Politique internationale : Donald Trump dézingue à tout-va

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Dans cet entretien accordé à Reuters, Donald Trump dézingue en effet à tout-va : la Chine, la Turquie, l'Iran, mais aussi la Fed et la justice américaine, ou encore les réseaux sociaux.
Dans cet entretien accordé à Reuters, Donald Trump dézingue en effet à tout-va : la Chine, la Turquie, l'Iran, mais aussi la Fed et la justice américaine, ou encore les réseaux sociaux. (Crédits : KEVIN LAMARQUE)
A la veille des discussions commerciales avec la Chine prévues ces mercredi 22 et jeudi 23 août à Washington, le président américain Donald Trump, a accordé ce 20 août 2018 une grande interview à Reuters. Morceaux choisis.

Lorsque le président américain ne tweete pas en direct les émissions de télévision qu'il regarde, il lui arrive d'accorder de grands entretiens à la presse. Sur le fond, le ton reste le même que sur Twitter. Dans cet entretien accordé à Reuters, Donald Trump dézingue en effet à tout-va : la Chine, la Turquie, l'Iran, mais aussi la Fed et la justice américaine, ou encore les réseaux sociaux.

Sur les relations commerciales avec la Chine

Le locataire de la Maison blanche ne se fixe pas de limite dans le temps pour sortir du contentieux commercial entre Pékin et Washington, accusant même la Chine de manipuler sa devise.

"Comme eux, j'ai une stratégie à long-terme (...) La Chine s'est trop bien débrouillée pendant trop longtemps, et elle est devenue gâtée (...) Ils ont traité avec des gens qui, franchement, ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ce qui nous a menés dans cette situation."

Sur l'assignation résidence du pasteur Brunson en Turquie

Le pasteur américain, Andrew Berson, accusé de terrorisme par la justice turque, a passé vingt mois en détention avant d'être assigné à résidence en juillet dernier. En riposte, Donald Trump a imposé des droits de douane.

"Je pense que ce que fait la Turquie, c'est très triste. Je pense qu'ils font une terrible erreur. Il n'y aura pas de concessions."

Le président américain espère obtenir un accord avec son homologue Recep Tayyip Erdogan depuis qu'il est intervenu auprès d'Israël pour la libération d'une ressortissante turque.

"J'ai fait sortir cette personne pour lui. J'attends de lui qu'il laisse cet homme tout à fait innocent et merveilleux, un grand-père et un grand chrétien, sortir de Turquie."

Sur ses relations avec le leader nord-coréen Kim Jong-un

Donald Trump juge "probable" l'idée de revoir Kim Jong-Un après leur sommet historique à Singapour, évoquant une "grande alchimie" entre lui et le leader nord-coréen.

"Je l'aime bien, il m'aime bien (...) J'ai de très bonnes relations personnelles avec le président Kim, et je pense que c'est ce qui fait tenir les choses."

Le président américain s'est également vanté d'avoir travaillé "trois mois" le dossier contre "trente ans" pour ses prédécesseurs.

 "J'ai stoppé les essais nucléaires. J'ai stoppé les essais de missile. Le Japon est emballé. Que va-t-il se passer ? Qui sait ? Nous verrons."

Sur sa dernière entrevue avec Vladimir Poutine

Donald Trump a qualifié d'"excellente" sa rencontre de deux heures avec le président russe Vladimir Poutine le mois dernier à Helsinki.

"Nous avons parlé d'Israël, de la Syrie, de l'Ukraine (...) mentionné la Crimée, comme toujours quand je parle de l'Ukraine".

Le locataire du Kremlin ne lui aurait pas demandé de lever les sanctions américaines contre Moscou.

"Je n'envisage pas de le faire (...) Je l'envisagerai seulement s'ils font quelque chose qui est bon pour nous. (...) Il y a beaucoup de bonnes choses que nous pouvons faire l'un pour l'autre. La Syrie, l'Ukraine, plein d'autres choses..."

