Élections sénatoriales américaines : Facebook ferme 115 comptes pour ingérence politique

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Dans le cadre des élections sénatoriales américaines, qui se déroulent ce mardi, l'entreprise de Mark Zuckerberg a annoncé lundi la fermeture de 115 comptes - dont 30 sur Facebook et 85 sur Instagram, son application de partage de photos.
Dans le cadre des élections sénatoriales américaines, qui se déroulent ce mardi, l'entreprise de Mark Zuckerberg a annoncé lundi la fermeture de 115 comptes - dont 30 sur Facebook et 85 sur Instagram, son application de partage de photos. (Crédits : Dado Ruvic)
Facebook a annoncé lundi la fermeture de 115 comptes sur plusieurs de ses plateformes. Ces comptes étaient suspectés de tentatives d'ingérence dans le vote des élections sénatoriales américaines qui se déroulent ce mardi. Cette annonce intervient alors que plusieurs médias étrangers ont prouvé que l'usurpation d'identité était facilement réalisable sur Facebook afin de pouvoir acheter des publicités politiques.

Alors que les élections sénatoriales américaines se déroulent ce mardi, Facebook a annoncé hier avoir repéré de nouvelles tentatives de manipulation politique. Le plus grand réseau social au monde, utilisé par 2,3 milliards d'utilisateurs, a annoncé la fermeture de 115 comptes - dont 30 sur Facebook et 85 sur Instagram, son application de partage de photos. Ces comptes "pourraient être liés à des entités étrangères" et "pourraient être engagés dans des activités irrégulières coordonnées" afin de réaliser des ingérences lors du scrutin de mi-mandat, selon une note de blog publiée lundi. Ce vote est crucial pour la suite du mandat du président Donald Trump - les électeurs devant voter pour le renouvellement des 435 élus de la Chambre des représentants, de 35 des 100 sénateurs et de 36 gouverneurs d'États.

"Dans le cadre de nos efforts pour empêcher les ingérences sur Facebook pendant les élections, nous sommes en contact régulier avec les autorités chargées de l'application de la loi, avec des experts extérieurs et d'autres compagnies à travers le monde", a expliqué l'entreprise de Mark Zuckerberg.

"Dimanche matin, les autorités nous ont contactés au sujet d'activités qu'elles ont récemment découvertes et qui pourraient selon elles être liées à des entités étrangères (...) Nous avons immédiatement bloqué ces comptes et sommes en train d'enquêter sur eux de manière plus détaillée."

Éviter une redite de 2016

Toutes les pages Facebook associées à ces comptes étaient en français ou en russe, selon l'entreprise. Les comptes Instagram étaient quant à eux principalement en anglais, certains "focalisés sur des célébrités, d'autres sur le débat politique". De son côté, le site de micro-blogging Twitter a confirmé samedi avoir supprimé des comptes automatiques qui écrivaient des messages pour décourager les électeurs d'aller voter mardi. La presse américaine a indiqué que ces comptes étaient au nombre de 10.000. Ces annonces interviennent peu de temps après que les autorités et les agences de renseignement américaines ont annoncé ne pas avoir repéré de tentatives de perturbation du processus électoral, mais que les Américains devraient se méfier de tentatives russes de diffusion de fausses informations.

Lors de la campagne américaine présidentielle en 2016, les plateformes telles que Facebook, Twitter et Google, ont servi de plateforme de diffusion de propagande attribuée par la Russie. Le but : discréditer la candidate démocrate Hillary Clinton, jugée par Moscou moins favorable aux intérêts de la Russie, selon les agences de renseignement américaines. La Russie a toujours nié ses accusations. L'entreprise de Mark Zuckerberg avait été appelée à témoigner devant le Congrès, où elle avait admis qu'environ 126 millions d'Américains avaient été exposés à du contenu généré par des entités russes sur deux ans. Facebook avait alors fait son mea culpa, s'excusant de ne pas avoir détecté plus tôt ces malversations.

La publicité politique à portée de clics sur Facebook

Une répétition d'une telle ampleur ferait planer des accusations de laxisme sur le réseau social. Évoquant les scrutins à venir, Mark Zuckerberg a affirmé que cette lutte des usages détournés de la plateforme était la "top priorité" de Facebook. Le réseau social, qui veut se montrer pro-actif sur la question, anticipe donc en jouant la carte de la transparence. Facebook a donc annoncé depuis cet été plusieurs vagues successives de fermetures de comptes, régulièrement attribués à la Russie et l'Iran.

Au cours de cette année, l'entreprise a doublé ses effectifs dédiés à la sécurité de ses plateformes, revendiquant 20.000 salariés uniquement mobilisés sur la question. Le réseau social a aussi adopté une batterie de mesures - en renforçant la transparence pour les publicités politiquesluttant contre les faux comptes, musclant son système d'intelligence artificielle pour détecter des contenus litigieux... Concernant les publicités politiques, Facebook a notamment annoncé vérifier strictement l'identité des annonceurs pour pouvoir les communiquer aux internautes. Pourtant, il semblerait que le réseau social ne s'embête pas avec cette formalité, selon plusieurs enquêtes sorties dans des médias américains et britanniques la semaine dernière. Le site Vice News a ainsi pu acheter facilement des publicités au nom de 100 sénateurs américains, démocrates comme républicains.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 06/11/2018 à 12:05 :
Facebook, twitter, se sont couchés face aux lobbys après les scandales tout récents, dont on entend plus parler et qui demeurent... sans sanction.

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