Midterms : pas de vague anti-Trump pour les législatives américaines

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(Crédits : Jonathan Ernst)
Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants mardi tandis que les républicains maintenaient leur contrôle du Sénat au terme d'élections législatives américaines perçues comme un référendum sur la présidence de Donald Trump

>> Article en ligne 07/11/2018 - 04:49 | Mise à jour 07/11/2018 - 06:55

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Les Américains ont élu un Congrès divisé, promesse d'une fin de mandat mouvementé pour le président républicain, les démocrates pouvant désormais entraver une grande partie de son programme à la chambre basse.

Pas de réelle "vague bleue" anti-Trump

Un temps annoncée, la "vague bleue" ne prenait pas forme, les républicains résistant bien en particulier en Floride. Deux ans après la victoire-choc de Donald Trump, propulsé à la Maison-Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains se sont pressés en nombre dans les bureaux de vote à travers le pays.

Les premiers résultats dessinaient une prise de contrôle de la Chambre des représentants par les démocrates tandis que les républicains, associés eux à la couleur rouge, semblaient en position de renforcer leur courte majorité au Sénat.

Premiers sièges arrachés aux républicains: la démocrate Jennifer Wexton l'a emporté en Virginie et Donna Shalala en Floride. À l'inverse, les républicains ont pris aux démocrates un siège-clé de sénateur dans l'Indiana, avec la victoire de Mike Braun dans cet État industriel et agricole remporté par Donald Trump en 2016.

Mais il faudra attendre plusieurs heures pour avoir une image précise de la composition du prochain Congrès, le 116e de l'Histoire. Les démocrates ont besoin de faire basculer 23 sièges en leur faveur pour prendre le contrôle de la Chambre.

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Le républicain Ted Cruz l'emporte au Texas

Le sénateur républicain sortant Ted Cruz l'a emporté mardi face à son rival démocrate Ted O'Rourke lors des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, selon les estimations, contribuant à mettre fin aux espoirs du Parti démocrate de s'emparer de la majorité au Sénat. Aucun démocrate n'est parvenu à s'imposer au Texas depuis trois décennies.

Ted Cruz, 47 ans, avait été élu pour la première fois au Congrès en 2010 sur fond de mouvement national de contestation contre le président démocrate de l'époque, Barack Obama. Adversaire de Donald Trump lors de la primaire républicaine en vue de l'élection présidentielle de 2016, Cruz s'est depuis aligné sur les positions de Trump, soutenant la ligne dure du président américain sur l'immigration et l'instauration de droits de douane élevés afin d'effacer le déficit commercial des Etats-Unis.

Des premiers résultats relativement sans surprise

La totalité de la Chambre des représentants (435 élus) sera renouvelée ainsi qu'un tiers du Sénat (35 sièges sur 100) mais aussi 36 des 50 gouverneurs du pays. La carte électorale sénatoriale joue, cette année, en faveur des républicains : le renouvellement par tiers concerne cette année des États majoritairement conservateurs.

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. Mais la perte de la Chambre, en dépit des excellents chiffres de l'économie américaine, serait malgré tout un revers pour Donald Trump, tant il a fait de ce rendez-vous un véritable référendum sur sa personne.

En milieu de soirée, Sarah Sanders la porte-parole de la Maison-Blanche a exprimé une forme d'optimisme.

"Je serai abasourdi si nous perdons la Chambre", avait lancé dans la journée l'ancien vice-président Joe Biden, jugeant qu'une victoire au Sénat était aussi à portée de main.

Un "immense succès"... selon Trump

Donald Trump, qui était cloîtré mardi à la Maison-Blanche, a fait campagne jusqu'au dernier moment, enchaînant les rassemblements "Make America Great Again". "Il se passe quelque chose et cela me rappelle l'atmosphère d'il y a deux ans", a-t-il lancé, lors de son ultime meeting, à Cap-Girardeau dans le Missouri lundi soir.

Le président américain Donald Trump a revendiqué mercredi matin un "immense succès" électoral et remercié ses partisans qui ont permis aux républicains de conserver la majorité au Sénat, même si les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants.

"Immense succès ce soir. Merci à tous!", a tweeté le président, qui s'est pleinement investi dans la campagne de ces élections législatives largement considérées comme un référendum sur sa personne.

Deux femmes musulmanes entrent au Congrès... Une première

Deux femmes musulmanes, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, vont faire leur entrée au Congrès américain, une première dans l'histoire des Etats-Unis, après que ces candidats démocrates ont remporté mardi les élections de mi-mandat respectivement dans un district du Minnesota et du Michigan.

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Ilhan Omar, 36 ans, d'origine somalienne, a fait campagne en prônant une assurance-santé pour tous et la gratuité des frais d'études universitaires. Elle sera la première membre du Congrès à porter le voile islamique.

