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Le monde ne redeviendra pas à ce qu'il était avant le Covid et la guerre en Ukraine prévient la Berd

latribune.fr

Publié le 22 novembre 2022 à 10:07 - Mis à jour le 22 novembre 2022 à 10:35

Ukraine: deux soldats russes captures plaident coupable de crime de guerre

Une telle conjonction d'événements aurait été difficile à gérer pour les gouvernements ou les entreprises si elle s'était étalée sur une décennie selon la Berd.

Stringer .

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La vie ne reprendra pas son cours « comme si de rien n'était » après la pandémie et les conséquences de la guerre en Ukraine avertit la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Les économies mondiales doivent donc s'adapter aux changements dus à ces deux crises.

Afflux massif de réfugiés en Europe depuis le début de la guerre en Ukraine, entreprises endettées à des niveaux record, inflation très élevée... Le monde est touché de plein fouet par les effets de la guerre en Ukraine après ceux de la pandémie liée au Covid-19.

Une telle conjonction d'événements, qui aurait déjà été difficile à gérer pour les gouvernements ou les entreprises si elle s'était étalée sur une décennie, « s'est produite en l'espace de seulement trois ans », relève Beata Javorcik, économiste en chef à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

« Et avec la perspective de nouvelles turbulences à venir, il est clair qu'il n'y aura pas de retour, comme si de rien n'était, aux affaires de la période pré-pandémie »,poursuit l'économiste, citée dans un rapport intitulé«Business Unusual»(affaires inhabituelles) publié ce mardi 22 novembre.

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Pour redresser l'économie mondiale, l'arrêt de la guerre en Ukraine est le meilleur antidote (Janet Yellen)

100 millions de déplacés d'ici fin 2022

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a entraîné « le plus grand déplacement forcé de personnes en Europe depuis les années 1940 », relève la Berd dans son rapport. Mais cet afflux de réfugiés ukrainiens a aussi « le potentiel d'augmenter la main-d'œuvre de l'Union européenne d'environ 0,5% d'ici la fin de 2022. Cela pourrait atténuer certaines pénuries de travailleurs dans les économies européennes, qui vieillissent rapidement », ajoute l'organisation. Le rapport révèle ainsi que près de trois réfugiés ukrainiens sur dix en Europe sont déjà employés dans leur pays d'accueil.

De manière générale, « le nombre de personnes déplacées contre leur gré - que ce soit à l'intérieur ou au-delà des frontières internationales - a considérablement augmenté ces derniers temps. Le chiffre total dans le monde doit dépasser les 100 millions d'ici fin 2022 », note le rapport. Près des deux tiers de tous les réfugiés viennent de Syrie, d'Ukraine, de Cisjordanie et de Gaza, du Venezuela ou d'Afghanistan, et près de la moitié sont des enfants. Le rapport relève notamment que les populations concernées sont « devenues beaucoup plus tolérantes envers les réfugiés dans leurs pays », depuis qu'une guerre a explosé aux portes de l'UE, une proximité qui facilite l'empathie avec les déplacés.

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Entreprises « zombies » et chaînes d'approvisionnement à revoir

En revanche, les économies de ces pays connaissent encore d'importantes difficultés, selon le rapport, qui souligne par exemple que les entreprises sont touchées par des niveaux d'endettement record. De nombreuses « entreprises zombies » - endettées et en difficulté - évitent pourtant le défaut de paiement grâce à un accès à des financements bon marché. Un phénomène qui pénalise les compagnies plus saines dans ces pays, estime la Berd.

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Pour éviter la « zombification » dans le secteur des entreprises, l'institution estime que les décideurs devraient progressivement retirer le soutien financier aux entreprises, renforcer la supervision bancaire, réformer les procédures de résolution de l'insolvabilité et développer les marchés privés de la dette et des actions.

Le rapport relève aussi que la multiplication des évènements météorologiques extrêmes augmente les risques pour les chaînes d'approvisionnement mondiales, « avec de graves implications pour la production, la fabrication et la distribution de biens dans le monde ». « Les considérations environnementales doivent devenir un élément central de la gestion des risques des entreprises », martèle la Berd. L'organisation estime en outre que les décideurs politiques pourraient envisager d'introduire des « stress tests » pour les chaînes d'approvisionnement dans les secteurs critiques, similaires à ceux effectués sur les banques après la crise financière mondiale de 2008.

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La crise de l'énergie pèse sur l'investissement des entreprises

Des économies de l'Est en difficulté

Beata Javorcik s'attend à ce que l'inflation - qui était de 16,5% en juillet - grimpe encore dans les régions d'activité de la Berd, qui comprend les pays d'Europe de l'Est et des pays du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Afrique du Nord. Ce notamment parce que « les prix élevés de l'énergie devraient persister jusqu'en 2024 ». Cette augmentation cumulée à celle de la nourriture pénalise particulièrement les ménages les plus pauvres et représente pour ceux-ci une part majeure de leurs dépenses.

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La Berd a abaissé en septembre à 3% sa prévision de croissance pour ses pays pour 2023, contre 4,7% auparavant, et les perspectives s'assombrissent encore. « Nous avions (en septembre) un scénario pessimiste avec un accès au gaz russe complètement coupé pour l'Europe et je pense que nous nous en rapprochons. Pour le moment, nous ne voyons aucun signe de reprise », insiste l'économiste, alors que la prochaine série de prévisions de croissance officielles de la banque est prévue en février.

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« L'Europe ne veut plus être l'otage d'un fournisseur qui prend le gaz comme une arme », Christophe Lecourtier (Business France)

(Avec AFP)

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