Au lendemain de la visite d’État en France du président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, le 6 mai, le président français, Emmanuel Macron, a promis que la France signerait l’accord UE-Mercosur « d’ici à la fin de l’année », à certaines conditions.
La Commission européenne devrait soumettre le texte final de l'accord de libre-échange, contesté par les agriculteurs, au Conseil de l'Union européenne d'ici le mois de juillet. La France affirme continuer la fronde, mais assouplit ses positions.
Malgré l'opposition formelle de la France à la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur (la Communauté économique des pays d'Amérique du Sud, dont les membres permanents sont l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela), Bruxelles avance résolument dans cette direction. Selon plusieurs sources, une nouvelle étape décisive pourrait même être franchie d'ici à début juillet.
Après avoir complété la révision juridique et la traduction du texte dévoilé le 6 décembre, conformément à la procédure prévue, la Commission européenne s'apprête donc à soumettre son texte final au vote du Conseil européen, qui lui avait conféré un mandat de négociation en 1999. Ce dernier pourrait donc être appelé à se prononcer dès la rentrée.
Chaque jour, le risque de perdre la face croît ainsi pour l'exécutif français qui, depuis début 2024, promet aux agriculteurs et à l'opinion publique de se battre pour que l'accord ne soit pas signé « en l'état ». Mais l'actualité internationale jouant en sa défaveur, sa position évolue - entre les lignes -, jusqu'à devenir de plus en plus difficile à déchiffrer.
Un texte« stratégiquement bon »
D'autant que le lancement par Donald Trump de sa guerre commerciale tous azimuts a offert un nouvel argument aux partisans de la conclusion de l'accord UE-Mercosur : l'opportunité stratégique qu'il représente dans un contexte de tensions et d'incertitudes géopolitiques croissantes. Le 5 mai, en visite d'État à Paris, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, en exhortant Emmanuel Macron à « ouvrir un petit peu son cœur » à la signature du traité, avait d'ailleurs estimé que « Cet accord, ce serait la meilleure réponse que nos régions puissent apporter face au contexte incertain créé par le retour de l'unilatéralisme et du protectionnisme tarifaire ».
Ce à quoi le président français avait répondu, lors d'un entretien octroyé le lendemain à la chaîne de télévision brésilienne GloboNews, qu'un « accord entre l'Union européenne et le Mercosur » serait « stratégiquement bon ». Celui qui, fin février au Salon International de l'Agriculture, qualifiait encore l'accord de « mauvais texte », a donc clairement changé de registre. Il a même promis que la France le signerait « d'ici à la fin de l'année », à certaines conditions.
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