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Rashida Tlaib, 42 ans, née à Détroit de parents palestiniens et aînée d'une famille de 14 enfants, s'est appuyée sur la montée du militantisme politique féminin, faisant allusion aux manifestations survenues à travers les Etats-Unis après l'élection de Donald Trump à la présidence en novembre 2016.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 08/11/2018 à 18:00 :
Ce que je ne comprends pas, c'est que Poutine ne soit accusé de rien
dans ces élections . Ou alors la bonne presse a dit depuis 2 ans des choses inexactes .
a écrit le 08/11/2018 à 12:10 :
Quel que soit le résultat des élections, restreint à deux partis donc obligatoirement clivant, avec des positions parfois excessives, le système démocratique l'emporte aux USA. Les élus couvrent un champ de profils, d'origines, de cultures et de religions tellement large, que cela rassure sur les capacités des américains à préserver leurs libertés et à résister aux tentations de plein pouvoir.
Par contre, en termes de politique extérieure il faut s’attendre que l'Europe et d'autres partenaires traditionnels des USA soient encore malmenés par des décisions unilatéralistes, autant que l’économie mondiale, perturbée par des décisions parfois brutales. Donc pas de raison de se réjouir de cet "immense succès", sauf à aimer les sensations fortes et les crises économiques.
a écrit le 08/11/2018 à 8:29 :
c'est quoi cette mode de qualifier les gens par leur religion comme si etre musulman ou chretien etait une qualitée
la religion est un choix personnel
a écrit le 08/11/2018 à 8:26 :
c'est quoi cette mode de califier les gens par leur religion comme si etre musulman ou chretien etait une qualitée
la religion est un choix personnel
a écrit le 07/11/2018 à 16:51 :
Bref, en un mot comme en cent, le paris des démocrates est raté et Trump devient non plus un point de rejet pour les républicains mais un point de ralliement. Le pouvoir ne se conquiert pas, il se ramasse miette par miette. Un truc que nos médias avec un biais pas possible lors des dernières élections semblent avoir oubliés. Ils sont l’un des piliers du pouvoir et votent tous à gauche. Mais ils ne parviendrons peut être pas à biaiser beaucoup plus longtemps. Ils vont être obligés de s’ouvrir et d’accepter l’evolution de la société sous peine de créer un climat de quasi guerre civile identique à celui que connaît les USA.
Réponse de le 07/11/2018 à 17:07 :
Ne prenez pas vos rêves pour une réalité :

Non seulement Trump a perdu, mais en plus il suscite un rejet grandissant (rappelons que la majorité des électeurs américains a voté en 2016 pour Hillary Clinton, Trump n'a gagné que grâce au collège électoral).

Et ses valeurs ne sont portées que par une minorité vieillissante.
a écrit le 07/11/2018 à 13:20 :
Trump à gagné mais cela dérange les bobos écolos français et le premier d'entre eux .
Réponse de le 07/11/2018 à 14:29 :
Non, Trump a perdu la chambre des représentants, et n'a pas perdu le sénat car très peu des sièges actuellement occupés par des républicains étaient en jeu. Les démocrates ont gagné les deux tiers des sièges en jeu au sénat.

Cette élection est bien un échec pour Trump. Et un échec d'autant plus cuisant que les républicains perdent avec la chambre la capacité d'entraver les enquêtes sur les crimes et délits de Trump. En plus de perte la capacité de mener la moindre politique d'envergure.

La fin de son mandat risque donc d'être agitée, s'il n'est pas "impeaché" d'ici là.
Réponse de le 07/11/2018 à 16:10 :
Trump a perdu, il limite simplement la casse. Pourquoi refusez-vous de l'admettre?
Réponse de le 07/11/2018 à 17:24 :
Non désolé, c'est une victoire à la Pyrrhus pour les Démocrates. Ils ont investi une quantité énorme de ressources et d'énergie pour un résultat final qui n'est pas entièrement décisif en leur faveur. Ces quelques sièges conquis à la chambre des Représentants vont leur coûter très cher sur le moyen-long terme. Et puis je pense qu'on assiste à un moment charnière de la politique US, d'une certaine façon proche de ce qui s'est passé lors de l'élection de Reagan en 1980. Il ne faut pas oublier que Reagan a aussi été élu grâce à la classe d'âge des hippies qui ont mené la contestation à la fin des années 60 mais qui au début des années 80 avaient fondé un foyer, trouvé du boulot, coupé leurs cheveux et en conséquence se sont mis à voter Républicain. Remplacez "hippies" par "millenials" et vous avez un aperçu du changement en cours dans la politique US.
a écrit le 07/11/2018 à 12:20 :
Le principal enseignement n'est-il pas le clivage profond et persistant entre habitants des grandes villes (côtes Est et Ouest et Chicago) et habitants des états centraux.?. et je crois que l'on va voir se confirmer cette tendance en France aussi, avec possibilité, - c'est nouveau -, de jacqueries. Par le passé proche, on voyait plutôt les milieux ouvriers des villes contester, mais je crois que l'on va voir la province monter aux créneaux! Il serait intéressant d'entendre les spécialistes des sondages à ce sujet.
a écrit le 07/11/2018 à 10:47 :
Et à en croire ces mêmes médias qui lui crachent dessus depuis son élection, il aurait volée celle-ci , trompé son peuple, ect ect..
Lol on l'ouvre moins maintenant hein ? ^^

