Le ton monte entre l'Iran, la Grèce et les Etats-Unis après la saisie par Téhéran de deux pétroliers grecs

Le 27 mai, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont saisi deux pétroliers grecs dans les eaux du Golfe quelques semaines après que la Grèce ait, elle, saisi un pétrolier russe transportant du pétrole iranien.

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L'Iran a saisi deux pétroliers grecs dans les eaux du Golfe le 27 mai par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.
L'Iran a saisi deux pétroliers grecs dans les eaux du Golfe le 27 mai par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran. (Crédits : STAFF)

« Une saisie injustifiée.» C'est dans ces termes que les Etats-Unis ont qualifié la détention par l'Iran de deux pétroliers grecs. Ces derniers ont été saisis dans les eaux du Golfe le 27 mai par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran qui ont justifié leur acte « en raison de violations (...) commises» par les deux navires, selon un communiqué publié sur leur site, sans donner d'autres détails.

L'un des bateaux, baptisé le Delta Poseido, naviguait dans les eaux internationales, alors que le second, qui n'a pas été nommé, se trouvait près des côtes iraniennes, selon le ministère grec des Affaires étrangères qui avait alors dénoncé des actes «assimilables à de la piraterie». Il avait indiqué que neuf Grecs faisaient partie des équipages des deux navires, refusant toutefois de donner le nombre total des marins à bord. De leurs côtés, les autorités iraniennes ont assuré que les équipages étaient restés à bord et étaient en bonne santé.

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C'est maintenant au tour des Etats-Unis d'élever la voix pour tenter de convaincre l'Iran de relâcher les deux navires. Le secrétaire d'Etat Antony Blinken s'est entretenu lundi au téléphone avec le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias, et les deux hommes «ont convenu que l'Iran devait relâcher immédiatement les vaisseaux saisis, leurs chargements et leurs équipages», a indiqué le porte-parole du département d'État Ned Price qui dénonce une «menace pour la sécurité maritime», dans un communiqué. «Les Etats-Unis se tiennent aux côtés de la Grèce, notre allié clé de l'Otan et partenaire face à cette saisie injustifiée », a assuré Ned Price. «Le harcèlement continu par l'Iran de vaisseaux, et ses interférences avec les libertés et droits de navigation internationaux, sont une menace pour la sécurité maritime et l'économie mondiale», a-t-il ajouté.

Saisie d'un pétrolier russe revendiqué par l'Iran

La prise de ces deux navires intervient alors que les autorités grecques ont saisi, le 19 avril au large de l'île d'Eubée, le pétrolier russe Pegas, en vertu des sanctions européennes liées à la guerre en Ukraine. Le tanker avait été rebaptisé quelques jours plus tard Lana. Or selon les informations de l'époque, le pétrolier transportait 115.000 tonnes de pétrole iranien.

Mercredi dernier, une porte-parole de la police portuaire grecque a dit à l'AFP que ce pétrole serait «transféré aux Etats-Unis (...) à la suite d'une demande de la justice américaine». Après cette annonce, le ministère des Affaires étrangères iranien a convoqué vendredi le chargé d'affaires suisse, qui représente les intérêts américains en raison de la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran après la Révolution islamique de 1979. Téhéran accuse Washington de «violation claire du droit maritime et des conventions internationales» et appelle à «lever immédiatement la saisie du navire et de son chargement», d'après un communiqué publié sur le site du ministère des Affaires étrangères.

L'Iran a également rappelé son opposition à« la pression et à l'intervention du gouvernement américain» qui ont mené à la saisie du navire. Car selon Téhéran, il est sous la «souveraineté de la République islamique». Or, selon les documents aux mains des garde-côtes grecs, le pétrolier est toujours sous pavillon russe.

Les négociations sur le nucléaire au point mort

Ces incidents surviennent alors que l'Iran et les puissances mondiales sont toujours en pleine négociation pour tenter de rétablir l'accord sur le nucléaire. Le JCPOA (acronyme de l'accord de 2015), qui prévoit des restrictions drastiques au programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales, est moribond depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump. L'élection de Joe Biden à la Maison Blanche a permis de relancer les efforts pour le faire revivre, mais les négociations sont à l'arrêt depuis deux mois, alors même qu'un projet de texte semblait à portée de signature.

L'un des principaux points de friction est la demande de Téhéran de retirer les Gardiens de la liste noire américaine des « organisations terroristes », une demande rejetée par Washington. De leurs côtés, les Etats-Unis ont estimé, mi-mai, qu'un compromis avec l'Iran pour sauver l'accord était «loin d'être acquis» et que l'Iran devait «décider s'il insiste sur des conditions qui n'ont rien à voir» avec le nucléaire «ou s'il veut conclure un accord rapidement», selon un porte-parole de la diplomatie américaine. «Nous et nos partenaires sommes prêts, depuis un certain temps déjà. La balle est dans le camp de l'Iran», avait-il ajouté.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 31/05/2022 à 15:54
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Visiblement la grèce ne semble pas comprendre la raison pour laquelle ses navires ont été saisis par l'iran ; la grèce s'est permises des un navires iranien . Simple réponse du berger à la bergère !!!

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