Viande, textile, chimie... ce que va changer l'accord UE-Mercosur

Les importations de viande bovine dans l'UE augmenteront dans les deux scénarios (30 % et 64 %, respectivement), selon l'étude d'impact.
Toby Melville

Les importations de viande bovine dans l'UE augmenteront dans les deux scénarios (30 % et 64 %, respectivement), selon l'étude d'impact.
Toby Melville
Nouvelle étape vers la signature de l'accord UE-Mercosur. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé ce vendredi que « les négociations en vue d'un accord » de libre-échange avaient été conclues entre les deux parties. Mais concrètement, qu'est-ce que cela va changer pour les différents secteurs ?
En 2021, la Commission européenne avait publié la version finale de l'évaluation d'impact sur le développement durable concernant les incidences économiques, sociales, environnementales et sur les droits de l'homme potentielles du volet commercial de l'accord d'association entre l'Union européenne et le Mercosur.
Le rapport étudie les impacts de l'accord selon deux scénarios : l'un dit conservateur, l'autre ambitieux. Le scénario conservateur suppose l'élimination des droits de douane sur 90% des produits industriels et 80% sur les produits agricoles, tandis que dans le scénario ambitieux, le Mercosur élimine les droits de douane sur 100% des produits.
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Dans le secteur de la viande bovine, les importations de l'UE en provenance du Mercosur augmenteront dans les deux scénarios (30% et 64%, respectivement), selon l'étude d'impact. La production de l'UE diminuera de 0,7% dans le scénario conservateur, et de 1,2 % dans le scénario ambitieux.
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Un point que dénoncent les agriculteurs européens, en particulier français, qui craignent la « concurrence déloyale » de producteurs étrangers, soumis à moins de frais et de contraintes. Réagissant à la conclusion des négociations annoncée ce vendredi, l'organisation européenne des syndicats agricoles majoritaires, le Copa-Cogeca, a d'ailleurs appelé « les États membres et le Parlement européen à se mobiliser contre cet accord », qui « exacerbera les pressions économiques auxquelles sont soumises de nombreuses exploitations ».
Tout comme la viande, les exportations du Mercosur vers l'UE grimperont de 18% à 165 %, « mais à partir d'une base faible », nuance le rapport. Ce dernier précise, en outre, que les exportations laitières de l'UE vers le Mercosur augmentent, elles, de 91% à 121% en fonction des deux scénarios, « en raison d'une réduction des droits d'importation élevés dans le Mercosur ».
Concernant les boissons alcoolisées, l'accord UE-Mercosur ne revêt pas que des aspects négatifs. En effet, les exportations de l'UE vers le Mercosur grimperont de 36% à 38% et les exportations du Mercosur de 28% à 35%. Si celles européennes se concentrent sur le vin et les spiritueux, du côté du Mercosur, elles concernent uniquement sur le vin. L'accord devrait avoir un impact très limité sur la production et la consommation des deux côtés et dans les deux scénarios, indique le rapport.
Néanmoins, en France, certains producteurs voient d'un bon œil la perspective d'une signature finale de l'accord. C'est notamment le cas du groupe viticole coopératif du Tarn, Vinovalie, premier exportateur de vins français au Brésil. Et pour cause, son rosé piscine connaît un succès fulgurant dans le pays d'Amérique du Sud depuis son lancement en 2015. En revanche, du côté du Beaujolais, on s'inquiète autant qu'on se réjouit.
Dans ce secteur, les exportations du Mercosur vers l'UE devraient augmenter de 32 à 36%, selon l'étude d'impact, tandis que les exportations de l'UE vers le Mercosur devraient augmenter de 311% à 424%. « Ceci est le résultat de la réduction des droits de douane très élevés dans le Mercosur sur les exportations de l'UE », souligne l'étude. Là encore, les effets sur la production et la consommation ainsi que sur les « effets sociaux associés à l'emploi » devraient être limités.
S'agissant des produits pharmaceutiques et chimiques, l'accord devrait faire augmenter les exportations de l'UE vers le Mercosur de 47% et les importations de 13 % dans le scénario conservateur. La production européenne devrait ainsi augmenter de 0,2%.
Les exportations de machines de l'UE vers le Mercosur devraient augmenter de 78% à 100%, les importations de 17% à 22%, avec une contraction de la production comprise entre 1,4% et 5,1%% au Mercosur. Quant aux exportations de matériel électronique de l'UE vers le Mercosur, elles augmenteront de 109% à 149%, et leurs importations de 16% à 24%, avec une production en hausse de 0,4% à 2,6% au Mercosur.
Autre secteur : les véhicules et pièces détachées. Les exportations de l'UE vers le Mercosur devraient augmenter de 95% à 114%, tandis que les importations en provenance du Mercosur augmenteraient de 41% à 47%. La production européenne augmentera de 0,5% à 0,6%, celle du Mercosur se réduira de 1,7% à 1,8% au Brésil et de 2,8% à 3,2% en Argentine.
Les importations de l'UE en provenance du Mercosur devraient augmenter de 6,5% à 9,2% selon les scénarios. Les exportations de l'UE diminueront de 3,4% dans le scénario conservateur et augmenteront de 1,4% dans le scénario ambitieux.
Dans les deux scénarios, les exportations du Mercosur vers l'UE et la production du Mercosur augmenteront légèrement. Côté UE, la production de services financiers se contractera légèrement dans les deux scénarios. Les exportations européennes diminueront légèrement dans le scénario conservateur et augmenteront légèrement dans le scénario ambitieux.
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L'accord devrait entraîner une baisse des prix pour les consommateurs. Au Mercosur, les consommateurs verront des changements plus importants, notamment une augmentation de la consommation de véhicules en Argentine (1,7% à 2,2%) et au Brésil (0,6% à 0,8%), note le rapport. Et, selon ce dernier, dans l'UE, l'impact sur la consommation sera, en effet, faible, mais positif. Un point de vue qui continue, néanmoins, de largement diviser. Au point de faire échouer la signature de l'accord ?