Empêtrée dans une guerre civile depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux pouvoirs rivaux. Le conflit entre les deux camps a mis à l'arrêt la production de pétrole et le gouverneur de la banque centrale a été écarté. L'ONU craint un « effondrement financier et économique du pays ».Depuis 2020 et la fin de la seconde guerre civile, la Libye est gouvernée par deux exécutifs rivaux. A l'Ouest du pays et dans la capitale Tripoli, le Premier ministre du Gouvernement d'Union Nationale, Abdel Hamid Dbeibah est reconnu par l'ONU, malgré l'absence d'élection depuis 2014. A l'Est, un second pouvoir résiste et est soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar, lequel contrôle les immenses réserves de pétrole.
Ainsi, treize ans après la mort de l'autocrate Mouammar Kadhafi, les richesses pétrolières de l'Est - majoritairement contrôlées par le clan Haftar -, restent au cœur de la crise, le pays étant dépendant de son or noir. Le réactivation des tensions entre les différents clans a d'ailleurs fait bondir de 50% la violence politique entre des milices et groupes armés au cours du mois de juillet dernier, selon un rapport d'ACLED.
La banque centrale au cœur des convoitises
Dans ce contexte, le 18 août, c'est le gouverneur de la banque centrale libyenne (BCL), Sadiq el-Kebir, qui a fait les frais de la montée des tensions entre les deux camps. Au cœur de Tripoli, des hommes du Premier ministre Dbeibah ont pris le contrôle de l'institution bancaire. Et pour cause, elle capte une grande partie des bénéfices pétroliers.
Pourtant, le chef d'Etat libyen et le gouverneur Sadiq el-Kebir ont pu tisser de nombreux liens par le passé, raconte Jalel Harchaoui, chercheur associé à l'université britannique RUSI et spécialiste de la Libye. Pendant de longs mois, le patron de la banque centrale, Sadiq el-Kebir, acceptait, en effet, de financer les projets d'infrastructures de Dbeibah et du gouvernement de Tripoli.