La France face à la régionalisation de la guerre civile en Libye

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Incontestablement, après avoir plutôt soutenu le maréchal Haftar (reçu par Emmanuel Macron le 9 mars), l'Elysée semble désormais vouloir se protéger. « Trop de coups à prendre », entend-t-on aujourd'hui dans les couloirs du pouvoir.
Incontestablement, après avoir plutôt soutenu le maréchal Haftar (reçu par Emmanuel Macron le 9 mars), l'Elysée semble désormais vouloir se protéger. « Trop de coups à prendre », entend-t-on aujourd'hui dans les couloirs du pouvoir. (Crédits : Reuters)
POLITISCOPE. En s'internationalisant, le conflit en Libye donne lieu à une redistribution des cartes. La Turquie qui veut devenir le leader régional joue un rôle actif en soutenant le président Fayez el-Sarraj contre l'opposition menée par le maréchal Haftar. La France qui a longtemps soutenu ce dernier est de plus en plus isolée dans le camp occidental. L'Europe, divisée, laisse la Russie, les Etats-Unis et la Turquie se partager l'influence géopolitique sur le pays.

C'est l'escalade. À l'ombre du covid-19, la guerre totale s'installe de jour en jour en Libye. Un scénario à la syrienne est aujourd'hui dans toutes les têtes, tellement l'internationalisation du conflit libyen est patente. Avant-hier, les Etats-Unis dénonçaient l'utilisation de Mig russes par le maréchal Haftar. Hier, la Turquie, engagée auprès du gouvernement d'union national (GNA), installé à Tripoli, reconnaissait la perte de plusieurs drones en action autour de Tripoli, ainsi que d'une frégate qui aurait été attaquée par un sous-marin égyptien. Dans un récent rapport, l'Onu s'inquiétait également des livraisons d'armes effectuées par la Turquie ou du soutien financier du Qatar pour les troupes du président Fayez el-Sarraj. Ainsi, la semaine dernière, Trump et Macron dénonçaient timidement les « ingérences » étrangères.

À l'inverse, le porte-parole de la présidence turque critiquait les partisans du maréchal Haftar, homme fort de l'Est et du sud Libyen, soutenu par les Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, et bien sûr l'Egypte. Ces trois Etats luttent contre les frères musulmans et la politique hégémonique de la Turquie en Méditerranée et au Moyen-Orient. Haftar, qui a été contraint de se replier ces derniers jours alors qu'il a lancé une grande offensive depuis près d'un an sur Tripoli, bénéficiait jusqu'à présent du soutien de Vladimir Poutine et, dans une moindre mesure, de la France...

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Commentaires
a écrit le 29/05/2020 à 5:29 :
micron et ses choix strategiques, tout un poeme.
a écrit le 28/05/2020 à 21:50 :
La Turquie va se prendre une claque à un moment ou un autre. Erdogan va mal finir...
Réponse de le 29/05/2020 à 12:15 :
En Turquie, ceux qui finissent mal, ce sont surtout ceux qui déplaisent à Erdogan.
a écrit le 28/05/2020 à 15:40 :
On peut donc affirmer que ce n'est certainement pas l'UE qui protège de la guerre mais l'ultra puissance américaine étant donné qu'aucun pays n'oserait générer un conflit sans leur aval. Les pays européens eux depuis l'UE ne faisant plus peur à qui que ce soit, il fallait neutraliser l'Allemagne après guerre, ils ont neutralisé l'Europe toute entière, va comprendre Charles.

Mais à quoi donc nous sert cette montagne d'emplois fictifs et de détournement d'argent public se reposant sur les seuls dumping fiscal et social ? Sinon merci quand même de citer une phrase, une énième, dont nous autres français, habitants dans le pays des droits de l'homme et de la démocratie, n'avons jamais été informés concernant la déclaration de Erdogan.

Je suis désolé mais dès la première année de son mandat notre pauvre président, oui je le plaint vraiment parce qu'il ne se rend pas compte, parce qu'il ne peut pas se rendre compte, deux chefs d'état du monde et pas des moindres ont affirmé publiquement que c'était un "imbécile".

Et je me demandais si dans l'histoire de l'oligarchie et des relations diplomatiques nous avons déjà eu le cas même si peut-être la gifle qu'a donné Junker à Orban peut y être assimilée, je pense plutôt quand même à quelques verres, ou bouteilles, de whisky en trop.
Réponse de le 29/05/2020 à 5:33 :
@ Gina G.
Attention! Gina, le blase n'aime pas etre contrarie, il va vous signaler.
Réponse de le 29/05/2020 à 9:42 :
@ multipseudos: "Donc je ne sais pas d'ou vous sortez l'UE."

TU deviens de plus en plus incompréhensible. Signalé

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