« Les entreprises sont les premières victimes des conflits géopolitiques »
Propos recueillis par Julien Gouesmat
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Un hélicoptère militaire houthi survole un cargo en mer rouge.
HOUTHI MILITARY MEDIA
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Un hélicoptère militaire houthi survole un cargo en mer rouge.
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Chaque année, le courtier en assurance des entreprises WTW (ex-Gras-Savoye) répertorie dans son index les tendances des risques. En 2025, Louis du Mesnil, directeur des risques politiques et des cautions et Salomon Journo, financial solution chez WTW, entrevoient une augmentation des risques d'agressions en zones grises pour les entreprises.
LA TRIBUNE - Pouvez-vous expliquer le concept des conflits en zone grise et comment il s'inscrit dans les dynamiques géopolitiques actuelles ?
Les conflits en zone grise désignent une série d'actions hostiles menées par des acteurs étatiques - ou non étatiques - dans le but d'affaiblir un adversaire sans déclencher un conflit ouvert. Ce sont des stratégies qui exploitent l'ambiguïté et utilisent une multitude de moyens : cyberattaques, sabotages, désinformation, manipulations économiques ou encore opérations paramilitaires clandestines. L'objectif est de causer des dommages de manière suffisamment indirecte pour éviter des représailles formelles et des escalades diplomatiques.
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Ce phénomène s'inscrit dans une évolution plus large des conflits internationaux, où la guerre n'est plus la seule manière de déclencher des hostilités pour laisser une place à des formes plus insidieuses de confrontation. Nous assistons aujourd'hui à une intensification de ces conflits hybrides, comparables à ceux de la guerre froide, mais avec un degré d'intensité plus élevé. Nous pouvons parler d'une « guerre froide plus chaude », car si ces conflits restent indirects, ils impliquent souvent des actions offensives bien réelles.
Propos recueillis par Julien Gouesmat