Pétrole : Trump annonce la fin du conflit entre l'Arabie saoudite et la Russie, Moscou dément

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(Crédits : Reuters)
Selon Donald Trump, les deux ex-alliés vont annoncer une baisse importante de leur production. Le Kremlin a immédiatement démenti.

Un mois après son déclenchement, le conflit sur le marché pétrolier - qui a fait chuter les cours à leurs plus bas niveau depuis 2002 - entre l'Arabie saoudite et la Russie est-t-il en passe de prendre fin ? C'est tout cas ce qu'a affirmé, jeudi, Donald Trump, qui tente de jouer les médiateurs entre les deux producteurs pour faire remonter les prix du baril. Et ainsi sauver de la faillite la fragile industrie du schiste américain.

Lire aussi : Le pétrole à 20 dollars: Donald Trump joue les médiateurs... pour sauver le schiste américain

Les cours rebondissent

"Je viens de parler à mon ami MBS (le prince héritier Mohammed ben Salmane, ndlr) d'Arabie saoudite, qui a parlé avec le président Poutine, a tweeté le président américain. J'espère et je m'attends à ce qu'ils réduisent d'environ dix millions de barils, et peut-être nettement plus", a-t-il ajouté, sans précisions sur la nature de cette réduction. "Cela pourrait même aller jusqu'à 15 millions de barils. Bonne (excellente) nouvelle pour tout le monde!".

Immédiatement après cette annonce, les cours du pétrole ont rebondi de manière spectaculaire, regagnant une partie du terrain perdu depuis le début de l'année. A Londres, le baril de Brent a repris jusqu'à 40% en séance, alors que le baril WTI a grimpé de plus 30% à New York. Avant d'abandonner près de la moitié de ces gains en l'absence de confirmation officielle en provenance de Moscou et de Riyad.

Doutes

Pis encore, un porte-parole du Kremlin a assuré que Vladimir Poutine n'avait pas parlé au prince Mohammed ben Salmane.  Et qu'aucun entretien n'était prévu entre les deux hommes. De son côté, l'Arabie saoudite a confirmé un échange entre son dirigeant et le locataire de la Maison blanche. Mais appelle simplement à une réunion "urgente" de l'Opep+, qui regroupe l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et d'autres pays producteurs, dont la Russie.

Autre élément qui incite à la prudence face aux déclarations de Donald Trump: l'ampleur de la baisse. Dix millions de barils par jour - l'unité généralement utilisée sur le marché pétrolier - représentent environ la moitié de la production cumulée de l'Arabie saoudite et de la Russie. Une contraction bien supérieure à celle qui avait été discutée lors de la dernière réunion de l'Opep+. De quoi laisser sceptique de nombreux observateurs. A moins que les Etats-unis ne s'astreignent également à des quotas de production, pour la première fois depuis 1970. Ce que le président américain ne semble pas prêt à accepter.

Poker menteur

Début mars, Moscou avait refusé d'abaisser sa production de pétrole afin de soutenir les cours, déjà pénalisés par l'impact de l'épidémie de coronavirus sur l'activité économique. Riyad avait réagi avec force, déclenchant une guerre des prix et augmentant fortement ses exportations de brut. Depuis, les deux anciens alliés, qui disposent de marges de manœuvres financières importantes mais pas inépuisables, se livrent une partie de poker menteur pour savoir lequel des deux va craquer en premier.

Pour Riyad, il s'agit de sauver l'Opep+, qui dispose d'un pouvoir plus élevé sur la variation des prix du brut que l'Opep seule. Sur le long terme, cela doit permettre de faire remonter les cours, et donc de regagner ce qui sera perdu à court terme. De son côté, Moscou ne veut plus être soumis à des quotas de production, afin de gagner des parts de marché, au profit notamment... du schiste américain. Reste à savoir si la surproduction, certainement plus élevée que prévu et qui sera bientôt très difficile à stocker, pourra faire bouger les lignes.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2020 à 11:47 :
"Pour Riyad, il s'agit de sauver l'Opep+, qui dispose d'un pouvoir plus élevé sur la variation des prix du brut que l'Opep seule"

Franchement, prenez du recul sur ces dernières années et les évènements liés à l'AS, vous êtes vraiment sûr d'une telle affirmation ?

"Qee pour être efficace il faut savoir cacher ses intentions !" Nicolas Machiavel
a écrit le 03/04/2020 à 10:10 :
Trump rassure, même si ça ne se produit pas, sa prophétie. Avec la Corée du Nord tout a été merveilleux, c'est plus "porteur" pour le moral que dire que rien n'avance.
Les investisseurs adorent l'optimisme. Tout va mieux, tout va mieux, on répète, ... Va-ce s'auto-réaliser ?
Ils ont rempli leurs stocks stratégiques aux USA ? Ça déborde (avant que les prix ne remontent) ? :-)
a écrit le 03/04/2020 à 9:28 :
La Russie a annoncé, ce mercredi 1er avril, avoir envoyé un avion chargé d’aide humanitaire aux États-Unis, frappés de plein fouet par la pandémie liée au nouveau coronavirus qui y a fait plus de 4.000 morts.
Un Antonov-124 des forces aériennes russes, “avec à son bord des masques médicaux et de l’équipement médical, est parti pour les États-Unis”, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cette aide a été évoquée lors de l’entretien téléphonique lundi entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump.
Réponse de le 03/04/2020 à 17:14 :
@lachose: Ce fait a été bien mis en avant dans la propagande russe. Mais elle a oublié de préciser que cette "aide" a été payée par les Américains.
a écrit le 03/04/2020 à 8:20 :
Trump manipule le cours du pétrole en bourse avec ses tweets.
Certains initiés doivent s'en mettre pleins les poches
a écrit le 02/04/2020 à 19:11 :
"Selon Donald Trump, les deux ex-alliés vont annoncer une baisse importante de leur production. Le Kremlin a immédiatement démenti. "
Et bien ça résume l'article.
Et si j'ose dire ça résume aussi D. Trump...

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