Sur l'enquête russe

Le locataire de la Maison blanche est inquiet de toute déclaration qu'il pourrait effectuer sous serment lors d'une éventuelle audition par le procureur spécial Robert Mueller puisse être utilisée pour porter des accusations de parjure contre lui.

Il déclare également craindre que les enquêteurs comparent son potentiel témoignage avec celui des autres personnes interrogées par l'équipe de Mueller, comme l'ancien directeur du FBI James Comey, très critique envers Trump, pour trouver des divergences et les utiliser contre lui.

"Si je dis quelque chose et que lui (James Comey) dit quelque chose, c'est ma parole contre la sienne, et il est le meilleur ami de Mueller, donc Mueller pourrait dire: 'Bon, je crois Comey', et même si je dis la vérité, ça fait de moi un menteur. Ce n'est pas bien".

En revanche, il ne dit pas s'il accepterait ou non d'être interrogé par Mueller, qui enquête sur les soupçons d'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 et une possible collusion entre l'équipe de campagne Trump et des responsables russes. Il a ainsi souligné avoir le pouvoir d'intervenir dans cette enquête, mais avoir décidé de ne pas le faire jusqu'à présent. Enfin, il a de nouveau refusé de blâmer la Russie pour toute ingérence dans l'élection de 2016, contrairement aux conclusions de ses services de renseignement.

Sur l'Iran et son président Hassan Rohani

"S'il veut que l'on se rencontre, soit. S'il ne veut pas qu'on se voit, je m'en fiche (...) Je n'ai pas demandé de rencontre."

Sur la politique de Jerome Powell à la Réserve fédérale (Fed)

Le président américain n'est pas "emballé" par la politique de hausse des taux d'intérêt suivie par le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, jugeant que la Fed devrait être plus accommodante.

"Je ne suis pas emballé par son relèvement des taux d'intérêt, non, je ne suis pas emballé. Nous négocions de manière forte et énergique avec d'autres nations. Nous allons en sortir vainqueurs. Mais, pendant cette période je devrais être soutenu par la Fed. Les autres pays ont une politique monétaire accommodante."

Sur les suppressions de comptes sur Facebook et Twitter

Donald Trump a accusé les réseaux sociaux de "discriminer les voix républicaines et conservatrices", une prise de position qui intervient alors qu'Apple, YouTube et Facebook ont supprimé cet été des contenus postés par le site Infowars, créé par le théoricien du complot Alex Jones, dont Twitter a suspendu le compte personnel.

"Je ne mentionnerai pas de nom, mais lorsqu'ils débranchent certaines personnes de Twitter ou de Facebook et qu'ils prennent cette décision, c'est vraiment une chose dangereuse, parce que ça pourrait être vous demain."

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Commentaires
a écrit le 21/08/2018 à 19:06 :
Un GRAND PRESIDENT. Clair net precis
a écrit le 21/08/2018 à 16:29 :
si l'enquete sur le pb russe le met en cause, il va peut etre envoyer un missile nucleaire sur la turquie a cause du probleme coreen?
en annoncant ca avec un tweet aux militaires censes preparer l'operation?
Réponse de le 21/08/2018 à 18:51 :
C'est probablement lui prêter une suite dans les idées qu'il n'a pas.
a écrit le 21/08/2018 à 16:19 :
Et en plus, il fait participer les médias qui "soi-disant' le détestent!
Réponse de le 21/08/2018 à 17:51 :
Reuters c'est pas "les media". C'est une des quelques agences de presse mondiales et ce n'est pas elle qui a sollicité Trump.

Si Reuters refusait cet entretien, c'est comme si elle reniait sa raison d'être.

Après, Trump est ce qu'il est et il ne surprend plus personne.

Ce qui étonnerait de sa part serait un discours dépourvu de provocations idiotes et inutiles et une argumentation solide exposée clairement.

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