Mercosur: l’UE est la principale gagnante de l’accord, selon le président du Paraguay
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L'Union européenne serait-elle la grande gagnante de l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur auquel la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen a donné son aval le 6 décembre dernier ? C'est du moins ce qu'affirme le président du Paraguay, qui fait partie de cette zone de libre circulation avec le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et la Bolivie. Cet accord « va apporter des bénéfices principalement à l'Europe, et aussi à l'Amérique latine », a assuré Santiago Peña ce lundi auprès de l'AFP.
En visite à Paris, avant une rencontre prévue avec son homologue français Emmanuel Macron, le dirigeant a incité à « mieux comprendre » et à « dépasser nos peurs ». Et surtout à ce que « l'information circule correctement dans tous les secteurs », afin que ceux qui ont peur se tranquillisent et que les gagnants de l'accord sachent qu'ils vont « gagner énormément ».
Il faut désormais aller vite selon lui, rappelant que 25 années ont été nécessaires pour parvenir à cet accord puisqu'il était en discussion depuis 1999. « Maintenant, on ne peut pas passer encore 25 autres années pour qu'il entre en vigueur », a insisté Santiago Peña.
Un avis partagé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette dernière a aussi mis en avant la semaine dernière que cet accord « bénéficiera aux deux » parties et « apportera des bénéfices significatifs aux consommateurs et aux entreprises ». Ses propos ne semblent toutefois pas avoir convaincu les opposants à cet accord pour le moment.
Pour rappel, les négociations se sont terminées vendredi dernier. Le projet de traité vise à supprimer la majorité des droits de douane entre l'Union européenne et le Mercosur. Objectif : créer un vaste marché de plus de 700 millions de consommateurs. Ce serait ainsi le « plus grand partenariat commercial et d'investissement jamais vu », selon la responsable de Bruxelles.
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Concrètement, cet accord permettrait à l'UE, déjà premier partenaire commercial du Mercosur, d'exporter plus facilement ses voitures, machines et produits pharmaceutiques. De l'autre côté, il permettrait aux pays sud-américains concernés d'écouler vers l'Europe de la viande, du sucre, du riz, du miel, du soja...
Reste que plusieurs pays européens s'y opposent. Et particulièrement la France, au nom de la défense du monde agricole. Paris réclame du Mercosur les mêmes normes environnementales et sanitaires en vigueur dans l'UE pour éviter « une concurrence déloyale ».
Tout n'est en effet pas perdu pour les réfractaires. L'accord signé doit encore être ratifié par au moins 15 États membres de l'UE, représentant 65% de la population du bloc. Puis en réunissant une majorité au Parlement européen.
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Une minorité de blocage peut ainsi stopper toute ratification. C'est justement le combat engagé par Emmanuel Macron. Le chef de l'État français a indiqué qu'il entendait continuer « de défendre sans relâche notre souveraineté agricole ». Il devrait pour cela obtenir l'appui du Premier ministre polonais Donald Tusk. Ce dernier a déclaré fin novembre qu'il n'accepterait pas le projet « sous cette forme ». L'Italie a aussi rejoint jeudi dernier le front du refus français, estimant que « les conditions ne sont pas réunies pour souscrire au texte actuel ». Et ce trio déclaré n'est pas seul, puisque l'Autriche, les Pays-Bas ou l'Irlande ont déjà exprimé des réticences. Ce soutien devra néanmoins se confirmer au moment du vote pour être en mesure de bloquer l'accord final.
(Avec AFP)
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