"Panama Papers": les avocats au cœur de la fuite parlent de "crime", la Fifa enquête

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Selon le patron du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, dont les archives ont fait l'objet d'une "fuite" massive à l'origine de l'enquête réalisée par plus de 100 journaux sur des avoirs dans les paradis fiscaux de personnalités de premier plan, ces révélations ne sont rien de moins qu'un "crime", voire une "attaque" contre le Panama. Après la divulgation de documents regroupés sous la dénomination "Panama papers" provenant de ce cabinet spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, Ramon Fonseca Mora, directeur et co-fondateur de Mossack Fonseca, a déclaré dimanche 3 avril à l'AFP :
Ramon Fonseca Mora a fondé le cabinet il y a une trentaine d'années avec Juergen Mossack. Les deux avocats ont d'abord ouvert leur cabinet aux Iles Vierges britanniques avant de revenir à Panama lorsque celles-ci ont été contraintes, sous la pression internationale, d'abandonner le système des actions au porteur anonymes.
Selon l'avocat, d'ailleurs, "c'est une attaque contre Panama car plusieurs pays n'apprécient pas que nous soyons très compétitifs pour attirer les entreprises".
"Les documents montrent que les banques, les cabinets d'avocats et autres acteurs opérant dans les paradis fiscaux oublient souvent leur obligation légale de vérifier que leurs clients ne sont pas impliqués dans des entreprises criminelles", affirme en revanche le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a coordonné l'enquête.
Le gouvernement du Panama a d'ailleurs pour sa part assuré dimanche qu'il "coopérera vigoureusement" avec la justice en cas d'ouverture d'une procédure judiciaire.
Le comité d'éthique de la Fédération internationale de football (Fifa) s'est aussi immédiatement saisi du dossier dimanche, en annonçant avoir ouvert une enquête sur l'un de ses membres. Elle concerne notamment l'Uruguayen Juan Pedro Damiani et ses relations d'affaires avec son compatriote Eugenio Figueredo, ancien vice-président de la Fifa et ex-président de la Confédération sud-américaine (Conmebol), précise le comité d'éthique dans un communiqué. Le communiqué fait suite à des informations parues dans la presse affirmant qu'un lien entre Juan Pedro Damiani et Eugenio Figueredo apparaissait dans les "Panama Papers".
Eugenio Figueredo, 83 ans, est l'un des sept responsables de la Fifa qui avaient été arrêtés en mai dernier à Zurich. Il a été extradé en décembre vers l'Uruguay où il devra répondre d'accusations de blanchiment d'argent et de corruption. Juan Pedro Damiani est le président de Penarol, l'un des deux clubs de Montevideo, avec le Nacional, qui dominent le championnat uruguayen. Il est membre du comité d'éthique de la Fifa depuis sa création en 2006 et est actuellement membre de la chambre de jugement de ce comité. Dimanche, il a déclaré à Reuters:
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L'ancien joueur français et dirigeant suspendu de l'Union des associations européennes de football (UEFA) Michel Platini est également concerné par cette fuite. Son nom apparaît dans les documents obtenus par l'ICIJ : aidé par les avocats de Mossac Fonseca, il est à la tête d'une société offshore -Balney Entreprises Corp, créée le 6 décembre 2007.- depuis le 27 décembre 2007, soit moins d'un an après son élection à la tête de la prestigieuse association footballistique. Dans un communiqué, Michel Platini a expliqué que sa situation fiscale était connue de la Suisse, où il réside fiscalement :
(Avec AFP et Reuters)
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