnes pourraient basculer dans l'extrême pauvreté, effaçant ainsi les progrès réalisés les trois dernières années dans la lutte contre la pauvreté.

Lire aussi : Covid-19 : 500 millions de personnes menacées de pauvreté dans le monde

Avant cette crise sanitaire, l'institution tablait sur une nouvelle baisse en 2020 de la proportion de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

La pandémie qui s'est déclenchée en fin d'année dernière en Chine touche la très grande majorité des pays dans le monde.

Lire aussi : Coronavirus : le point, sanitaire et économique, dans le monde

Elle a fait plus de 400.000 morts selon le recensement des chiffres officiels par l'AFP.

Pour freiner la contamination et surtout éviter que les systèmes de santé ne soient totalement débordés, de nombreux pays ont pris des mesures de confinement qui ont mis leur économie respective à genoux.

Vers une crise financière ?

Et si la Banque mondiale prévoit un rebond en 2021, le risque d'une deuxième vague d'infections, en l'absence de vaccin, n'est pas écarté, ce qui pourrait miner la reprise.

Si la Chine, deuxième puissance économique mondiale, est quasiment la seule des grandes économies à afficher de la croissance cette année, le ralentissement est tel qu'il va contrarier la reprise dans les pays en développement, a mis en garde l'institution de Bretton Woods.

Pour les seules économies avancées dont la consommation et l'offre se sont effondrées sous l'effet de la paralysie du secteur des transports, de l'hôtellerie et de la restauration ainsi que des loisirs, la contraction s'élèvera à 7%, estime pour l'heure la Banque mondiale.

Le PIB des marchés émergents et les économies en développement devraient reculer de 2,5%, "la première contraction pour ce groupe de pays depuis au moins soixante ans".

Ayhan Kose, directeur des perspectives de développement, a souligné au cours de la conférence téléphonique, la difficulté de faire des prévisions pour une crise s'apparentant à un désastre naturel.

Aussi l'institution a-t-elle prévu un scénario du pire: en cas de seconde vague de la pandémie ou si les autorités étaient contraintes de reprendre des mesures de confinement, le PIB mondial pourrait alors se contracter de 8%.

"Ces interruptions de l'activité pourraient forcer des entreprises à cesser leur activité et à rembourser leur dette", mettent en garde les auteurs du rapport, alors que l'endettement des entreprises privées étaient déjà un sujet de préoccupation avant la crise sanitaire.

Lire aussi : Les compagnies aériennes face au mur de la dette

Enfin, quand bien même, la reprise avec un taux de croissance de 4,2% l'année prochaine se matérialisait, "dans de nombreux pays, les profondes récessions provoquées par le Covid-19 devraient peser sur la capacité de croissance pour les années à venir", note le rapport.

La semaine dernière, le président de la Banque Mondiale, David Malpass, avait, lui, déploré le manque d'investissements qui va ralentir la reprise.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2020 à 17:29 :
Pas d'accord: la crise n'a pas pour origine un défaut d'un quelconque facteur économique; elle résulte de décisions gouvernementales exclusivement. Sous prétexte d'un risque d'épidémie, d'ailleurs non maitrisé, nos gouvernements ont arrêté la perfusion qui assure notre survie depuis la nuit des temps: la production de richesse. Cette alerte salutaire prouve notre vulnérabilité et l'insuffisance de tous les gouvernements, quel que soit le régime dont ils se réclament.
a écrit le 09/06/2020 à 10:49 :
Signification d’une crise mondiale :
La crise mondiale touche tout le monde , hors nous savons que ce n’est pas le cas , les riches deviennent plus riches et toujours plus riches
et «  la populasse doit « se débrouillent «  avec les bavures et décisions des élites riches «  ....
Ceci est leur règle de base.
La crise est uniquement pour la «  populasse « 
Les «  sans dents comme «  dirait la glorieuse et gloutonne caviar - bobos de gauche qui ont piétiné «  honteusement nos «  valeurs « 

Ils nous ont trompé depuis 1980 avec leur soit disant « humanisme « , aujourd’hui nous constatons leurs mensonges .
Aucune honte de mentir ? N’est ce pas le ps ?
D’ailleurs le lr- ex ump n’est pas mieux avec les miettes qu’ils ont distribué sur les bas salaires sous Fillon , une miette par rapport aux océans détournés..,
Aujourd’hui pas de pression , ils proposent encore un tour de manège ... aux FR...
Aucune honte ces gens là ... ils ne se regardent pas ds un miroir ou quoi ?
a écrit le 09/06/2020 à 8:48 :
Les bourses mondiales nous racontent une autre histoire.
Réponse de le 09/06/2020 à 13:34 :
Absolument. Les bourses sont en pleine euphorie. Et personnellement, autour de moi, je ne vois aucun signe de crise. C’est même plutôt le contraire, avec la frustration de ne pas avoir pu consommer pendant 2 mois, les dépenses repartent très fortement. Et je ne parle pas de l’immobilier, qui est mon secteur, actuellement on n’a quasi pas le temps d’afficher un bien à la vente, que le compromis est déjà signé. C de la folie et beaucoup de français ont raison en disant que c’est le bon moment pour acheter de l’immobilier. Les taux sont encore très bas, il faut en profiter.
a écrit le 09/06/2020 à 0:47 :
Techniquement, notre système est en crise même quand les économistes pensent qu'il va bien. Car plus l'économie va bien, plus nous détruisons rapidement nos ressources. Et quand il n'y aura plus de ressources, il n'y aura plus d'économie non plus.
a écrit le 08/06/2020 à 21:21 :
Et pourquoi pas depuis les Pyramides ? Tous ceux qui vivaient en 1870 sont en 2020 morts depuis longtemps . Alors à vouloir trop impressionner , c'est plutot : Tout ce qui est excessif est insignifiant .
a écrit le 08/06/2020 à 18:53 :
""C'est une crise qui devrait laisser des cicatrices pendant longtemps et poser d'immenses défis à l'échelle mondiale"."

Phrase qui pour nous autres citoyens européens, victimes permanentes de l'UE à savoir cette entité de pays incapables de s'entendre entre eux et ce depuis des décennies, est particulièrement parlante quand à l'espoir d'un "monde d'après".

La mondialisation du fric s'étant accompagnée d'une mondialisation de la bêtise la plus abjecte qu'il soit, je propose que nous essayions enfin une mondialisation humaine.

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