Pétrole : les cours hésitants après des données contradictoires en Chine
latribune.fr
Les cours du pétrole oscillent entre gains et pertes en raison « des préoccupations concernant l'économie chinoise », selon Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb. (photo d'illustration)
Les cours du pétrole hésitaient lundi, pris entre des données économiques contradictoires sur l'activité manufacturière en Chine, pays déterminant pour les investisseurs. Et pour cause, l'Empire du Milieu est moteur de la croissance mondiale de la demande en brut.
Les cours du pétrole tergiversent ce lundi. Vers 13 heures, heure de Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre baissait de 2,23% à 77,06 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en octobre, perdait 0,12%, à 73,64 dollars.
Les cours d'or noir oscillent entre gains et pertes en raison « des préoccupations concernant l'économie chinoise », indique Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb.
Selon un indice indépendant publié ce lundi, l'activité manufacturière en Chine a repris des couleurs en août, un signe encourageant de la santé du monde industriel apportant un certain soutien aux prix. L'indice d'activité des directeurs d'achat (PMI), calculé par le cabinet S&P Global et le média économique chinois Caixin, s'est établi à 50,4 points le mois dernier - contre 49,4 points en juillet. Un chiffre supérieur à 50 témoigne d'une expansion de l'activité. En deçà, il traduit une contraction.
Un indice indépendant à rebours des données officielles
Le nombre de nouvelles commandes a renoué avec la croissance, selon l'enquête publiée dans un communiqué commun Caixin-S&P Global. L'amélioration de la demande a par ailleurs conduit à une stabilisation des niveaux de personnel dans les entreprises, après une longue période de déclin de 11 mois.
« Dans l'ensemble, le secteur manufacturier a connu une amélioration en août, un mois marqué par une expansion stable de l'offre et de la demande », souligne Wang Zhe, économiste pour Caixin, cité dans le communiqué.Mais« des problèmes majeurs tels que l'insuffisance de la demande intérieure, les incertitudes significatives en matière de demande internationale et le faible optimisme du marché persistent », prévient-il, appelant les autorités à accroître leur soutien à l'activité.
Les chiffres vont à rebours des données officielles, qui font état d'une contraction. L'indice PMI officiel publié samedi par le Bureau national des statistiques (BNS) avait montré un net recul de l'activité manufacturière, à 49,1 points en août - une contraction encore plus forte que le mois précédent (49,4). L'enquête Caixin-S&P Global sonde principalement des petites et moyennes entreprises, tandis que le baromètre officiel se concentre sur les grands groupes industriels étatiques, ce qui explique les écarts entre les deux PMI.
L'économie chinoise scrutée
Les investisseurs scrutent l'état de santé de l'économie chinoise depuis le ralentissement de la croissance au deuxième trimestre, le pays étant le premier importateur de brut au monde.
« À l'avenir, les données économiques chinoises seront examinées afin de déterminer comment la puissance asiatique se maintient au cours du troisième trimestre », souligne Kathleen Brooks, de XTB.
Pour rappel, la reprise post-Covid en Chine a été brève et moins robuste qu'attendue. Certains secteurs ont largement retrouvé des couleurs (notamment les services et le tourisme ou encore l'automobile). Mais le géant asiatique est en proie à une crise inédite de son vaste secteur immobilier, une confiance morose des ménages et des entreprises, ce qui pénalise la consommation, tandis que les tensions géopolitiques avec Washington et l'Union européenne menacent son commerce extérieur.
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Le marché reste par ailleurs attentif aux « signes de plus en plus évidents que l'Opep+ (l'Organisation des pays exportateurs de brut et leurs alliés, ndlr) augmentera effectivement sa production au 4ème trimestre 2024, comme cela avait été annoncé », rappelle Bjarne Schieldrop. Début juin, l'alliance avait annoncé qu'elle pourrait réintroduire progressivement environ 2,5 millions de barils par jour dès octobre, avec la fin des réductions volontaires supplémentaires de certains membres et l'augmentation de l'objectif de production des Émirats arabes unis.