Face aux agriculteurs, Macron fustige l'accord Mercosur, « un mauvais texte »
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Emmanuel Macron, au 61e Salon de l’Agriculture samedi 22 février 2025.
ALAIN JOCARD / Reuters
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Emmanuel Macron, au 61e Salon de l’Agriculture samedi 22 février 2025.
ALAIN JOCARD / Reuters
Emmanuel Macron a appelé samedi au "calme" et au "dialogue respectueux" avec les agriculteurs peu avant l'inauguration du 61e Salon de l'agriculture à Paris, affirmant qu'ils ne pouvaient pas être "la variable d'ajustement" du pouvoir d'achat et des accords commerciaux.
"Nos agriculteurs ne peuvent pas être la variable d'ajustement du pouvoir d'achat (..) ni la variable d'ajustement des accords agricoles. Et c'est aussi pour ça que nous nous sommes opposés au Mercosur tel qu'il a été signé", a déclaré le chef de l'Etat, un an après sa visite chaotique au Salon.
Destiné à libéraliser les échanges entre l'UE et cinq pays d'Amérique latine, ce traité commercial a été signé le 6 décembre 2024, mais doit encore être ratifié avant d'entrer en application.
Il a plaidé pour l'instauration de "clauses miroirs" pour éviter toute "concurrence déloyale" avec des produits importés qui ne respectent pas les mêmes normes que celles de l'UE.
"C'est un mauvais texte tel qu'il a été signé. Et donc on fera tout pour qu'il ne suive pas son chemin, pour protéger cette souveraineté alimentaire française et européenne", a martelé le président avant d'inaugurer le Salon.
"Demain, rien ne nous dit que l'alimentation ne deviendra pas une arme et, donc, notre responsabilité c'est de produire sur notre sol ce qui nous permet de nous nourrir et de nourrir nos enfants", a-t-il ajouté.
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M. Macron a assuré continuer de chercher une "minorité de blocage" au sein de l'Union européenne. L'Italie devrait rejoindre la position de la France mais il va falloir lui trouver d'autres alliés à Bruxelles.
Pour être ratifié cet accord de libre-échange doit gagner l'approbation d'au moins 15 États membres représentant 65% de la population de l'UE, puis réunir une majorité au Parlement européen.
En 2024, au SIA, le chef de l'Etat avait dit vouloir ouvrir un débat sur l'instauration de "prix plancher" pour protéger le revenu agricole, en se basant sur les coûts de production des agriculteurs, mesurés par des indicateurs.
Emmanuel Macron a ensuite affirmé qu'un travail était en cours au niveau ministériel pour réformer la "structuration des prix", après un rapport parlementaire d'évaluation de la loi Egalim, censée garantir une meilleure rémunération des agriculteurs en encadrant davantage les négociations entre les fabricants agroalimentaires et la grande distribution.
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Selon lui, les lois Egalim (la deuxième a été promulguée fin 2021) ont permis de mieux protéger les prix agricoles, mais le déroulement compliqué des négociations commerciales actuelles, qui doivent se terminer d'ici une semaine, illustre que "ce n'est pas suffisant".
(Avec AFP)
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