Victoire du populisme aux usa.
Réponse de le 07/11/2018 à 12:44 :
Et c'est pas finit ! Malgré ces résultats ça va continuer, les médias on pris parti c'est on ne peut plus clair, ce sera le choc dans 2 années.
On est dans le même délire que le référendum Anglais.
Réponse de le 07/11/2018 à 12:58 :
Tu n'as pas compris, les démocrates ont pris le contrôle du congrès.
a écrit le 07/11/2018 à 10:47 :
Bientôt, nous pourrons dire la même chose: "Deux ans après la victoire-choc de E.Macron, propulsé à l’Élysée sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les français se sont pressés en nombre dans les bureaux de vote à travers le pays". Suivant la position politique des médias on attribue un "sens" au référendum! Pour les démocrates c'était de chassé Trump, mais on ne peut pas dire que cela était un franc succès!
a écrit le 07/11/2018 à 10:46 :
Bravo à Trump pour cette performance!
Les présidents précédents dont le très adulé Obama se prenaient des gifles à ces élections.
Je ne parle même pas de Macron s'il y avait des élections législatives de mi mandat.
Réponse de le 07/11/2018 à 13:20 :
Cette élection est aussi une gifle pour les républicains, c'est juste que le format de l'élection leur était incroyablement favorable.

Il faut quand même voir que les républicains n'ont pas gagné le "vote populaire" (la majorité de l'opinion publique) depuis plus de 30 ans... Ça n'est que grâce à un système électoral abscons que les républicains se maintiennent au pouvoir.
Réponse de le 07/11/2018 à 14:38 :
Ça n'est que grâce à un système électoral abscons que les (républicains) démocrates se maintiennent au pouvoir.! Cela marche dans les deux sens!
Réponse de le 07/11/2018 à 15:09 :
@ "@Louis"

Non, l'opinion américaine est largement favorable aux démocrates et à leurs idées (encadrement du droit aux armes, avortement, sécurité sociale, etc).

Ce qui fait que les républicains gagnent des présidentielles depuis 30 ans alors qu'ils n'ont plus la majorité des votes pour eux, c'est un système qui donne un poids électoral injustifié aux territoires ruraux. Je dis qu'il est abscons parce qu'il est profondément injuste car systématiquement en faveur des républicains.

Avec un système à la française, les républicains n'auraient pas gagné une seule présidentielle depuis 30 ans. Et je ne parle même pas des manœuvres républicaines pour retirer le droit de vote à des populations qui ne lui sont pas favorables...
a écrit le 07/11/2018 à 10:34 :
Ouf, on ne va pas nous bassiner avec le complot russe ! Parce qu'il est évident que les démocrates, eux, ne peuvent pas être soutenus par l'empire du mal...

"Ingérence russe, de l’obsession à la paranoïa" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/MATE/58207 (article gratuit)
a écrit le 07/11/2018 à 8:54 :
Make france great again !
a écrit le 07/11/2018 à 8:50 :
Sur les 35 sièges en jeu au sénat américain, 9 étaient occupés par un républicain et 24 par un démocrate. En « perdant » au sénat, les démocrates ont quand même remporté deux tiers des sièges en jeu...
a écrit le 07/11/2018 à 8:19 :
Il faut dire qu’il était quasi impossible pour les démocrates de gagner le sénat : Les républicains remettaient très peu de sièges en jeu pour cette élection, les territoires ruraux sont surreprésentés au sénat, etc.
Réponse de le 07/11/2018 à 19:12 :
Regagner le sénat relevait de la gageure, il aurait pratiquement fallu qu'ils fassent carton plein.

Personnellement j'ai adoré voir les républicains pétocher grave au Texas quand leur candidat fétiche à la sénatoriale a été devancé par un jeune démocrate inconnu pendant presque tout le dépouillement.

Il n'y a pas plus républicain que les texans et ça laisse augurer des lendemains assez amusants maintenant que les femmes, les latinos et les noirs votent.

Au total les démocrates ne sont pas passés très loin d'un très bon score. C'est un encouragement pour le futur.

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