Migrants : le gouvernement australien a-t-il payé des passeurs ?

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Tout est parti de quelques déclarations. Le capitaine d'un navire et deux membres d'équipage, soupçonnés de se livrer au trafic d'êtres humains, ont affirmé à la police indonésienne que les autorités australiennes leur avaient versé à chacun 5.000 dollars australiens (environ 3.430 euros) pour qu'ils fassent demi-tour et ramènent vers les côtes indonésiennes les 65 migrants qu'ils acheminaient vers l'Australie.
D'emblée, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, et Peter Dutton, ministre de l'Immigration avait démenti, vendredi 12 juin. Mais le Premier ministre australien Tony Abbott n'avait pas émis le moindre commentaire. Interrogé le lendemain lors d'une interview radio, il était à nouveau resté muet sur l'affaire mais précisait que le gouvernement était déterminé à "stopper les bateaux par n'importe quel moyen".
Lundi 14 juin, l'opposition a violemment tancé le gouvernement australien, en particulier le Premier ministre:
Julie Bishop et Peter Dutton n'ont pas réitéré leurs dénégations, cette fois-ci, restant sur la ligne du Premier ministre.
Le gouvernement australien a choisi de rejeter la faute sur l'Indonésie qui a exigé des explications claires sur cette affaire. Interviewée samedi, Julie Bishop avait déclaré:
Par cette déclaration, la ministre australienne des Affaires étrangères faisait référence à la politique migratoire australienne drastique qui stoppe notamment régulièrement les bateaux des trafiquants au-delà des côtes australiennes pour les expulser ensuite vers des centres de rétention en Papouasie-Nouvelle-Guinée et sur la petite île de Nauru.
En Europe, la situation est en apparence plus favorable aux migrants, à l'exception des Britanniques qui sont les Européens les plus ouvertement contre. Ainsi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté mercredi un plan d'action pour l'immigration et l'asile, immédiatement rejeté par la Grande-Bretagne, opposée à toute solidarité pour la prise en charge des migrants et des réfugiés.
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"Les migrants qui tentent de gagner l'Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés", a affirmé dans les médias britanniques la ministre de l'Intérieur, Theresa May, reconduite dans ses fonctions par David Cameron après sa victoire aux législatives. Quelques heures avant la présentation du plan de Jean-Claude Juncker, la Britannique insistait:
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Le plan d'action adopté mercredi 10 juin par la Commission européenne veut éviter les embarquements, secourir les migrants qui ont pris la mer et gérer leur accueil à leur arrivée dans l'Union européenne.
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